ROYA CITOYENNE – Résistances en Roya

solidarité, renforcement du réseau social, réflexion sur des projets de société respectueux de l'humain et de la nature…

Archive pour janvier, 2017

RENCONTRE PUBLIQUE CUNEO MERCREDI 1er FEVRIER 20h45 ROYA CITOYENNE

Posté : 30 janvier, 2017 @ 1:37 dans Citoyens solidaires, Réfugiés - Migrants, Réunion publique, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

Une rencontre publique avec des membres de l’association Roya citoyenne,
notamment Cédric Herrou et René Dahon, aura lieu MERCREDI 1er FEVRIER 20h45 à CUNEO.
Organisé par Costituente dei beni comuni et Orrizonti di pace.

cedric

NICE MATIN 27/1/2017 « 16 migrants mineurs pris en charge par l’ASE »

Posté : 29 janvier, 2017 @ 1:02 dans Medias : Articles presse Radios, Mineurs Isolés Etrangers | Pas de commentaires »

http://www.nicematin.com/faits-de-societe/seize-migrants-mineurs-pris-en-charge-par-laide-sociale-a-lenfance-du-departement-109726

Seize migrants mineurs pris en charge par
l’aide sociale à l’enfance du Département

Un camp de migrant à la frontière italienne (illustration).
Un camp de migrant à la frontière italienne (illustration)…
Photo archives M. A

Selon les informations de Nice-Matin, l’Aide sociale à l’enfance (ASE) a pris en charge, mardi dernier, les mineurs qui se trouvaient hébergés chez des particuliers dans la vallée de la Roya.

Un témoin affirme que les gendarmes se sont présentés le matin sur le marché auprès de Cédric Herrou, agriculteur, figure de proue de l’aide aux migrants « pour lui demander de faire passer le message ». Un autre habitant de la vallée affirme que « les portes des maisons se sont alors ouvertes ».

Interrogé par Nice-Matin, le Conseil départemental confirme la présence de l’Aide sociale à l’enfance. « Après avoir reçu la même journée plusieurs saisines du Tribunal des enfants de Nice, nos services, avec l’appui des forces de l’ordre et de la Préfecture ont effectivement pris en charge tous les mineurs étrangers non accompagnés signalés au Département. »

Soit 16 mineurs non accompagnés au total.

Ils auraient depuis fait l’objet d’une évaluation sociale et médico-sociale par les équipes de travailleurs sociaux et de médecins du Département. Puis « mis à l’abri », précise le Conseil départemental, « afin que leurs droits soient respectés, jusqu’à ce que le Tribunal des enfants de Nice détermine le statut juridique de ces mineurs, jusqu’alors inconnus des services de l’ASE ».

MEDIAS San Remo News : Felix Croft au tribunal d’Imperia

Posté : 29 janvier, 2017 @ 12:56 dans Citoyens solidaires, Medias : Articles presse Radios, Réfugiés - Migrants, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

http://www.sanremonews.it/2017/01/26/mobile/leggi-notizia/argomenti/cronaca/articolo/porto-una-famiglia-di-nigeriani-in-francia-il-passeur-per-umanita-felix-croft-a-processo-al-tribu.html

CRONACA  GIOVEDÌ 26 GENNAIO 2017, 14:30

Portò una famiglia di nigeriani in Francia. Il passeur per umanità Felix Croft a processo al Tribunale di Imperia. Udienza rinviata al 16 febbraio

Croft, il cui caso ricorda quello di Cédric Herrou, contadino francese di 37 anni a processo a Nizza per cui la Procura transalpina ha chiesto una condanna a otto mesi con la condizionale e la messa in prova, venne fermato a bordo della propria station wagon nei pressi del confine con a bordo cinque cittadini nigeriani: marito, moglie e tre figli, nel tentativo di farli arrivare in Francia
MEDIAS San Remo News : Felix Croft au tribunal d'Imperia dans Citoyens solidaires J_998780e4c0

Passeur, ma non per soldi. Semplicemente per umanità. È il caso del ventottenne francese di Cagnes-sur-Mer Felix Croft a processo al Tribunale di Imperia dove questa mattina si sarebbe dovuta tenere un’udienza rinviata al 16 febbraio per l’assenza di due testimoni chiave dell’accusa sostenuta dal Procuratore Aggiunto Grazia Pradella: i due carabinieri che lo hanno arrestato al confine la scorsa estate.
Il giovane, difeso dall’avvocato Ersilia Ferrante, sin dal giorno della convalida del suo arresto, nel carcere di Imperia, (Leggi QUI) è stato sostenuto da decine di manifestanti cosiddetti “No Borders”, ma lo stesso ha detto di non far parte di nessuna organizzazione umanitaria, ma di farlo, piuttosto per umanità. 
Croft, il cui caso ricorda quello di Cédric Herrou, (leggi QUI) contadino francese di 37 anni a processo a Nizza per cui la Procura transalpina ha chiesto una condanna a otto mesi con la condizionale e la messa in prova, venne fermato a bordo della propria station wagon nei pressi del confine con a bordo cinque cittadini nigeriani: marito, moglie e tre figli, nel tentativo di farli arrivare in Francia. Al momento del fermo l’uomo ha subito ammesso di aver tentato di portare i cinque nel suo Paese, ma non per soldi, come purtroppo spesso accade.

Francesco Li Noce

 

COMMUNIQUE CNDH : Avis sur l’état d’urgence et sur les CAO et CAOMI

Posté : 29 janvier, 2017 @ 12:11 dans Communiqué officiel, Droits de l'homme - Société, Mineurs Isolés Etrangers, Réfugiés - Migrants, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

1.   La Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme a adopté le jeudi 26 janvier 2017 un  *Avis sur le suivi de l’état d’urgence et les mesures antiterroristes de la loi du 21 juillet 2016, qu’on peut consulter, ainsi que le communiqué de presse qui l’accompagne, sur le sitede la CNCDH :

http://www.cncdh.fr/fr/actualite/avis-sur-le-suivi-de-letat-durgence-et-les-mesures-anti-terroristes-de-la-loi-du-21

Avis sur le suivi de l’état d’urgence et les mesures anti-terroristes de la loi du 21 juillet 2016

Etat d’urgence : l’Etat de droit et les droits de l’homme en péril. Ayons le courage politique d’en sortir !

C’est pour expliciter davantage les dangers de la poursuite de ce régime de crise que la CNCDH s’exprime à nouveau sur le sujet, alors que le pays s’apprête à connaître l’état d’urgence le plus long de son histoire et que, pour la première fois, des élections de premier plan9 se tiendront pendant que l’exécutif bénéficie de ces pouvoirs de crise. Elle entend, chemin faisant, poser des jalons pour une refonte du dispositif de l’état d’urgence, tant le régime actuel confère à l’administration un pouvoir qui confine à l’arbitraire, incompatible avec les exigences, même adaptées en période de crise, de l’Etat de droit. Elle le fera d’abord en exposant les évolutions que ce régime a connues, au fil des textes adoptés et des décisions juridictionnelles rendues durant la période, relativement à sa portée et au contenu des mesures qu’il autorise (I). Elle le fera ensuite en confrontant les résultats attribués par les autorités à l’état d’urgence aux conséquences qu’il emporte du point de vue des droits fondamentaux et des conditions du vivre ensemble (II). Enfin, elle analysera les effets d’escalade symétrique qui caractérisent les rapports entre le droit de l’état d’urgence et le droit antiterroriste (III), en étudiant le contenu des mesures prises au titre de lutte contre le terrorisme dans le domaine pénitentiaire par la loi du 21 juillet 2016.

Il fait suite à une déclaration titrée* « Contre un état d’urgence permanent » *adoptée par la CNCDH le 15 décembre 2016. Il présente un argumentaire fort détaillé sur les dangers, pour le respect des droits fondamentaux,  des renouvellements succesifs de l’état d’urgence, malgré les preuves de son inefficacité au regard de la protection des citoyens qu’il entend assurer. En voici la conclusion :

Face à la dégradation qu’elle observe du point de vue du respect des droits fondamentaux en France, la CNCDH appelle une nouvelle fois les pouvoirs publics à la raison, et à lever sans délais l’état d’urgence. Elle observe que le remaniement permanent de la législation antiterroriste ces dernières années a abouti à rendre le droit applicable illisible et gravement attentatoire aux principes des droits de l’homme. La remise à plat complète de ce corpus juridique s’impose aujourd’hui au nom de l’Etat de droit. A la veille d’un rendez-vous démocratique essentiel pour la vie de la nation, la Commission invite l’ensemble des responsables politiques à concourir, au travers des décisions qu’ils s’engagent à prendre mais également par la manière dont ils contribuent à façonner le débat public, à la sortie de notre société de l’impasse dans laquelle l’a conduite la logique d’exception.

Sa publication a été accompagnée  d’une interview (ci-attachée) donnée au journal Libération, ce même 26 janvier, par la présidente de la CNCDH, Christine Lazerges*, *titrée : *L’état d’urgence crée du rejet et, in fine, des discriminations*

Le 2. Ce même 26 janvier, la CNCDH a aussi une *Déclaration sur la situation des mineurs isolés placés en CAOMI, **à l’issue du démantèlement des bidonvilles de Calais**, *qu’on peut consulter sur le site de la CNCDH :
http://www.cncdh.fr/fr/actualite/declaration-sur-la-situation-des-mineurs-isoles-places-en-caomi-lissue-du-demantelement

Après avoir analysé la situation déplorable qui est celles de nombre de ces jeunes étrangers dirigés vers les Centres d’Accueil et d’Oriention pour Mineurs Isolés, la CNCDH conclut :
La CNCDH fait donc part de son extrême préoccupation à l’égard des retards pris pour l’évaluation sociale des MIE et renouvelle son appel aux autorités locales à intégrer les MIE au plus vite dans le dispositif de droit commun de la protection de l’enfance et à mobiliser les moyens médico-sociaux, éducatifs et juridiques nécessaires à la protection effective des droits fondamentaux des mineurs isolés.

La CNCDH s’inquiète plus généralement de la pérennisation de dispositifs spéciaux (CAO et CAOMI), dérogatoires au droit commun, mis en place pour répondre à des situations humanitaires désastreuses consécutives aux carences des pouvoirs publics nationaux et locaux, aussi bien au Royaume-Uni qu’en France, sans
omettre les carences de l’Union européenne, dans la gestion de la crise migratoire.

 3. Enfin la CNCDH a aussi adopté le 26 janvier un avis titré *Le droit de vote pour toutes les personnes handicapées. Un gage de démocratie et d’une société inclusive, *qu’on peut consulter sur le site de la CNCDH :
http://www.cncdh.fr/fr/publications/le-droit-de-vote-pour-toutes-les-personnes-handicapees-un-gage-de-democratie-et-dune

MEDIAS « Arrêt sur images » : « Migrants/Evasion fiscale : Cédric Herrou et Jon Palais »

Posté : 28 janvier, 2017 @ 11:59 dans Medias : Articles presse Radios, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

http://www.arretsurimages.net/emissions/2017-01-27/Migrants-Evasion-fiscale-On-utilise-les-medias-comme-porte-voix-id9499

arrêt sur images, émission du 27/01/2017 par la rédaction

MIGRANTS/EVASION FISCALE : « ON UTILISE LES MÉDIAS COMME PORTE-VOIX »

Notre émission avec Cédric Herrou et Jon Palais

 

Mettre en images attrayantes et ludiques la lutte contre l’évasion fiscale n’était pas une chose a priori évidente, et pourtant le pari a été tenu avec des accessoires rudimentaires : quelques chaises. Fournir des images à l’impératif moral d’un accueil humain des migrants est a priori plus facile, sauf que cela risque de vous amener devant les tribunaux. Qu’en pensent les deux auteurs de ces deux images de la désobéissance civile ? Réponse avec Jon Palais, militant de l’association basque Bizi ! et faucheur de chaises, et Cédric Herrou, agriculteur qui aide les migrants dans la vallée de la Roya.

Extrait de l’émission:

 

Coulisses de l’émission, par Anne-Sophie Jacques

Trois. Deux. Un. A six heures ce matin, il ne restait qu’un seul invité sur notre plateau du jour. A l’aube, un message de Cédric Herrou m’informait qu’il n’avait pu prendre le train de Breil-sur-Roya, son village, pour se rendre à Nice où l’attendait un TGV pour Paris. L’agriculteur qui vient en aide aux migrants dans cette « vallée rebelle » – selon Libération – n’a pas vu le train passer. Panne de réveil ou cheminot zélé ? Pas question d’épiloguer : il a fallu trouver un plan B. Herrou a mis la main sur un ordinateur avec webcam et Skype chez une amie. Après deux ou trois tests, le « héros populaire » – selon le New York Times s’il vous plaît – pouvait être parmi nous et discuter avec notre deuxième invité, Jon Palais.

Si vous avez lu notre reportage à Dax lors de son procès du 9 janvier pour vol de chaises dans une agence de la banque BNP, vous connaissez déjà Palais et ses actions contre l’évasion fiscale. Et si vous le découvrez, oui oui, ce jeune homme et les militants de Bizi !, d’Attac, des Amis de la Terre ou encore d’Action non-violente COP21 s’emparent de chaises dans les banques pour mobiliser les citoyens à lutter contre ce fléau qui prive le budget des Etats européens de 1 000 milliards d’euros par an et semble peu préoccuper nos gouvernements. D’ailleurs, hormis Benoît Hamon qui a brièvement mis le sujet sur le tapis lors des débats à la primaire d’une partie de la gauche, on ne peut pas dire que l’évasion fiscale ait séduit les autres candidats à ladite primaire.

Pourquoi une chaise ? D’abord pour le geste, nous explique Palais : les banques nous prennent quelque chose, 

Communiqué 27/1/2017 Syndicat de la Magistrature : Lettre ouverte au Procureur de Nice

Posté : 28 janvier, 2017 @ 2:40 dans Communiqué officiel, Droits de l'homme - Société, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

http://www.syndicat-magistrature.org/Solidarite-dans-la-vallee-de-la.html

Solidarité dans la vallée de la Roya :
notre courrier interpellant le procureur de la
République de Nice

Lettre ouverte adressée par le Syndicat de la magistrature au Procureur de Nice
à la suite des poursuites engagées contre des citoyens solidaires
de la vallée de la Roya

Communiqués de presse, publié le 27 janvier 2017, mis à jour le 27 janvier 2017

Monsieur le procureur de la République,

Le ressort du tribunal de Nice voit arriver par la frontière italienne des hommes, des femmes et des enfants fuyant leurs pays en guerre ou en crise grave. Ils sont, comme en témoignent les membres de Médecins du Monde présents sur place, particulièrement vulnérables, exposés à de sérieux dangers, leur état de santé étant extrêmement préoccupant. A défaut de dispositif d’accueil organisé par l’Etat, des citoyens leur portent assistance par humanité.

Ils sont protégés par la loi : l’article L. 622-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile écarte la possibilité de poursuites pour aide au séjour irrégulier en accordant l’immunité aux aidants cherchant à « assurer des conditions de vie dignes et décentes » ou « à préserver la dignité ou l’intégrité physique » des étrangers en situation irrégulière, dès lors qu’ils n’ont reçu aucune contrepartie directe ou indirecte.

Pourtant, plusieurs d’entre eux ont été traduits devant le tribunal correctionnel de Nice.

Les poursuites dirigées contre Pierre-Alain Manonni et Cédric Herrou ont connu un retentissement très fort, encore accru à l’annonce des conditions dans lesquelles Cédric Herrou a, en fin de semaine dernière, été placé en garde à vue et son domicile fait l’objet d’une perquisition, dans des conditions évoquant les moyens déployés en matière de grand banditisme.

Dans le même temps, un appel était formé contre la relaxe de Pierre-Alain Manonni prononcée par le tribunal correctionnel de Nice le 6 janvier dernier dans une démarche qui relève plus de l’acharnement que de l’exercice habituel des voies de recours par une partie au procès.

Les arguments invoqués dans ces affaires en témoignent : ainsi, Pierre-Alain Manonni devait être condamné parce que l’aide qu’il avait apportée relevait de « l’aide organisée » et non du secours correspondant à un péril imminent ? Et parce qu’il a aidé les migrants dans le contexte d’ « actes militants revendiqués », Cédric Herrou ne pouvait bénéficier de la protection de l’article L. 622.4 du CESEDA ?

Là où la loi ne distingue pas, il n’y a pas lieu de distinguer. Le tribunal l’a clairement énoncé, appliquant l’immunité légale à Pierre Alain Manonni.

Plus que d’une interprétation erronée des textes, nous nous alarmons de ce que ces choix puissent être dictés par la volonté de sacrifier aux impératifs de ceux pour qui une notion dévoyée de l’ordre public commande la répression de ces manifestations de solidarité.

Le ministère public, à Nice comme ailleurs, tient de la Constitution son rôle de gardien de la liberté individuelle, mission essentielle dans un Etat de droit. Il a également la charge de la protection des enfants isolés, en danger sur le territoire.

Certains citoyens leur offrent le refuge que les services de l’Etat et du département se refusent à leur accorder, ils sont la cible d’actions policières et judiciaires. Au même moment des enfants sont tous les jours reconduits à la frontière italienne en violation des textes français et internationaux, sans réaction de ces mêmes autorités.

L’autorité judiciaire, qui protège les personnes vulnérables, ne peut, sans nuire à sa mission, pourchasser celles et ceux qui, sensibles à la détresse d’autrui, leurs apportent leur aide.

Compte tenu du retentissement de ces affaires, vous comprendrez que ce courrier soit rendu public.

Veuillez agréer, Monsieur le procureur de la République, l’expression de ma considération distinguée.

Clarisse Taron
Présidente du Syndicat de la magistrature

Bondy blog : « Mamadou se reconstruit doucement dans la vallée de la Roya »

Posté : 27 janvier, 2017 @ 2:16 dans Medias : Articles presse Radios, Réfugiés - Migrants, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

http://www.bondyblog.fr/201701240800/esclave-et-torture-en-libye-mamadou-se-reconstruit-doucement-dans-la-vallee-de-la-roya/#.WIqOP1PhDIW

Esclave et torturé en Libye, Mamadou, réfugié soudanais, se reconstruit doucement dans la vallée de la Roya

C’EST CHAUD MARDI 24 JANVIER 2017

PAR VICTOIRE CHEVREUL

Bondy blog :

Digne, résilient et optimiste, Mamadou panse ses plaies après avoir passé huit mois en Libye où il a connu l’esclavage. A 27 ans, il est le protégé de Françoise Cotta, ténor du barreau de Paris, qui l’accueille chez elle depuis un an à Breil, village de la vallée de la Roya, là-même où l’agriculteur Cédric Herrou a une nouvelle fois été arrêté pour aide aux migrants. Rencontre.

C’est un samedi soir comme les autres fin novembre. Françoise Cotta vient d’accueillir chez elle deux Guinéens. Ils sont éreintés et viennent de franchir la frontière franco-italienne. Mamadou les cherche, Françoise les a installés dans une chambre à l’étage. “Je vais leur monter quelque chose à manger”. Françoise a beau lui dire qu’ils n’ont pas faim, il insiste. On ne sait jamais, ils pourraient être gênés et ne pas oser accepter. Une voisine nous glisse à l’oreille : “Souvent il leur fait visiter les lieux, et les installe dans les chambres”. Dans son entourage récent, tous s’accordent à vanter la générosité du Soudanais. On le dit “toujours prêt à aider”, et malgré des moments de tristesse, il arbore “en permanence un sourire chaleureux”.

La maison de Françoise Cotta est nichée au cœur de la vallée de la Roya, près de la frontière italienne. Depuis 15 mois, Mamadou y est devenu le maitre de maison. Arrivé chez la ténor du barreau en octobre 2015, il a quitté le Soudan pour venir poursuivre ses études en France. Au Darfour, avant que la guerre civile ne déchire le Soudan, il étudiait les sciences politiques. En France, même si avec la demande d’asile, tout n’est pas facile, il découvre un havre de paix où il peut apprivoiser son quotidien. Loin des violences qu’il a subies à plusieurs reprises en Libye.

“Ils nous ont dit qu’on allait devoir creuser pour eux 

Mamadou chez Françoise Cotta, Breil le 26/10/2016

Mamadou chez Françoise Cotta à Breil-sur-Roya en octobre 2016.

Gêné de raconter son calvaire devant “Mama Françoise” comme il aime l’appeler, Mamadou s’installe dans le patio avec Khalifa, un autre accueilli. Il s’émerveille au quotidien de son nouveau cadre de vie. “Tout est vert ici, la nature est partout, c’est mieux qu’à Paris : c’est paisible”. Doucement, il commence à parler, tirant machinalement sur sa cigarette. “Les problèmes ont commencé quand on est arrivé dans le désert libyen”. Avec ses compagnons de galère, Mamadou a croisé “plein de milices différentes, elles avaient en général trois ou quatre voitures et des armes lourdes ou des lance-roquettes”. A chaque fois qu’il rencontre des groupes armés, raconte-t-il, le même sentiment d’impuissance le paralyse. Les premiers miliciens sur sa route forcent le groupe de “voyageurs” à travailler pour eux. “Ils nous ont dit qu’on allait devoir creuser, qu’ils voulaient trouver de l’or, on a beaucoup creusé”. Jamais les migrants ne touchent leur paye, elle est donnée à une seconde milice. C’est à partir de cet épisode que son enfer commence et qu’il est confronté à l’esclavage pendant plusieurs mois. Les miliciens séparent les femmes et les hommes de son groupe. Alors que les hommes croupissent un mois en prison, “pendant ce temps-là, les femmes étaient enfermées dans une maison et violées par les soldats”. Mamadou a les larmes aux yeux quand il évoque le sort des femmes et des enfants. Il dit avoir réussi à survivre face aux hommes armés en parlant, plaisantant et en restant calme. L’humour l’a déjà sauvé, du moins un rire grinçant. Un jour, des soldats ont menacé de le tuer lors d’un contrôle. “Devant l’absurdité de la situation, cette manière complètement irrationnelle de choisir qui vit et qui meurt, j’ai eu un fou rire. Les soldats m’ont demandé pourquoi je riais, je leur ai expliqué. Je m’en suis sorti comme ça. Une autre fois, j’ai chanté et dansé !“, se souvient-il.

“Si vous voulez me tuer, d’accord mais pas devant les bébés !”

Le rire est souvent proche des larmes dans le parcours de Mamadou. “La seule chose qui me mettait hors de moi, c’était lorsque les miliciens se conduisaient de manière violente devant les femmes et les enfants”. “Si vous voulez me tuer, d’accord mais pas devant les bébés’ !’, s’est-il surpris à dire à un homme armé qui menaçait de l’exécuter. Quelques temps esclave d’un Libyen qui le forçait à peindre sa maison sans le payer, le jeune homme cherchait encore à protéger les enfants. Il voulait que je peigne une pièce, mais il n’y avait plus de peinture. Il m’a dit peint là sinon je te tue ! Je vais te tuer ! Il y avait une femme et un enfant aussi dans la maison, j’ai renvoyé le bambin vers sa mère, au cas où ça dégénère. Puis, j’ai mélangé de la farine et de l’eau et j’ai peint la pièce”. Le bourreau de Mamadou, dans un rapport complètement schizophrène avec le jeune, n’hésite pas, aussi vite qu’il menace de le tuer, à le féliciter chaleureusement pour son travail.

Le Soudanais a enchainé plusieurs “patron/propriétaires” qui l’ont forcé à travailler. Plusieurs fois, Mamadou se retrouve à cheval entre la vie et la mort pour tenter de récupérer son salaire. Il en réchappe à chaque fois, sans son argent. “Un des miliciens m’a dit : ‘oublie ton argent et pars par là”. Le piège du travail clandestin pour payer sa traversée vers la France s’est souvent transformé en esclavage. “J’ai passé huit mois à peu près en Libye, mais je dis souvent six, car j’ai oublié certaines périodes”. Quand il côtoie la mort, Mamadou se souvient du nouveau-né de sa sœur, toujours au pays. “Quand je pense à mon neveu je me dis que je dois vivre, qu’il faut qu’il soit fier de moi !”. Il raconte peu d’éléments de sa vie d’esclave, mais chaque souvenir lui coûte. A plusieurs reprises, il a besoin d’aller souffler avant de continuer son témoignage. Son ange-gardien, Françoise, peut-être consciente de son effort, vient apporter des châtaignes grillées pour réchauffer son protégé. Une apparition bienveillante qui lui redonne de la force pour reprendre la discussion. Fini le temps des abus et des coups, à la Roya, Mamadou est protégé.

Résilience et spiritualité

Mamadou n’est pas amer de son vécu. Quand nous lui demandons ce qui lui a permis de garder espoir et d’avoir la force de traverser ces mois des violences, il ferme les yeux et cherche ses mots. “Quand j’ai été enfermé en prison en Libye, j’ai puisé beaucoup de force en pensant à des choses légères et lumineuses. Je fermais les yeux et me focalisais sur la lumière à l’intérieur. Ça recouvre tous les soucis même quand quelqu’un me frappais”.

Mamadou Chez Françoise Cotta, Breil le 28 /10/2016

Mamadou chez Françoise Cotta à Breil-sur-Roya en octobre 2016

La spiritualité tient une place clef dans le processus de reconstruction de Mamadou après les traumatismes. Lui-même le souligne quand il parle de la beauté de la maison de Françoise à la Roya. “Je suis animiste, je crois en la nature et ses éléments. J’ai besoin de vivre dans cet environnement”. Depuis qu’il est arrivé chez “Mama Françoise”, le jeune homme renoue avec la vie. Les nouvelles rencontres, il les accueille comme de nouveaux espoirs. Il redécouvre le goût du bonheur. “Une fois dans un village à côté, lors d’une fête, une très belle fille Pauline a dansé avec moi. J’ai été très heureux à ce moment-là”. Mamadou commence à faire des projets. “Je vais commencer des cours de français à Nice en février”. Dans sa longue marche pour revivre, Mamadou mène un véritable combat contre son passé douloureux qui a tendance à ressurgir. Il est sujet à des flashs, des éléments traumatiques qui lui reviennent en mémoire. Il n’utilise pas ces termes, il dit qu’il “se souvient“. Le bruit des tirs d’armes automatiques résonne encore dans sa tête, mais ces échos douloureux “ne décideront pas ma vie” répète-t-il. Pour évacuer la peine, il n’a pas honte de le dire : “Parfois je pleure quand les souvenirs remontent. Je m’isole dans un coin et alors je pleure toutes les larmes de mon corps. Ça m’apaise un peu”. A la Roya, Mamadou s’est reconstitué une famille. “En venant ici, j’ai trouvé des gens avec lesquels j’adore vivre, de belles personnes. De temps en temps, j’aime bien cuisiner pour Khalifa, sa famille, les enfants et Mama Françoise !”. Si, depuis cet entretien, Khalifa et les siens sont partis de la Roya, d’autres migrants sont arrivés et tiennent compagnie au jeune Soudanais.

Victoire CHEVREUL

Crédit photo : Laurent CARRE

Le 21 janvier, lors d’une perquisition chez Cédric Herrou, Laurent Carré, photographe indépendant en reportage pour “Libération” et auteur des photos pour ce reportage du Bondy Blog a été mis à terre par des gendarmes et empêché de faire son travail. La réaction du Bondy Blog lui fait part de son soutien et condamne ces pratique

 

Emission sur Radio ZéroSix (Nice) « En attendant la suite » avec Pierre-Alain Mannoni et Jean-Michel Diesnis

Posté : 27 janvier, 2017 @ 2:09 dans Medias : Articles presse Radios, Mineurs Isolés Etrangers, Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires »

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1845019769049790&id=1793529157532185&_rdr

« EN ATTENDANT LA SUITE », c’est le talk show culture/divertissement de Radio Zérosix! Tous les mercredis de 17h30 à 19h en direct.

http://radiozerosix.fr/

COMMUNIQUE du SYNDICAT des AVOCATS de FRANCE

Posté : 26 janvier, 2017 @ 10:56 dans Citoyens solidaires, Communiqué officiel, Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires »

COMMUNIQUE SAF janv 2017

Document 22/10/2015 Rétablissement des contrôles aux frontières, PPA

Posté : 26 janvier, 2017 @ 8:21 dans Communiqué officiel, Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires »

Document en téléchargement fichier pdf PPA reintroduction_temporaire_controle_frontieres

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