Accueil Medias : Articles presse Radios PROCES CEDRIC HERROU 4/1/2017 – tous medias – Libération, Politis, Le Monde, …

PROCES CEDRIC HERROU 4/1/2017 – tous medias – Libération, Politis, Le Monde, …

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Cédric Herrou face à Manuel Valls sur France 2https://www.youtube.com/watch?v=h0cvRA8nW5s

Cédric Herrou, juste avant son procèshttps://www.youtube.com/watch?v=j2g6PPYzxeg

L’avocat de Cédric HERROUhttps://www.youtube.com/watch?v=FCjGC3kSD0s

FRANCE 24 revue de presse ( Cédric jusqu’à 2 mn 30):  https://www.youtube.com/watch?v=hsMrOaUc01Q

http://www.liberation.fr/france/2017/01/04/cedric-herrou-le-proces-d-un-geste-d-humanite_1539167

Libération

Cédric Herrou, le procès d’un geste d’humanité

Cédric Herrou lors de son arrivée au tribunal de Nice, mercredi, où il était jugé pour avoir fait passer en France, transporté et hébergé des migrants, surtout des Erythréens et Soudanais. Photo Laurent Carre pour Libération

Le procureur a requis huit mois de prison avec sursis à l’encontre de Cédric Herrou, agriculteur et militant qui comparaissait mercredi à Nice pour avoir aidé des migrants érythréens dans la vallée de la Roya, près de la frontière franco-italienne.

  • Aide aux migrants : le procès d’un geste d’humanité

Mercredi midi, sur la place du palais de justice de Nice, Cédric Herrou passe de bras en bras, d’accolade en accolade et de micro en micro. «Il va parler du haut des marches, ça lui évitera de répéter», annonce Nathalie, l’attachée de presse improvisée qui tente de ménager le militant, attendu au tribunal pour être venu en aide à des migrants. «Un semblant d’organisation, ça changera», sourit Cédric Herrou en grimpant les escaliers. Son béret noir et ses lunettes rondes toujours posés sur la tête, il parle devant les journalistes et ses nombreux soutiens : «C’est un mélange entre la peur et l’excitation. Je vais enfin pouvoir expliquer pourquoi j’ai pris tant de responsabilités.»

Cet Azuréen de 37 ans comparaît devant le tribunal de Nice «pour la première fois», insiste-t-il. La justice lui reproche d’avoir facilité l’entrée sur le territoire national, la circulation et la présence irrégulière de 200 étrangers dépourvus de titre de séjour. Il est aussi poursuivi pour avoir ouvert un camp illégal avec 57 migrants dans un bâtiment de la SNCF, à Tende en octobre. Il encourt cinq ans de prison et 30 000 euros d’amende.

Quand il n’est pas dans les mains de la justice, Herrou est agriculteur dans la vallée de la Roya, une zone montagneuse située entre l’Italie et la France qui voit arriver dans ses villages des migrants qui tentent de rejoindre le nord de l’Europe et qui se retrouvent coincés.

Quotidiennement, il livre avec sa fourgonnette ses œufs, son huile et sa pâte d’olive. Mais, depuis mars, ce sont surtout des migrants qu’il transporte. Et l’agriculteur ne se contente pas «d’aider à faire passer la frontière à des familles et des enfants». Sur le terrain accolé à sa maison isolée de Breil-sur-Roya, au bout d’un sentier en pierre, il héberge, nourrit et soigne des migrants. «Plusieurs centaines» d’Erythréens et de Soudanais ont séjourné dans deux caravanes et quatre tentes posées dans son jardin.

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«Ne pas être complice»

A la barre, Cédric Herrou assure être conscient de l’illégalité de ses actes. «J’ai ramassé des gamines qui ont passé douze fois la frontière. Il y a eu quatre morts sur l’autoroute. Mon inaction et mon silence me rendraient complice, je ne veux pas l’être», dit-il face au procureur de Nice, Jean-Michel Prêtre, qui avait soutenu, lors d’un précédent procès fin novembre, que ce genre d’action «consiste à nier qu’une frontière existe et qu’un pays vote des lois». Ce mercredi, anticipant un possible débat, le procureur lâche : «Il s’agit d’un procès qui est une tribune politique. Nous sommes dans quelque chose qui sort du rôle de la justice.»

Mais les débats n’ont pas attendu l’audience. Fin décembre, plus de 4 000 internautes de Nice-Matin élisaient Cédric Herrou «Azuréen de l’année». Une dénomination qui a attiré les foudres du président du département des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti. Dans une tribune d’une demi-page parue dans le quotidien local le 30 décembre, l’élu LR dénonce une «fausse générosité», une «filière organisée» et une attitude qui «n’a pas d’autre but que de provoquer et de défier l’autorité de l’Etat» : «Son action est une insulte aux policiers, aux gendarmes, aux douaniers et aux militaires», estime-t-il. Des propos jugés intolérables par Herrou : «Dans la vallée, on accueille plus d’enfants que dans les services de son département [qui a en charge 210 mineurs isolés, ndlr]. On fait son boulot et il nous incrimine.»

Ce «boulot», Cédric Herrou n’est pas le seul à l’exercer dans la vallée. Des citoyens, touchés par ces hommes, femmes et enfants qui fuient des conditions difficiles dans leur pays, se sont mobilisés. «Au début, nous n’étions qu’une poignée à être sur le pont pour aider. Aujourd’hui, nous sommes plus nombreux : le village de Saorge compte 300 habitants et une trentaine de migrants y est hébergée», explique René Dahon, de l’association Roya citoyenne. «Beaucoup de gens, des monsieur-tout-le-monde, se rendent complices d’actions par des dons d’argent, de couvertures, d’aliments. Des gens hébergent dans la Roya et ailleurs», énumère Herrou devant le tribunal. D’ailleurs, fin novembre, c’était au tour de Pierre-Alain Mannoni, professeur à Nice-Sophia-Antipolis et chercheur au CNRS, de comparaître devant ce même tribunal pour aide au séjour et à la circulation sur le territoire national de personnes en situation irrégulière. Il avait transporté trois Erythréennes à partir de la Roya pour les déposer dans une gare de l’ouest des Alpes-Maritimes. Le voyage avait été plus court que prévu, le trio et Pierre-Alain ayant été arrêtés au péage de la Turbie sur l’A8. Le procureur avait requis «un sévère avertissement» de six mois de prison avec sursis.

«Ne pas avoir honte»

En avril, trois autres Azuréens seront également entendus par le tribunal correctionnel de Nice. En attendant, des migrants «viennent toujours toquer à la porte» de Herrou. «Je me mets dans l’illégalité pour sauvegarder les droits de l’enfant. L’histoire s’écrit tous les jours, et c’est de notre devoir de se lever quand les choses vont mal. Je ne veux pas avoir honte dans vingt ans. Si je dois continuer, je continuerai.»

Mercredi soir, le procureur a requis huit mois de prison avec sursis, une mise à l’épreuve avec usage limité de son permis de conduire pendant ses horaires de travail et confiscation de sa fourgonnette. «Cédric Herrou a la volonté de se présenter devant tout le monde en martyr judiciaire d’une cause devant l’opinion publique», a déclaré le procureur. La décision sera rendue le 10 février. Cette nuit, Herrou hébergera encore trois migrants.

A lire aussi  Migrants : le «délit de solidarité» existe-t-il encore ?


 LES PRÉCÉDENTS

Janvier 2016 Rob Lawrie, un ancien militaire britannique, est jugé pour avoir transporté une fillette afghane de la «jungle» de Calais jusqu’au Royaume-Uni. Initialement poursuivi pour «aide à la circulation», il est reconnu coupable de «mise en danger de la vie d’autrui» et écope de 1 000 euros d’amende avec sursis.

Décembre 2015 Claire Marsol, une militante de 72 ans, est condamnée à 1 500 euros d’amende pour avoir aidé deux Erythréens à voyager en gare de Nice.

Juillet 2015 Un militant d’un collectif d’aide aux sans-papiers est poursuivi pour aide au séjour irrégulier, au motif qu’il aurait fait exécuter des tâches ménagères en contrepartie à la famille arménienne qu’il hébergeait. Le procureur abandonne les poursuites. L’homme est relaxé.

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 POLITIS

Sur le vif  Publié le 5 janvier 2017

Procès de Cédric Herrou : le retour du délit de solidarité ?

Jugé au tribunal de Nice pour avoir aidé des migrants près de la frontière franco-italienne, l’agriculteur a revendiqué des actes politiques.

« Je le fais parce qu’il faut le faire », assume Cédric Herrou devant le tribunal de Nice à l’ouverture de son procès le 4 janvier. Lui reprochant l’installation – sans autorisation – d’une cinquantaine d’Érythréens dans un ancien centre de vacances de la SNCF, le procureur a requis 8 mois d’emprisonnement avec sursis.

« Même si vous me condamnez, le problème continuera »

Durant l’année 2016, Cédric Herrou commence à prendre les migrants qu’il rencontre sur la route en stop, les déposant à la gare la plus proche. Petit à petit, il s’intéresse aux raisons de leur présence, à la gestion de leur accueil … Il en héberge certains chez lui, mais cela devient compliqué. « Il y avait trop de monde, alors, avec l’association Roya Citoyenne et le soutien d’autres associations, nous avons ouvert un squat dans un local désaffecté de la SNCF, à Saint-Dalmas-de-Tende. » Entrés le 17 octobre, les occupants sont évacués 3 jours après par les forces de l’ordre. On reproche alors à l’agriculteur d’avoir voulu créer une résidence dans un local privé, mais aussi d’avoir fait passer la frontière à des migrants. Interrogé par le tribunal sur l’évolution de la situation depuis octobre, il répond qu’il continue d’héberger des migrants, mineurs comme majeurs. « Même si vous me condamnez, le problème continuera », a assené l’accusé.

>> A lire aussi : Exaspérés par l’inaction de leurs élus, des citoyens ouvrent un centre d’accueil pour les réfugiés

Un procès politique

Son avocat, Zia Oloumi, a plaidé pour une relaxe, estimant que le délit n’était pas caractérisé, faute d’éléments matériels. En effet, sur l’accusation de transport, Cédric Herrou n’a pas été pris en flagrant délit : « Ils (les gendarmes) se basaient sur des reportages et un article du New York Times », a affirmé l’agriculteur. « Aujourd’hui, on veut faire condamner Herrou pour que les autres ne recommencent pas », estime maitre Oloumi s’opposant au procureur Jean-Michel Prêtre. Ce dernier a dénoncé l’usage du procès comme « une tribune politique » et a requis 8 mois d’emprisonnement avec sursis mise à l’épreuve et la confiscation de son véhicule, ainsi qu’un usage limité de son permis de conduire aux besoins de sa profession. « Nous sommes dans la situation d’un procès qui a été voulu, qui procède d’une stratégie générale de communication, de portage militant d’une cause et qui fait que la justice est saisie aujourd’hui de faits reconnus. »

Cédric Herrou « Azuréen de l’année »

Politique, ce procès l’est. Outre les divers soutiens de personnalités et élus sur les réseaux sociaux, le cas Herrou a été largement commenté par Eric Ciotti, président du conseil départemental des Alpes-Maritimes. Après que Nice-Matin ait élu le militant « Azuréen de l’année 2016 » dans un sondage publié sur leur site le 29 décembre (avec 4257 voix sur 7677 votants), l’élu a réagis dans une tribune publiée sur le même journal. Il y répète 5 fois que « Non, M. Herrou ne peut pas être l’Azuréen de l’année ! » et ajoute finement « Qui peut dire avec certitude que dans les centaines de migrants que M. Herrou se targue d’avoir fait passer ne se dissimule pas un futur terroriste ? » Une accusation tout sauf anodine pour l’agriculteur qui, malgré ces attaques, dispose d’un soutien populaire : la pétition « Solidarité avec les Solidaires » a recueilli plus de 16 000 signatures.

>> A lire aussi : « Vous m’arrêtez ? Je recommencerai »

Solidaire, un ancien délit

C’est la question du délit de solidarité qui est au cœur de cette affaire. Cette appellation, plus politique que judiciaire, vise en réalité l’article 622-1 du Ceseda (Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile). Celui-ci prévoit une peine de cinq ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende pour « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d’un étranger en France». Durant la campagne présidentielle, la gauche promet de s’engager dans une réforme de la législation. C’est chose faite avec la loi du 31 décembre 2012 qui élargit les clauses d’immunité à « toute personne physique ou moral sans but lucratif qui porte assistance à un étranger, lorsque cette aide n’a d’autre objectif que d’assurer des conditions de vie digne à l’étranger. »

Mais cette « immunité humanitaire » se cantonne à l’aide au séjour, et non à l’aide à l’entrée et à la circulation. Les membres de Roya Citoyenne se sont, eux aussi, emparés de la justice en déposant plainte pour « délaissement des personnes hors d’état de se protéger » . Ce sont alors les autorités françaises qui sont visées car n’assumant pas, selon l’association, leur devoir d’assistance envers les mineurs. « Nous sommes dans l’impossibilité de faire face à ce qui se passe. C’est le seul moyen de dénoncer cette situation que nous ayons trouvé », explique Nadia, une membre de l’association.

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LE MONDE
http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2017/01/04/huit-mois-avec-sursis-requis-contre-un-agriculteur-juge-pour-avoir-aide-des-migrants_5057818_1653578.html

Huit mois avec sursis requis contre un agriculteur jugé

pour avoir aidé des migrants

Poursuivi pour aide au séjour d’étrangers en situation irrégulière, Cédric Herrou a revendiqué, devant le tribunal, des actes « politiques ».

Le Monde.fr avec AFP | 04.01.2017 à 22h13 • Mis à jour le 05.01.2017 à 07h03

« Je le fais parce qu’il faut le faire. » Jugé à Nice pour avoir aidé des migrants près de la frontière franco-italienne, Cédric Herrou, 37 ans, a assumé, mercredi 4 janvier, ses actes, pour lesquels le procureur a requis huit mois de prison avec sursis. Devant le tribunal, l’agriculteur a revendiqué des actes « politiques » : « Je le fais parce qu’il y a des gens qui ont un problème. Il y a des gens qui sont morts sur l’autoroute, il y a des familles qui souffrent, il y a un Etat qui a mis des frontières en place et qui n’en gère absolument pas les conséquences. »

Le procureur, Jean-Michel Prêtre, a pour sa part dénoncé l’usage de ce procès comme d’une « tribune politique » et requis à l’encontre de M. Herrou, outre le sursis avec mise à l’épreuve, la confiscation de son véhicule, ainsi qu’un usage limité de son permis de conduire aux besoins de sa profession. « Ce n’est pas à la justice de décider de changer la loi, ce n’est pas à la justice de donner une leçon de diplomatie à tel ou tel pays », a-t-il par ailleurs estimé.

Quelque 300 personnes se sont rassemblées devant le palais de justice pour soutenir Cédric Herrou, à Nice le 4 janvier.

L’agriculteur, qui produit des olives et des œufs dans la vallée de la Roya, l’une des voies d’entrée vers la France des migrants venus d’Italie, est poursuivi pour aide au séjour d’étrangers en situation irrégulière. Quelque 300 personnes, dont de nombreux membres d’un collectif d’aide aux migrants Roya Citoyenne, s’étaient rassemblées devant le palais de justice pour le soutenir avant le début de l’audience.

Lire notre reportage :   A la frontière italienne, la vallée de la Roya solidaire des migrants

L’intervention de la police

La justice reproche à Cédric Herrou l’installation, en octobre 2016, sans autorisation, d’une cinquantaine d’Erythréens dans un centre de vacances SNCF désaffecté, à Saint-Dalmas-de-Tende. L’occupation de ce centre, dénoncée avec force par les élus locaux Les Républicains, avait pris fin avec l’intervention des forces de l’ordre au bout de trois jours.

Interrogé par le tribunal sur la manière dont avait, depuis, évolué la situation, l’agriculteur a répondu : « Nous avons une trentaine de mineurs hébergés à Saorge chez des particuliers, et j’ai moi-même trois mineurs hébergés chez moi, et des majeurs aussi. »

En août 2016, M. Herrou a déjà été inquiété par la justice pour avoir transporté des Erythréennes, avant que l’affaire ne soit classée sans suite. La présidente s’est, dès lors, étonnée que les deux procédures dont il a fait l’objet n’aient pas mis un coup d’arrêt à ses actions : « Même si vous me condamnez, le problème continuera », a asséné le militant.

« Un honneur »

Il est aussi revenu sur la manière dont il a commencé à venir en aide aux migrants il y a un an et demi. « Au départ, je voyais des gens marcher sur la route, des Noirs, alors je les emmenais à la gare de Breil-sur-Roya. Et petit à petit, je me suis intéressé au problème. »

L’agriculteur est aussi revenu sur la décision d’occuper l’ancienne colonie de vacances de la SNCF : « Avant le squat, il y avait 58 personnes chez moi. J’avais pris la décision de ne plus les passer parce que je pensais que j’étais responsable de l’afflux des gens chez moi. Avec l’association Roya Citoyenne et avec le soutien d’autres associations humanitaires, on a décidé alors d’ouvrir un lieu pour les héberger. »

Avant le début de son procès, Cédric Herrou avait déjà défendu ses actes à l’entrée du palais de justice : « Ce que je fais n’est pas un sacrifice, c’est un honneur. »

Le 23 novembre, Pierre-Alain Mannoni, un enseignant-chercheur à l’université Nice Sophia Antipolis, avait été jugé pour avoir pris dans sa voiture trois jeunes Erythréennes blessées qu’il emmenait chez le docteur. Le procureur a demandé six mois de prison avec sursis.

Huit mois avec sursis requis contre un agriculteur jugé pour avoir aidé des migrants

Poursuivi pour aide au séjour d’étrangers en situation irrégulière, Cédric Herrou a revendiqué, devant le tribunal, des actes « politiques ».

Le Monde.fr avec AFP | 04.01.2017 à 22h13 • Mis à jour le 05.01.2017 à 07h03

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« Je le fais parce qu’il faut le faire. » Jugé à Nice pour avoir aidé des migrants près de la frontière franco-italienne, Cédric Herrou, 37 ans, a assumé, mercredi 4 janvier, ses actes, pour lesquels le procureur a requis huit mois de prison avec sursis. Devant le tribunal, l’agriculteur a revendiqué des actes « politiques » : « Je le fais parce qu’il y a des gens qui ont un problème. Il y a des gens qui sont morts sur l’autoroute, il y a des familles qui souffrent, il y a un Etat qui a mis des frontières en place et qui n’en gère absolument pas les conséquences. »

Le procureur, Jean-Michel Prêtre, a pour sa part dénoncé l’usage de ce procès comme d’une « tribune politique » et requis à l’encontre de M. Herrou, outre le sursis avec mise à l’épreuve, la confiscation de son véhicule, ainsi qu’un usage limité de son permis de conduire aux besoins de sa profession. « Ce n’est pas à la justice de décider de changer la loi, ce n’est pas à la justice de donner une leçon de diplomatie à tel ou tel pays », a-t-il par ailleurs estimé.

Quelque 300 personnes se sont rassemblées devant le palais de justice pour soutenir Cédric Herrou, à Nice le 4 janvier.

L’agriculteur, qui produit des olives et des œufs dans la vallée de la Roya, l’une des voies d’entrée vers la France des migrants venus d’Italie, est poursuivi pour aide au séjour d’étrangers en situation irrégulière. Quelque 300 personnes, dont de nombreux membres d’un collectif d’aide aux migrants Roya Citoyenne, s’étaient rassemblées devant le palais de justice pour le soutenir avant le début de l’audience.

Lire notre reportage :   A la frontière italienne, la vallée de la Roya solidaire des migrants

L’intervention de la police

La justice reproche à Cédric Herrou l’installation, en octobre 2016, sans autorisation, d’une cinquantaine d’Erythréens dans un centre de vacances SNCF désaffecté, à Saint-Dalmas-de-Tende. L’occupation de ce centre, dénoncée avec force par les élus locaux Les Républicains, avait pris fin avec l’intervention des forces de l’ordre au bout de trois jours.

Interrogé par le tribunal sur la manière dont avait, depuis, évolué la situation, l’agriculteur a répondu : « Nous avons une trentaine de mineurs hébergés à Saorge chez des particuliers, et j’ai moi-même trois mineurs hébergés chez moi, et des majeurs aussi. »

En août 2016, M. Herrou a déjà été inquiété par la justice pour avoir transporté des Erythréennes, avant que l’affaire ne soit classée sans suite. La présidente s’est, dès lors, étonnée que les deux procédures dont il a fait l’objet n’aient pas mis un coup d’arrêt à ses actions : « Même si vous me condamnez, le problème continuera », a asséné le militant.

« Un honneur »

Il est aussi revenu sur la manière dont il a commencé à venir en aide aux migrants il y a un an et demi. « Au départ, je voyais des gens marcher sur la route, des Noirs, alors je les emmenais à la gare de Breil-sur-Roya. Et petit à petit, je me suis intéressé au problème. »

L’agriculteur est aussi revenu sur la décision d’occuper l’ancienne colonie de vacances de la SNCF : « Avant le squat, il y avait 58 personnes chez moi. J’avais pris la décision de ne plus les passer parce que je pensais que j’étais responsable de l’afflux des gens chez moi. Avec l’association Roya Citoyenne et avec le soutien d’autres associations humanitaires, on a décidé alors d’ouvrir un lieu pour les héberger. »

Avant le début de son procès, Cédric Herrou avait déjà défendu ses actes à l’entrée du palais de justice : « Ce que je fais n’est pas un sacrifice, c’est un honneur. »

Le 23 novembre, Pierre-Alain Mannoni, un enseignant-chercheur à l’université Nice Sophia Antipolis, avait été jugé pour avoir pris dans sa voiture trois jeunes Erythréennes blessées qu’il emmenait chez le docteur. Le procureur a demandé six mois de prison avec sursis.

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