ROYA CITOYENNE – Résistances en Roya

solidarité, renforcement du réseau social, réflexion sur des projets de société respectueux de l'humain et de la nature…

Archive pour la catégorie 'Medias : Articles presse Radios'

MEDIAS San Remo News : Felix Croft au tribunal d’Imperia

Posté : 29 janvier, 2017 @ 12:56 dans Citoyens solidaires, Medias : Articles presse Radios, Réfugiés - Migrants, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

http://www.sanremonews.it/2017/01/26/mobile/leggi-notizia/argomenti/cronaca/articolo/porto-una-famiglia-di-nigeriani-in-francia-il-passeur-per-umanita-felix-croft-a-processo-al-tribu.html

CRONACA  GIOVEDÌ 26 GENNAIO 2017, 14:30

Portò una famiglia di nigeriani in Francia. Il passeur per umanità Felix Croft a processo al Tribunale di Imperia. Udienza rinviata al 16 febbraio

Croft, il cui caso ricorda quello di Cédric Herrou, contadino francese di 37 anni a processo a Nizza per cui la Procura transalpina ha chiesto una condanna a otto mesi con la condizionale e la messa in prova, venne fermato a bordo della propria station wagon nei pressi del confine con a bordo cinque cittadini nigeriani: marito, moglie e tre figli, nel tentativo di farli arrivare in Francia
MEDIAS San Remo News : Felix Croft au tribunal d'Imperia dans Citoyens solidaires J_998780e4c0

Passeur, ma non per soldi. Semplicemente per umanità. È il caso del ventottenne francese di Cagnes-sur-Mer Felix Croft a processo al Tribunale di Imperia dove questa mattina si sarebbe dovuta tenere un’udienza rinviata al 16 febbraio per l’assenza di due testimoni chiave dell’accusa sostenuta dal Procuratore Aggiunto Grazia Pradella: i due carabinieri che lo hanno arrestato al confine la scorsa estate.
Il giovane, difeso dall’avvocato Ersilia Ferrante, sin dal giorno della convalida del suo arresto, nel carcere di Imperia, (Leggi QUI) è stato sostenuto da decine di manifestanti cosiddetti “No Borders”, ma lo stesso ha detto di non far parte di nessuna organizzazione umanitaria, ma di farlo, piuttosto per umanità. 
Croft, il cui caso ricorda quello di Cédric Herrou, (leggi QUI) contadino francese di 37 anni a processo a Nizza per cui la Procura transalpina ha chiesto una condanna a otto mesi con la condizionale e la messa in prova, venne fermato a bordo della propria station wagon nei pressi del confine con a bordo cinque cittadini nigeriani: marito, moglie e tre figli, nel tentativo di farli arrivare in Francia. Al momento del fermo l’uomo ha subito ammesso di aver tentato di portare i cinque nel suo Paese, ma non per soldi, come purtroppo spesso accade.

Francesco Li Noce

 

MEDIAS « Arrêt sur images » : « Migrants/Evasion fiscale : Cédric Herrou et Jon Palais »

Posté : 28 janvier, 2017 @ 11:59 dans Medias : Articles presse Radios, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

http://www.arretsurimages.net/emissions/2017-01-27/Migrants-Evasion-fiscale-On-utilise-les-medias-comme-porte-voix-id9499

arrêt sur images, émission du 27/01/2017 par la rédaction

MIGRANTS/EVASION FISCALE : « ON UTILISE LES MÉDIAS COMME PORTE-VOIX »

Notre émission avec Cédric Herrou et Jon Palais

 

Mettre en images attrayantes et ludiques la lutte contre l’évasion fiscale n’était pas une chose a priori évidente, et pourtant le pari a été tenu avec des accessoires rudimentaires : quelques chaises. Fournir des images à l’impératif moral d’un accueil humain des migrants est a priori plus facile, sauf que cela risque de vous amener devant les tribunaux. Qu’en pensent les deux auteurs de ces deux images de la désobéissance civile ? Réponse avec Jon Palais, militant de l’association basque Bizi ! et faucheur de chaises, et Cédric Herrou, agriculteur qui aide les migrants dans la vallée de la Roya.

Extrait de l’émission:

 

Coulisses de l’émission, par Anne-Sophie Jacques

Trois. Deux. Un. A six heures ce matin, il ne restait qu’un seul invité sur notre plateau du jour. A l’aube, un message de Cédric Herrou m’informait qu’il n’avait pu prendre le train de Breil-sur-Roya, son village, pour se rendre à Nice où l’attendait un TGV pour Paris. L’agriculteur qui vient en aide aux migrants dans cette « vallée rebelle » – selon Libération – n’a pas vu le train passer. Panne de réveil ou cheminot zélé ? Pas question d’épiloguer : il a fallu trouver un plan B. Herrou a mis la main sur un ordinateur avec webcam et Skype chez une amie. Après deux ou trois tests, le « héros populaire » – selon le New York Times s’il vous plaît – pouvait être parmi nous et discuter avec notre deuxième invité, Jon Palais.

Si vous avez lu notre reportage à Dax lors de son procès du 9 janvier pour vol de chaises dans une agence de la banque BNP, vous connaissez déjà Palais et ses actions contre l’évasion fiscale. Et si vous le découvrez, oui oui, ce jeune homme et les militants de Bizi !, d’Attac, des Amis de la Terre ou encore d’Action non-violente COP21 s’emparent de chaises dans les banques pour mobiliser les citoyens à lutter contre ce fléau qui prive le budget des Etats européens de 1 000 milliards d’euros par an et semble peu préoccuper nos gouvernements. D’ailleurs, hormis Benoît Hamon qui a brièvement mis le sujet sur le tapis lors des débats à la primaire d’une partie de la gauche, on ne peut pas dire que l’évasion fiscale ait séduit les autres candidats à ladite primaire.

Pourquoi une chaise ? D’abord pour le geste, nous explique Palais : les banques nous prennent quelque chose, 

Bondy blog : « Mamadou se reconstruit doucement dans la vallée de la Roya »

Posté : 27 janvier, 2017 @ 2:16 dans Medias : Articles presse Radios, Réfugiés - Migrants, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

http://www.bondyblog.fr/201701240800/esclave-et-torture-en-libye-mamadou-se-reconstruit-doucement-dans-la-vallee-de-la-roya/#.WIqOP1PhDIW

Esclave et torturé en Libye, Mamadou, réfugié soudanais, se reconstruit doucement dans la vallée de la Roya

C’EST CHAUD MARDI 24 JANVIER 2017

PAR VICTOIRE CHEVREUL

Bondy blog :

Digne, résilient et optimiste, Mamadou panse ses plaies après avoir passé huit mois en Libye où il a connu l’esclavage. A 27 ans, il est le protégé de Françoise Cotta, ténor du barreau de Paris, qui l’accueille chez elle depuis un an à Breil, village de la vallée de la Roya, là-même où l’agriculteur Cédric Herrou a une nouvelle fois été arrêté pour aide aux migrants. Rencontre.

C’est un samedi soir comme les autres fin novembre. Françoise Cotta vient d’accueillir chez elle deux Guinéens. Ils sont éreintés et viennent de franchir la frontière franco-italienne. Mamadou les cherche, Françoise les a installés dans une chambre à l’étage. “Je vais leur monter quelque chose à manger”. Françoise a beau lui dire qu’ils n’ont pas faim, il insiste. On ne sait jamais, ils pourraient être gênés et ne pas oser accepter. Une voisine nous glisse à l’oreille : “Souvent il leur fait visiter les lieux, et les installe dans les chambres”. Dans son entourage récent, tous s’accordent à vanter la générosité du Soudanais. On le dit “toujours prêt à aider”, et malgré des moments de tristesse, il arbore “en permanence un sourire chaleureux”.

La maison de Françoise Cotta est nichée au cœur de la vallée de la Roya, près de la frontière italienne. Depuis 15 mois, Mamadou y est devenu le maitre de maison. Arrivé chez la ténor du barreau en octobre 2015, il a quitté le Soudan pour venir poursuivre ses études en France. Au Darfour, avant que la guerre civile ne déchire le Soudan, il étudiait les sciences politiques. En France, même si avec la demande d’asile, tout n’est pas facile, il découvre un havre de paix où il peut apprivoiser son quotidien. Loin des violences qu’il a subies à plusieurs reprises en Libye.

“Ils nous ont dit qu’on allait devoir creuser pour eux 

Mamadou chez Françoise Cotta, Breil le 26/10/2016

Mamadou chez Françoise Cotta à Breil-sur-Roya en octobre 2016.

Gêné de raconter son calvaire devant “Mama Françoise” comme il aime l’appeler, Mamadou s’installe dans le patio avec Khalifa, un autre accueilli. Il s’émerveille au quotidien de son nouveau cadre de vie. “Tout est vert ici, la nature est partout, c’est mieux qu’à Paris : c’est paisible”. Doucement, il commence à parler, tirant machinalement sur sa cigarette. “Les problèmes ont commencé quand on est arrivé dans le désert libyen”. Avec ses compagnons de galère, Mamadou a croisé “plein de milices différentes, elles avaient en général trois ou quatre voitures et des armes lourdes ou des lance-roquettes”. A chaque fois qu’il rencontre des groupes armés, raconte-t-il, le même sentiment d’impuissance le paralyse. Les premiers miliciens sur sa route forcent le groupe de “voyageurs” à travailler pour eux. “Ils nous ont dit qu’on allait devoir creuser, qu’ils voulaient trouver de l’or, on a beaucoup creusé”. Jamais les migrants ne touchent leur paye, elle est donnée à une seconde milice. C’est à partir de cet épisode que son enfer commence et qu’il est confronté à l’esclavage pendant plusieurs mois. Les miliciens séparent les femmes et les hommes de son groupe. Alors que les hommes croupissent un mois en prison, “pendant ce temps-là, les femmes étaient enfermées dans une maison et violées par les soldats”. Mamadou a les larmes aux yeux quand il évoque le sort des femmes et des enfants. Il dit avoir réussi à survivre face aux hommes armés en parlant, plaisantant et en restant calme. L’humour l’a déjà sauvé, du moins un rire grinçant. Un jour, des soldats ont menacé de le tuer lors d’un contrôle. “Devant l’absurdité de la situation, cette manière complètement irrationnelle de choisir qui vit et qui meurt, j’ai eu un fou rire. Les soldats m’ont demandé pourquoi je riais, je leur ai expliqué. Je m’en suis sorti comme ça. Une autre fois, j’ai chanté et dansé !“, se souvient-il.

“Si vous voulez me tuer, d’accord mais pas devant les bébés !”

Le rire est souvent proche des larmes dans le parcours de Mamadou. “La seule chose qui me mettait hors de moi, c’était lorsque les miliciens se conduisaient de manière violente devant les femmes et les enfants”. “Si vous voulez me tuer, d’accord mais pas devant les bébés’ !’, s’est-il surpris à dire à un homme armé qui menaçait de l’exécuter. Quelques temps esclave d’un Libyen qui le forçait à peindre sa maison sans le payer, le jeune homme cherchait encore à protéger les enfants. Il voulait que je peigne une pièce, mais il n’y avait plus de peinture. Il m’a dit peint là sinon je te tue ! Je vais te tuer ! Il y avait une femme et un enfant aussi dans la maison, j’ai renvoyé le bambin vers sa mère, au cas où ça dégénère. Puis, j’ai mélangé de la farine et de l’eau et j’ai peint la pièce”. Le bourreau de Mamadou, dans un rapport complètement schizophrène avec le jeune, n’hésite pas, aussi vite qu’il menace de le tuer, à le féliciter chaleureusement pour son travail.

Le Soudanais a enchainé plusieurs “patron/propriétaires” qui l’ont forcé à travailler. Plusieurs fois, Mamadou se retrouve à cheval entre la vie et la mort pour tenter de récupérer son salaire. Il en réchappe à chaque fois, sans son argent. “Un des miliciens m’a dit : ‘oublie ton argent et pars par là”. Le piège du travail clandestin pour payer sa traversée vers la France s’est souvent transformé en esclavage. “J’ai passé huit mois à peu près en Libye, mais je dis souvent six, car j’ai oublié certaines périodes”. Quand il côtoie la mort, Mamadou se souvient du nouveau-né de sa sœur, toujours au pays. “Quand je pense à mon neveu je me dis que je dois vivre, qu’il faut qu’il soit fier de moi !”. Il raconte peu d’éléments de sa vie d’esclave, mais chaque souvenir lui coûte. A plusieurs reprises, il a besoin d’aller souffler avant de continuer son témoignage. Son ange-gardien, Françoise, peut-être consciente de son effort, vient apporter des châtaignes grillées pour réchauffer son protégé. Une apparition bienveillante qui lui redonne de la force pour reprendre la discussion. Fini le temps des abus et des coups, à la Roya, Mamadou est protégé.

Résilience et spiritualité

Mamadou n’est pas amer de son vécu. Quand nous lui demandons ce qui lui a permis de garder espoir et d’avoir la force de traverser ces mois des violences, il ferme les yeux et cherche ses mots. “Quand j’ai été enfermé en prison en Libye, j’ai puisé beaucoup de force en pensant à des choses légères et lumineuses. Je fermais les yeux et me focalisais sur la lumière à l’intérieur. Ça recouvre tous les soucis même quand quelqu’un me frappais”.

Mamadou Chez Françoise Cotta, Breil le 28 /10/2016

Mamadou chez Françoise Cotta à Breil-sur-Roya en octobre 2016

La spiritualité tient une place clef dans le processus de reconstruction de Mamadou après les traumatismes. Lui-même le souligne quand il parle de la beauté de la maison de Françoise à la Roya. “Je suis animiste, je crois en la nature et ses éléments. J’ai besoin de vivre dans cet environnement”. Depuis qu’il est arrivé chez “Mama Françoise”, le jeune homme renoue avec la vie. Les nouvelles rencontres, il les accueille comme de nouveaux espoirs. Il redécouvre le goût du bonheur. “Une fois dans un village à côté, lors d’une fête, une très belle fille Pauline a dansé avec moi. J’ai été très heureux à ce moment-là”. Mamadou commence à faire des projets. “Je vais commencer des cours de français à Nice en février”. Dans sa longue marche pour revivre, Mamadou mène un véritable combat contre son passé douloureux qui a tendance à ressurgir. Il est sujet à des flashs, des éléments traumatiques qui lui reviennent en mémoire. Il n’utilise pas ces termes, il dit qu’il “se souvient“. Le bruit des tirs d’armes automatiques résonne encore dans sa tête, mais ces échos douloureux “ne décideront pas ma vie” répète-t-il. Pour évacuer la peine, il n’a pas honte de le dire : “Parfois je pleure quand les souvenirs remontent. Je m’isole dans un coin et alors je pleure toutes les larmes de mon corps. Ça m’apaise un peu”. A la Roya, Mamadou s’est reconstitué une famille. “En venant ici, j’ai trouvé des gens avec lesquels j’adore vivre, de belles personnes. De temps en temps, j’aime bien cuisiner pour Khalifa, sa famille, les enfants et Mama Françoise !”. Si, depuis cet entretien, Khalifa et les siens sont partis de la Roya, d’autres migrants sont arrivés et tiennent compagnie au jeune Soudanais.

Victoire CHEVREUL

Crédit photo : Laurent CARRE

Le 21 janvier, lors d’une perquisition chez Cédric Herrou, Laurent Carré, photographe indépendant en reportage pour “Libération” et auteur des photos pour ce reportage du Bondy Blog a été mis à terre par des gendarmes et empêché de faire son travail. La réaction du Bondy Blog lui fait part de son soutien et condamne ces pratique

 

Emission sur Radio ZéroSix (Nice) « En attendant la suite » avec Pierre-Alain Mannoni et Jean-Michel Diesnis

Posté : 27 janvier, 2017 @ 2:09 dans Medias : Articles presse Radios, Mineurs Isolés Etrangers, Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires »

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1845019769049790&id=1793529157532185&_rdr

« EN ATTENDANT LA SUITE », c’est le talk show culture/divertissement de Radio Zérosix! Tous les mercredis de 17h30 à 19h en direct.

http://radiozerosix.fr/

NICE MATIN 21/01/2017 Libération Cédric sans poursuites + interview du SAF

Posté : 26 janvier, 2017 @ 5:42 dans Medias : Articles presse Radios, Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires »

article en télécharment au format pdf : fichier pdf NM 21 01 17 Cédric libéré

NM 21 01 17   Cédric libéré-page-001

« Il fatto quotidiano » 22/1/2017 « Migranti, il contadino francese che rischia il carcere per aiutarli »

Posté : 23 janvier, 2017 @ 2:55 dans Citoyens solidaires, Medias : Articles presse Radios, Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires »

http://www.ilfattoquotidiano.it/2017/01/22/migranti-il-contadino-francese-che-rischia-il-carcere-per-aiutarli-faccio-quello-che-dovrebbe-fare-uno-stato-umanitario/3313835/

 

Lien vers la vidéo : http://videofq.meride.tv/fq2/video/folder69/cedric_herrou_fq2.mp4

Blog Mediapart : communiqué de David Nakache : « Roya : l’Etat pousse-t-il les citoyens à la faute ? »

Posté : 23 janvier, 2017 @ 12:56 dans Citoyens solidaires, Medias : Articles presse Radios | Pas de commentaires »

https://blogs.mediapart.fr/david-nakache/blog/210117/roya-letat-pousse-t-il-les-citoyens-solidaires-la-faute

Roya: l’Etat pousse-t-il les citoyens solidaires à la faute?

Les nouvelles arrestations musclées, perquisitions et gardes à vue prolongées dans la Roya témoignent de la volonté des pouvoirs publics de pousser à bout les désobéisseurs azuréens. Que cherche-t-on par ce harcèlement judiciaire et policier ? A engendrer violence et conflit ouvert pour décrédibiliser toute action de solidarité ? La mort de Rémi Fraisse n’a-t-elle donc servie de leçon à personne ?

Les nouvelles arrestations musclées, perquisitions et gardes à vue prolongées de citoyens solidaires de la Roya, dont Cédric Herrou, les 19 et 20 janvier 2017, témoignent de la volonté manifeste des pouvoirs publics de pousser à bout les désobéisseurs azuréens.

Déjà, alors que Pierre Alain Mannoni avait été relaxé, l’appel du Parquet marquait un choix délibéré et constant du gouvernement de rétablir le délit de solidarité, en dépit des promesses de campagnes et de la loi du 31 décembre 2012.

Si l’on regarde le fil des événements passés, nous sommes saisis par une posture littéralement « irresponsables » des pouvoirs publics :

- C’est le Procureur qui a fait le choix délibéré de poursuivre Pierre Alain Mannoni, ingénieur et enseignant à l’université de Nice, puis de faire appel de sa relaxe par le Tribunal de Nice.

- C’est le Préfet des Alpes-Maritimes qui a « signalé » Cédric Herrou, agriculteur, au Procureur qui a, à son tour, choisi de le poursuivre (délibéré le 10 février).

- C’est sous l’égide de ce même Procureur que l’évacuation médiatisée des locaux de la SNCF occupés pour y héberger des réfugiés, a donné lieu, en octobre 2016, à un déploiement de forces de l’ordre à l’évidence surdimensionné. 

- C’est ce même Préfet, représentant de l’Etat, qui s’en est pris de façon violente et totalement disproportionnée à Yvan Gastaut, historien, pour une tribune parue dans Nice Matin (lire ma réponse ici).

- C’est le Président du Conseil Départemental des Alpes-Maritimes, mis en cause par de nombreux observateurs pour la non prise en charge des mineurs isolés (lire ici), qui s’est lui aussi fendu d’une diatribe hystérique, cette fois directement contre la presse locale, Nice Matin encore, pour l’élection par les lecteurs du journal de Cédric Herrou comme citoyen de l’année (lire ma réponse ici)

- C’est cette même volonté politique, aveugle et intransigeante qui fait que Claire Marsol, 72 ans, maître de conférence à la retraite a été condamnée à 1500 € d’amande en décembre 2015 (lire ma réaction ici), peine confirmée en appel le 2 décembre 2016 ; que Magali M., fonctionnaire, sera sur le banc des accusés le 3 mars prochain ; que Francesca Peirotti, interprète, sera jugée le 4 avril ; que Ben, photographe, sera jugé le 8 avril ; qu’Eric, photographe de presse et Marie Rose, travailleuse social, seront jugés le 24 avril ; que Françoise Gogois, René Dahon, Gibi et Dan seront eux jugés le 16 mai…

Que cherchent les pouvoirs publics au juste par ces procès successifs ? A décourager toute tentative future de solidarité vis à vis des réfugiés qui fuient dictatures, bombardements et conflits armés ? 

Que cherche le gouvernement à travers les agissements du Préfet et du Procureur ? A pousser à bout les citoyens solidaires de la Roya, par un harcèlement judiciaire et policier constants, et qu’ils en viennent à des réactions violentes ? Le gouvernement espère-il que l’action de solidarité des habitants de la Roya dégénère en conflit ouvert pour crédibiliser leur action ? 

La mort de Rémi Fraisse n’a-t-elle pas servie de leçons au gouvernement ? Combien de Rémi Fraisse encore ? Ceux qui nous gouvernent n’ont-ils finalement ni discernement ni conscience ?

Si des citoyens solidaires en sont venus à désobéir c’est avant tout parce que l’Etat et de Conseil Départemental des Alpes-Maritimes n’assumaient pas leurs obligations légales et restaient léthargiques face à l’urgence de la crise humanitaire à laquelle nous sommes confrontés avec l’arrivée de réfugiés.

Partout des citoyens se lèvent. Des faucheurs d’OGM aux faucheurs de chaises, des enseignants désobeisseurs aux participants à Nuit Debout et aux zadistes, jusqu’aux citoyens solidaires de la Vallée de la Roya. Partout des citoyens rappellent les idéaux démocratiques, font vivre le cœur de la République et défendent les libertés fondamentales envers et contre l’Etat, les élus sensés les représenter, les administrations aveugles s’inventant et imposant leurs propres règles. 

Ces citoyennes et ces citoyens, envers et contre les pouvoirs publics, sont parfois les derniers défenseurs de la démocratie et de la solidarité.

Rappelons donc Élus locaux, Préfet, Procureur, gouvernement et Président de la République au sens des responsabilités. Ne poussez pas les citoyens à l’impasse en laissant pourrir une situation intenable où ils sont seuls et démunis face à une misère et une détresse que vous refusez de prendre en charge et pour lesquelles vous leur interdisez d’intervenir. 

Ce n’est pas en criminalisant la solidarité que vous réglerez le problème : de l’écoute, du dialogue, des solutions constructives et équilibrées et un véritable volontarisme politique pour que la France soit à la hauteur de la France, pays des droits de l’Homme et du citoyen, voilà ce dont nous avons besoin.

Pour suivre l’actualité et soutenir les citoyens solidaires du 06 : https://citoyenssolidaires06.com/

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« La Marseillaise » 14-15/1/2017 Entretien avec Valentin Porte : Urgent de mettre en place une politique d’accueil efficace

Posté : 23 janvier, 2017 @ 12:46 dans Medias : Articles presse Radios, Réfugiés - Migrants, Soutien aux sans-papiers | 1 commentaire »

Article à télécharger au format pdf : fichier pdf LaMarseillaise_14_01_p11

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Médias : Cédric Herrou, garde à vue et libération – « Libération » 20/1/2017, France 3, et al.

Posté : 22 janvier, 2017 @ 8:05 dans Medias : Articles presse Radios, Réfugiés - Migrants, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

http://www.liberation.fr/france/2017/01/20/perquisition-musclee-chez-cedric-herrou-l-homme-qui-aide-les-migrants_1542821

http://www.liberation.fr/france/2017/01/20/la-roya-perquisition-chez-cedric-herrou_1543039

Par Adèle Sifaut — 20 janvier 2017 à 11:13
L’intervention musclée des gendarmes au domicile de Cédric Herrou, le 19 janvier. Laurent Carre

Une vingtaine de gendarmes, armés, casqués, se sont rendus dans la ferme de cet agriculteur de la vallée de la Roya, qui apporte son aide aux migrants qui franchissent la frontière franco-italienne.

  •  Perquisition musclée chez Cédric Herrou, l’homme qui aide les migrants

Chez Cédric Herrou, on commence à avoir l’habitude des perquisitions. Alors, quand ce militant qui aide les migrants à entrer, circuler et séjourner en France est interpellé pour la troisième fois mercredi soir, ses proches attendent patiemment les gendarmes dans sa maison. Jeudi, c’est depuis le jardin, autour d’un plat de pâtes et d’œufs durs, qu’ils ont vu déferler une vingtaine d’agents casqués, armés et les nerfs à vif. Des gendarmes venus perquisitionner l’habitation, le terrain et les véhicules de la figure emblématique de l’aide aux migrants de la vallée de la Roya, à une cinquantaine de kilomètres de Nice.

A 16h30 dans cette maison de Breil (Alpes-Maritimes), Marie s’est isolée avec Nasser derrière un rideau. Cette infirmière de Médecins du Monde soigne une plaie à la malléole et s’occupe du mal de gorge de ce jeune Soudanais. Dehors, Morgan (le frère de Cédric) Lucile et Émile (deux militants) et deux mineurs étrangers patientent. Ils débarrassent la table.

A lire aussi Migrants : la vallée qui fait de la désobéissanceAide aux migrants : le procès d’un geste d’humanité

Dans le même temps en contrebas, deux fourgons et cinq voitures des forces de l’ordre se garent au pied de la propriété. Venus pour une perquisition, les gendarmes grimpent en colonne et en petite foulées sur le terrain de Cédric Herrou. Quinze d’entre eux sont casqués, visières baissées, gilets pare-balles et armes à portée de main. En quelques minutes, ils écartent le photographe de Libération à l’aide d’une clef de bras (puis le mettront à terre un quart d’heure plus tard) et passent entre le tracteur, les poules et les ruches. Ils se déploient rapidement sous les oliviers avant d’encercler la maison. «Tout à coup, plusieurs hommes sont entrés et se sont mis à hurler tellement fort que je ne comprenais pas ce qu’ils disaient», raconte l’infirmière. Elle tire le rideau. «Je me suis retrouvée en face de quatre gendarmes, je n’ai vu que l’arme qu’ils pointaient. Autant de monde dans une si petite pièce, c’était proche de l’absurde.» La bénévole de Médecins du monde tente de rassurer Nasser, le jeune Soudanais s’étant mis à pleurer. «Ce qui m’a le plus traumatisée, c’est le sentiment éprouvé par ces enfants. Il y a là une maltraitance morale qui dépasse les limites. On était tous saisis, choqués et sans parole.»

Morgan et Lucile sont menottés. Émile reste à l’extérieur. A la demande des gendarmes, il s’occupe du chien noir de Cédric Herrou. «C’était complètement démesuré. Ils ont déboulé en gueulant et en nous tutoyant, raconte-t-il. J’ai rarement été témoin d’une telle violence. Elle n’était pas réellement physique mais elle était palpable dans l’atmosphère, dans le climat ambiant.» En moins de trente minutes, les gendarmes font le tour de la propriété. Lucile, Morgan et les trois mineurs embarquent dans les voitures des gendarmes. «Ces deux proches de Cédric Herrou ont été placées en garde à vue», confirme le procureur de la République de Nice. Quant aux moyens déployés : «C’est une affaire humainement hors-norme», répond-il.

La garde à vue de Cédric Herrou est prolongée de 24 heures. Non présent lors de la perquisition du domicile, son conseil Me Zia Oloumi juge ces mesures «disproportionnées» : «On a quasiment affaire à une brigade antiterroriste», dit-il. Cédric Herrou a été interpellé pour des faits qualifiés d’aide à l’entrée et au séjour.

Adèle Sifaut

http://www.liberation.fr/france/2017/01/21/la-roya-un-photographe-de-libe-malmene_1543020

RETOUR SUR

La Roya : un photographe de «Libé» malmené

Par LIBERATION — 21 janvier 2017 à 10:37
L’intervention musclée des gendarmes au domicile de Cédric Herrou, le 19 janvier. Photo Laurent Carré

Lors d’une perquisition chez Cédric Herrou, un photographe travaillant pour «Libération» a été mis à terre par les gendarmes et empêché de faire son travail.

Médias : Cédric Herrou, garde à vue et libération -

  •  La Roya : un photographe de «Libé» malmené

Jeudi soir, alors qu’il était en reportage pour Libération dans la vallée de la Royachez Cédric Herrou, cet agriculteur récemment jugé pour avoir aidé des migrants à entrer en France, un photographe a été non seulement empêché de faire son travail, mais il a été par ailleurs malmené et même mis à terre par des gendarmes durant l’intervention, alors qu’il s’était clairement identifié auprès des forces de l’ordre. De telles pratiques sont inacceptables et la direction de Libération les condamne vivement. Nous avons demandé à Laurent Carré de nous livrer son témoignage sur ce qu’il s’est passé.

«Breil-sur-Roya, jeudi après-midi. Je profite du redoux au soleil sur une terrasse de la propriété de Cédric Herrou pour me faire détailler les circonstances de son interpellation la nuit précédente. Autour d’un plat de pâtes à la sauce tomate, Morgan, Lucille, Emile et Marie une infirmière venue apporter des soins à un jeune soudanais.

On plaisante sur les paroles de Cédric entendues quelques jours plus tôt, à l’occasion d’une réunion sur les suites à envisager pour faire face à tous ces jeunes candidats à une vie meilleure qui se trouvent hébergés chez des habitants de la vallée. «Bon, si ça continue, on va tous finir en prison. Il y a une audience de prévue en janvier, en février, en mars, en avril. Il n’y a rien en mai. Qui prend mai ?», avançait-il alors. Ce souvenir déclenche le rire général de la vingtaine de personnes présentes. Sauf Cédric lui-même qui est en garde à vue à ce moment-là.

A l’horizon, sur les reliefs nous faisant face, nous distinguons deux silhouettes marchant d’un pas lent. Je dis à Emile : «Tu vois ces gens, là-bas ?» «Des randonneurs», me répond-il. Des marcheurs un jeudi en fin d’après-midi… «Des randonneurs ou les RG ?», j’ose plaisanter. Emile avance : «Je m’attends à une arrivée des bleus d’un instant à l’autre.»

Je regarde mon portable. Un texto m’informe qu’un barrage de police est installé à l’ancienne douane. Je pars faire des images. En bas du sentier menant à la propriété, sept véhicules de gendarmerie, dont deux camionnettes, stoppent à cet instant. Quinze gendarmes se rassemblent au signal du chef de groupe. Ils sont casqués, avec visière, gilet tactique multipoches, tonfa, lacrymo et pince-monseigneur. Une dizaine d’autres gendarmes en uniforme et en civil se préparent également avec sacoche, mallette et dossier sous le bras.

La chef d’escadron de Sospel passe près de moi. Je tente d’engager la conversation au cas où un élément me manquerait. «C’est pas un peu disproportionné ?» Pas de réponse. Pour moi, plus haut, il n’y a qu’une infirmière, une jeune fille, deux gars en train de débarrasser la table et une poignée de (très) jeunes migrants. Pas d’ennemi public numéro 1, rien ne demandant un dispositif digne de la lutte contre le grand banditisme.

Les hommes se mettent en colonne en petite foulée. Deux gendarmes en civil équipés de brassards fluo s’adressent à moi : «Vous êtes obligé de prendre des photos ?» J’essaye une réponse générique : «Je fais mon travail Monsieur.» Nous poursuivons l’ascension vers le repaire des «malfaiteurs». Les hommes en noir se dispersent autour du poulailler, des ruches et des oliviers. Un chien aboie quand une voix venue de plus haut sonne la fin de ma progression : «Le journaliste, tu le fais redescendre !»

Ça doit être pour moi ça. Un gendarme vient à ma rencontre et me saisit le bras. J’essaye de faire des images, contestant tranquillement, quand un second m’attrape le bras gauche. Une subtile torsion arrière assez désagréable du bras plus tard, je me retrouve en bas sur ces sentiers escarpés.

Mes deux cerbères me relâchent près du bas de la piste : «Voilà vous restez là, vous n’allez pas plus haut.» Je lui fais observer que je me trouve sur une propriété privée et que j’y ai été invité. «Nous, c’est pareil, mais on s’invite», me répond-il. Je prends mon mal en patience attendant que la troupe redescende.

«La cheffe d’escadron arrive, elle va répondre à vos questions», fait-on savoir. Au travers des branches, je distingue Morgan précédé d’un gendarme en civil, puis Lucille suivie d’autres gendarmes.

Un gendarme me signifie vertement qu’il faut descendre maintenant. Je lui fais remarquer que j’attends sa patronne. Je fais des images des prévenus quand soudain j’entends : «Non, non, pas de photos», hurle le gendarme en civil. Je proteste et déclenche. Subitement le gendarme casqué me fiche au sol. Je déclenche de nouveau et un second casque entre dans mon champ de vision. Les bras associés saisissent ma main et mon boîtier. Ses doigts parcourent les touches de mon appareil photo.

Puis aussi soudainement que la tornade est arrivée sur moi, elle disparaît. Je me relève. Je rejoins les individus menottés sur la route nationale au trafic coupé pour l’occasion. Le gendarme en civil : «Je suis de Grenoble et on travaille souvent avec la presse et tout se passe bien», me dit-il, s’excusant à demi-mot pour l’attitude de ses collègues.

Les véhicules des deux prévenus sont perquisitionnés. «C’est perturbant que vous soyez là.» Je m’en excuse et lui assure que je ne cherche pas à interférer dans son travail. Au loin, je vois trois jeunes migrants, le visage grave, attendre qu’on leur ouvre la porte des véhicules les amenant vers un centre d’aide social à l’enfance. En remontant vers la maison, je croise l’infirmière les larmes aux yeux visiblement choquée. Elle me dit que les gendarmes sont entrés dans la maison en vociférant l’arme au poing.»

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http://france3-regions.francetvinfo.fr/cote-d-azur/alpes-maritimes/menton/aide-aux-migrants-perquisition-musclee-cedric-herrou-son-frere-autre-militante-arretes-1179013.html

http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/cedric-herrou-l-agriculteur-poursuivi-pour-aide-aux-migrants-sort-libre-de-sa-garde-a-vue_2028354.html

http://www.bfmtv.com/societe/ma-liberte-ne-s-arretera-pas-aux-barreaux-de-vos-prison-la-lettre-de-cedric-herrou-au-procureur-de-nice-1086810.html

http://www.marianne.net/cedric-herrou-agriculteur-qui-aide-les-migrants-je-resterai-fidele-mes-convictions-100249395.html

http://www.20minutes.fr/nice/2000207-20170122-aide-migrants-aucune-poursuite-retenue-contre-militant-cedric-herrou

 

MEDIAPART : « Aide aux migrants : Cédric Herrou à nouveau interpellé, des journalistes entravés »

Posté : 22 janvier, 2017 @ 6:02 dans Medias : Articles presse Radios, Mineurs Isolés Etrangers, Réfugiés - Migrants, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

https://www.mediapart.fr/journal/france/210117/aide-aux-migrants-cedric-herrou-nouveau-interpelle-des-journalistes-entraves

Aide aux migrants : Cédric Herrou à nouveau interpellé,

des journalistes entravés

21 janvier 2017 Par Louise Fessard

Dans la vallée de la Roya (Alpes-Maritimes), les autorités accroissent la pression. Trois militants, dont l’agriculteur Cédric Herrou déjà poursuivi pour aide au séjour irrégulier, ont été placés en garde à vue, puis relâchés le 20 janvier. Une journaliste a également été placée en garde à vue, et un photographe mis à terre par des gendarmes, pour l’empêcher de documenter une perquisition chez l’agriculteur. 

ugé le 4 janvier 2016 pour aide à l’entrée, à la circulation et au séjour d’étrangers en situation irrégulière, l’agriculteur Cédric Herrou, 37 ans, avait revendiqué « une action politique ». Le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre avait requis huit mois avec sursis contre cette figure emblématique du combat des habitants de la vallée de la Roya (Alpes-Maritimes). Depuis le rétablissement des contrôles à la frontière franco-italienne en novembre 2016 à la suite des attentats de Paris, cette vallée est devenue un point de passage obligé pour les migrants souhaitant rejoindre la France. Toutes les nuits, de petits groupes partent de Vintimille par les voies de chemin de fer, les sentiers ou la départementale. La décision du tribunal sera connue le 10 février.  

En attendant, l’agriculteur de Breil-sur-Roya a été de nouveau interpellé le 19 janvier 2017 par des militaires d’une patrouille Sentinelle vers 1 heure du matin, sur un chemin près de Sospel. Placé en garde à vue dans les locaux de la brigade de recherche de la gendarmerie de Menton, Cédric Herrou a été libéré le 20 janvier au soir. Toutefois, a prévenu le procureur de Nice, l’enquête en flagrance « se poursuit malgré tout, notamment avec l’exploitation de la téléphonie ». Une enquête de ce type peut durer huit jours.

Message publié le 21 janvier par Cédric Herrou sur Facebook après sa sortie de garde à vue. Message publié le 21 janvier par Cédric Herrou sur Facebook après sa sortie de garde à vue.

Qu’est-il reproché à Cédric Herrou, qui en est à sa troisième interpellation ? Dans Nice Matin, le procureur de Nice a commenté en direct sa garde à vue : « Il était caché dans des buissons au moment de son interpellation. Il était en compagnie de plusieurs Érythréens en situation irrégulière. Il est en garde à vue pour, a minima, aide à la circulation d’étrangers en situation irrégulière. La compagnie de gendarmerie de Menton est chargée de l’enquête. L’audition de M. Herrou est en cours. » Dans Libération, le procureur précise : « Il tentait de faire passer, par des chemins détournés, le contrôle à trois personnes d’origine érythréenne. »

La version de Cédric Herrou, joint ce samedi, diffère sensiblement : « Mercredi soir, trois jeunes Érythréens et un Tchadien [tous quatre majeurs – ndlr] sont partis de chez moi vers 20 h 30, un peu avant le dernier train pour Nice. Ça m’a stressé de ne pas avoir de nouvelles. Avec Morgan [son frère ndlr] et Lucille [une bénévole – ndlr], nous avons essayé de longer les voies ferrées. Nous étions deux voitures et avons été contrôlés au point de passage autorisé à l’entrée de Sospel. Dans l’autre voiture, celle de mon frère, il y avait plusieurs sacs à dos. Un gendarme a dit à mon frère : “Profite de ta dernière bière.” Ce sont eux qui ont alerté les militaires sur les “agissements de la famille Herrou”. À Sospel, nous nous sommes arrêtés pour boire une bière. Hassan, le jeune Tchadien, a fini par rallumer son téléphone : “Je suis perdu, je suis sous un pont.” Nous avons compris, lors de la garde à vue, qu’ils avaient dû être bloqués par des travaux sur les voies. Je suis parti à pied sur la voie ferrée, je les ai trouvés et nous avons attendu près du cimetière de Sospel. Nous avons entendu du bruit, je me suis éloigné, j’ai vu les militaires interpeller les trois Érythréens puis ils m’ont chopé aussi. Ils nous auraient repérés avec des jumelles nocturnes. Je n’étais pas caché, je n’avais pas de voiture contrairement à ce que le procureur a affirmé. J’étais assis dans l’herbe et je regardais, car ça fait peur une dizaine de militaires qui courent avec leur arme. Hassan a été arrêté plus tard par la police aux frontières. »

Son avocat Zia Oloumi s’interroge sur les conditions de son interpellation par des militaires de la mission Sentinelle, ainsi que sur l’« intention véritable » de la perquisition de son domicile le 19 janvier. « Est-on dans du grand banditisme, de l’antiterrorisme ? Il y a une volonté d’impressionner avec un déploiement de force comme dans les cités. » Une trentaine de gendarmes « casqués, avec visière, gilet tactique multipoches, tonfa, lacrymo et pince-monseigneur », ont débarqué jeudi après-midi sur le terrain de l’agriculteur, selon le récit de Laurent Carré, photographe à Libération qui était présent. Laurent Carré a voulu photographier l’intervention et en a été physiquement empêché. D’abord par une clef de bras, puis par un plaquage au sol.

« “Le journaliste, tu le fais redescendre !” Ça doit être pour moi ça, relate-t-il dans Libération. Un gendarme vient à ma rencontre et me saisit le bras. J’essaye de faire des images, contestant tranquillement, quand un second m’attrape le bras gauche. Une subtile torsion arrière assez désagréable du bras plus tard, je me retrouve en bas sur ces sentiers escarpés. Mes deux cerbères me relâchent près du bas de la piste : “Voilà vous restez là, vous n’allez pas plus haut.” »

Entre-temps, les gendarmes interpellent Lucille, 25 ans, et Morgan, 31 ans, qui venaient de finir de déjeuner avec le photographe, ainsi que trois mineurs soudanais et tchadiens de 16 à 17 ans, Nasser, Moussa et Ali. Le photographe les voit redescendre. « Je fais des images des prévenus quand soudain j’entends : “Non, non, pas de photos”, hurle le gendarme en civil. Je proteste et déclenche. Subitement le gendarme casqué me fiche au sol. Je déclenche de nouveau et un second casque entre dans mon champ de vision. Les bras associés saisissent ma main et mon boîtier. Ses doigts parcourent les touches de mon appareil photo. »

Émile, un bénévole de 31 ans, était également présent : « Les gendarmes ont débarqué d’en haut et d’en bas en file indienne et cerné la maison en criant. Ils ont failli flinguer le chien. Ils ont ouvert les caravanes des trois mineurs en les braquant comme si c’était des terroristes. Ils sont rentrés, arme à feu à la main, dans la maison où une infirmière soignait un mineur. C’était complètement démesuré. Direct, ils ont tutoyé Lucille et Morgan. C’était très condescendant. »

Placée en garde à vue par la brigade de recherche de la gendarmerie de Menton comme le frère de Cédric Herrou, Lucille a exercé son droit au silence. « Les gendarmes m’ont arrêtée, car ils m’avaient vue dans la voiture avec Cédric mercredi soir, nous explique-t-elle. Ils trouvaient suspect que j’ai tant de sacs avec des vêtements dans le coffre et que Morgan ait beaucoup de sacs à dos. Ils m’ont demandé ce que je faisais à Sospel ce mercredi soir, de décrire ma journée, quel était mon parcours, pourquoi j’étais venue dans la vallée. »

« Un acharnement dangereux »

Quant aux trois mineurs non accompagnés, également interpellés par les gendarmes, ils étaient de retour chez Cédric Herrou ce samedi matin après avoir marché toute la nuit sur les voies ferrées venant d’Italie. L’agriculteur ne décolère pas. « Nous avions fait une requête de prise en charge éducative auprès du parquet de Nice et de l’aide sociale à l’enfance [ASE, gérée par le conseil départemental – ndlr] le 16 décembre 2016, dit Cédric Herrou. Et les gendarmes, au lieu de les prendre en charge, les ont renvoyés en Italie ! »

Selon la loi française, tout mineur non accompagné doit être pris en charge par la police et placé dans un foyer par l’aide sociale à l’enfance du département concerné. Mais la préfecture des Alpes-Maritimes prétexte du rétablissement des contrôles aux frontières pour leur refuser cette protection. L’argutie est la suivante : lorsque les mineurs sont contrôlés sur un des treize points de passage autorisés (PPA) des Alpes-Maritimes, comme la gare de Menton-Garavan ou celle de Sospel, ces étrangers sont considérés comme “non entrés” en France et donc “non admis”. Cédric Herrou estime qu’une quarantaine de mineurs étrangers non accompagnés sont actuellement bloqués dans la vallée, le parquet des mineurs de Nice et le département se renvoyant la balle.

Émile est lui aussi particulièrement choqué du traitement de ces adolescents ayant fui leur pays. « Nous nous attendions à une perquisition, comme à chaque fois que Cédric part en garde à vue. Nous leur avions dit : “Vous avez des droits, vous ne risquez rien, ne partez pas en courant.” Ces adolescents sont arrivés il y a deux mois épuisés, muets, ils commençaient à aller mieux, à rire, à se remettre à parler, et ils se font mettre en joue par des gendarmes surarmés qui les embarquent… C’est tout le travail de deux mois qui est mis en l’air ! »

Le 19 janvier, vers trois heures du matin, une journaliste du mensuel L’Âge de faire a également été interpellée un peu après Sospel alors qu’elle accompagnait sur la voie ferrée six adolescents érythréens pour un reportage. « Une quinzaine de militaires, de gendarmes et de policiers de la PAF embusqués dans chacune des voies nous sont tombés dessus un peu après un tunnel », décrit Lisa Giachino, jointe par téléphone. La journaliste a passé dix heures en garde à vue à la PAF de Menton, avant d’être libérée sans poursuite. « Elle n’était pas en possession d’une carte de presse, a justifié le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre dans Libération. Elle a été placée en garde à vue pour faire la démonstration qu’elle réalisait bien un reportage, et non une aide aux migrants. »

Directrice de la publication du mensuel, Lisa Giachino ne dispose en effet pas de carte de presse, mais là n’est pas la question, d’autant que la carte de presse ne fait pas le journaliste. « À aucun moment les gendarmes et policiers ne me l’ont demandée, dit-elle. Et les policiers et gendarmes n’ont jamais mis en doute le fait que j’étais journaliste. » À sa libération pour « infraction incaractérisée », les policiers ont toutefois laissé planer la menace : « Attention, si on vous reprend avec des migrants, on peut rouvrir l’enquête et vous poursuivre. » « Je leur ai répondu que je faisais mon travail et que je reviendrais sans doute en reportage sur les migrants, relate Lisa Giachino. Ils m’ont dit que quand on fait un reportage en vallée de la Roya, il faut une autorisation en préfecture ! »

À la gare de Menton après sa sortie de garde à vue vers 13 heures, la journaliste a vu la police placer dans un train vers l’Italie les six adolescents érythréens, dont au moins quatre mineurs, interpellés en même temps qu’elle. « Ils avaient été enregistrés comme mineurs à la police aux frontières et certains avaient fait une demande de prise en charge par l’ASE, remarque Lisa Giachino. Nous avons été arrêtés sur le sol français, pas sur un PPA, donc ces mineurs auraient dû être pris en charge.»

Dans un communiqué, l’association Roya citoyenne a dénoncé un « acharnement dangereux » du préfet des Alpes-Maritimes. C’est l’impression que donnent les autorités départementales, dont l’action répressive n’est pas forcément suivie par les juges du siège. Le tribunal correctionnel de Nice a ainsi relaxé, le 6 janvier 2017, un enseignant-chercheur qui avait convoyé des Érythréennes. Le procureur de la République de Nice a fait appel. Le même jour, quatre militants étaient interpellés et placés en garde à vue près de Sospel, accusés d’avoir aidé des migrants à contourner un contrôle de police. Poursuivis pour aide au séjour et à la circulation d’étrangers, ils sont convoqués le 16 mai 2017 devant le tribunal correctionnel de Nice.

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