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Le Monde « L’Italien menace de ne pas verser sa contribution à l’UE » et France inter « On ne voit plus » / B. Guetta

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http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/10/25/migrants-l-italie-menace-de-ne-pas-verser-sa-contribution-a-l-ue_5020360_3214.html

Migrants : l’Italie menace de ne pas verser sa contribution à l’UE

Le gouvernement de Matteo Renzi, qui participe à hauteur de 20 milliards au budget de l’UE, demande à ses voisins européens davantage d’efforts pour l’accueil des migrants.

Le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, a menacé, mardi 25 octobre, de mettre son veto au budget de l’Union européenne en raison de l’important afflux des immigrés dans la péninsule.

« Nous donnons 20 milliards [d’euros] à l’Europe qui nous en restitue 12, et si la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie nous font la morale sur les immigrés, alors permettez que l’Italie dise le mécanisme ne fonctionne plus », a-t-il lancé au cours d’une émission sur la première chaîne de télévision publique RAI 1.

Alors qu’on lui demandait si cela signifiait que l’Italie était prête à mettre son veto sur le budget communautaire, il a répondu « oui, absolument », sans entrer dans les détails. « Si vous construisez des murs contre les immigrés, vous pouvez oublier l’argent italien. Si les immigrés ne passent pas, l’argent ne passera pas non plus », a ajouté M. Renzi.

Ouverture contre baisse des dépenses

L’Italie semble réagir à la pression exercée par la Commission européenne sur son budget. Elle a prévu un déficit public de 2,3 % du PIB en 2017, bien supérieur aux attentes de Bruxelles, en raison des dépenses liées à l’accueil des migrants et des conséquences du tremblement de terre d’août dernier. « Si l’Union européenne veut baisser les dépenses en Italie liées aux migrants, nous les baisserons. Qu’ils ouvrent leurs portes et nous baisserons les dépenses », a ainsi déclaré Matteo Renzi.

Le ministre de l’économie et des finances italien, Pier Carlo Padoan, a confirmé pour sa part l’arrivée d’une lettre de la Commission européenne demandant des « éclaircissements » à l’Italie concernant son projet de budget 2017. « Les éclaircissements demandés sont liés aux dépenses exceptionnelles pour le tremblement de terre et pour l’immigration », a-t-il précisé lors d’une émission télévisée.

168 000 migrants hébergés

L’Italie, qui a vu débarquer près de 155 000 personnes sur ses côtes cette année, doit loger les milliers de nouveaux arrivants de ces derniers jours, alors que son réseau d’accueil est en surchauffe : 168 000 personnes sont actuellement hébergées, contre 103 000 fin 2015.

Mardi soir, les gardes-côtes italiens, qui coordonnent les opérations de secours au large de la Libye, ont annoncé que 500 personnes avaient été secourues dans la journée au cours de quatre opérations distinctes sur des canots pneumatiques.

Ils ont précisé par la suite que 13 corps de migrants avaient été récupérés sur deux des canots secourus, dont 11 par un navire de Médecins sans frontières et deux par un patrouilleur maltais.

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https://www.franceinter.fr/emissions/geopolitique/geopolitique-27-octobre-2016

  • L’horreur que nous voulons ignorer :

On ne voit plus.

Des réfugiés et des migrants sur l'îles de Lesbos en Grèce, 4 octobre 2015.
Des réfugiés et des migrants sur l’îles de Lesbos en Grèce, 4 octobre 2015. © AFP / ARIS MESSINIS

On ne voit plus. On ne veut plus voir les images de l’horreur quotidienne que vivent les réfugiés tentant d’atteindre les côtes européennes mais l’Onu vient de la résumer hier en un chiffre.

Trois mille huit cents personnes, homme, femmes et enfants, ont péri noyées depuis janvier dernier en Méditerranée soit déjà plus que pour toute l’année 2015. C’est du jamais vu, un record si l’on ose dire. Nous autres, Européens, sommes tout aux difficultés qui nous assaillent, à la croissance molle, au chômage élevé et à l’inquiétude qui en résulte mais tout près de nous, au large de nos plages, d’autres hommes, nos semblables, meurent chaque jour de malheurs incomparables.

Ils meurent car des dictatures sanguinaires ou la folie meurtrière de Daesh ne leur laissent pas d’autre choix qu’une fuite éperdue. Ils meurent parce que des passeurs dont le cynisme passe l’entendement les entassent à prix d’or sur des canots que renverse le premier souffle de vent. Ils meurent, c’est le pire, parce que nous avons si peur d’eux que nous préférons encore les voir mourir en mer qu’organiser leur accueil.

Ils fuient tout ce que nous condamnons, dictatures et fanatisme religieux. Ils voient en nous un havre de paix et de droit, ce summum de civilisation dont nous nous réclamons si fièrement, mais nous avons peur d’eux, comme s’ils étaient ce qu’ils fuient et non pas des frères humains aspirant aux mêmes valeurs que celles que nous prônons et incarnons à leurs yeux.

Vous, je ne sais pas mais, moi, j’ai honte. Je suis écrasé de honte par cette situation, par ce chiffre de 3800 morts en moins de dix mois, là, devant nous, sur cette mer qui est notre mer commune et rime avec vacances, soleil et bonheur.

Nous ne pouvons pas, dira-t-on, accueillir toute la misère du monde.

C’est vrai, mais tout de même… Nous ne pourrions pas accueillir quelques centaines de milliers de personnes, deux ou trois millions de personnes même dans un ensemble, l’Union européenne, comptant plus de cinq cents millions de citoyens ?

Nous le pourrions, évidemment, sans problème et, bientôt, pour notre plus grand bénéfice. Nous le pourrions beaucoup plus facilement que le Liban, la Turquie ou la Jordanie qui, eux, le font mais nous ne le voulons pas car de mauvais bergers crient au loup en expliquant que nous devrions défendre « les racines chrétiennes de l’Europe », comme dit M. Orban en Hongrie.

Ah oui ? Parce que c’est défendre le christianisme qu’oublier son premier enseignement : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Parce que c’est défendre le christianisme que faire la sourde oreille aux appels du pape François qui voudrait que chaque paroisse accueille une famille de réfugiés ? Parce que c’est être fidèle au Christ que de ne pas faire une place à ceux qui meurent ?

Je ne sais pas mais je sais, en revanche, qu’il y a tout lieu d’applaudir le président du conseil italien, Matteo Renzi, d’avoir déclaré hier que son pays ne voterait pas le prochain budget de l’Union si des pays qui en profitent tant continuent d’opposer des barbelés à des hommes fuyant la mort.

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