ROYA CITOYENNE – Résistances en Roya

solidarité, renforcement du réseau social, réflexion sur des projets de société respectueux de l'humain et de la nature…

Archive pour la catégorie 'Messages'

SOLIDAIRES AVEC FELIX CROFT, au Tribunal d’IMPERIA 16/2/2017 12h30

Posté : 7 février, 2017 @ 7:06 dans Citoyens solidaires, Communiqué officiel, Messages, Soutien aux sans-papiers | 2 commentaires »

SOLIDAIRES AVEC FELIX CROFT !
Tous au tribunal d’ Imperia (Italie) le 16 février à 12h30

Citoyens solidaires du 06 – Comité de soutien aux citoyens solidaires des Alpes-Maritimes – Félix voulait sauver une famille, il ira à son procès le jeudi 16 février à 12h30 au Tribunal d’Imperia en Italie.
Comme les autres
il aura besoin de tout votre soutien.

Ecrit de Félix :
« Je viens d’une famille qui a migré dans son histoire, comme la plupart des êtres humains sur cette planète. Mon père est de nationalité américaine, d’origine écossaise ; ses aïeux fermiers ont émigré aux Etats-Unis au 18ème
siècle. Ma mère française est d’origine italienne, sa famille étant venueau début du 20ème siècle depuis le Piémont et la Toscane.
J’ai été élevé dans le respect de la mémoire de mes aïeux, des efforts qu’ils ont dû fournir pour construire une vie meilleure dans un pays qui n’était pas le leur. S’installer sur un territoire hostile à des milliers de kilomètres de l’Europe « civilisée » et devoir apprendre à vivre au contact de toutes ces cultures différentes ne devait pas être aisé. Tout aussi difficile que de débarquer dans le pays voisin avec une poignée d’argent et quelques meubles, fuyant un régime fascisant et une pauvreté grandissante. Ils ont dû prouver par leur travail et leur intégrité qu’ils méritaient une place dans leur nouvelle société, supportant tant bien que mal les préjugés, voire l’hostilité, des populations déjà établies sur le territoire. Ne partant de rien, ils ont fini par s’établir et enrichir leur pays d’accueil, c’est le but de tout migrant.
Par le biais d’amis à « Nuit Debout Nice » j’apprends qu’ils vont apporter de la nourriture aux migrants et réfugiés qui sont à Vintimille. C’est en discutant avec eux que j’apprends la situation révoltante dans laquelle se trouvaient des Sud-Soudanais, des Erythréens, des Syriens et même des Afghans. Des pays qui sont en tête de liste des endroits les plus dangereux de la planète!
Le maire de Vintimille venait d’éditer un arrêté municipal interdisant à quiconque d’apporter un quelconque soutien logistique aux personnes cherchant refuge en Europe (nourriture, eau, vêtements, couvertures, enseignements ou soins). La décision fût donc prise en coordination avec plusieurs associations françaises d’aller organiser un pique-nique de soutien avec les réfugiés pour réfléchir ensemble aux problèmes et aux solutions envisageables. Cette journée m’a permis d’appréhender une situation alarmante au sein-même du lieu de vie pourtant si idyllique que sont nos magnifiques côtes et nos montagnes.
Par la suite j’ai commencé à me déplacer quand je le pouvais à quelques kilomètres de chez moi pour aider les associations qui ont mis en place des centres d’accueil de fortune dans les églises de Vintimille. Eglise Catholique que je tiens à saluer ici, n’étant moi-même d’aucune confession, pour sa mobilisation sous l’impulsion du Pape François et sa défense inconditionnelle du droit d’asile et des droits fondamentaux de tout être humain.
J’ai observé des associations non-gouvernementales et des instances religieuses qui se sont senties le devoir de déployer une aide d’urgence dans nos pays dits « riches ». Cette urgence qui n’en est plus une puisque la situation stagne depuis des mois et empire même depuis que la France a décidé de fermer ses frontières en Mars 2016. La France (comme tant d’autres pays de l’Union) déroge à ses engagements vis-à-vis des accords européens d’accueil des réfugiés signés en Septembre 2015. Elle semble suivre ainsi la ligne de conduite protectionniste de certains pays d’Europe de l’Est notamment la Hongrie. C’est une attitude dangereuse à mes yeux, qui attise la peur et provoque le rejet de l’autre, créant par là un climat
xénophobe.
En Mai 2016 je me suis rendu à Grande Synthe, près de Dunkerque dans le nord de la France avec une amie parisienne pour être bénévole dans le camp de réfugiés de l’association Utopia56.
C’est là que j’ai appris la différence entre « migrant » et « réfugié ». Ce
dernier, selon la définition de l’article 1(A)(2) de la Convention de Genève, est une personne « Qui craignant avec raison d’être persécutée du
fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays (…)« .
Quand le migrant cherche à améliorer son avenir et celui de ses enfants ou à fuir un changement politique à venir, le réfugié a quitté contre son gré une situation parfois très confortable pour sauver sa vie et celle de sa
famille, s’il lui en restait une.
A Grande Synthe le camp était composé à 90% de réfugiés Kurdes venant des quatre différents pays qui divisent le Kurdistan: l’Irak, l’Iran, la Syrie et la Turquie. Ils parlaient quatre langues différentes mais partagaient les mêmes cuisines, le même préau, la même tente à thé et les mêmes incertitudes. Toutes les classes sociales s’y trouvaient représentées, du médecin au fermier, les mécaniciens, les infirmiers… Tous avaient des histoires différentes mais un fil conducteur les reliait : la violence, la mort et la perte d’êtres chers. Et tous n’avaient qu’un seul but : trouver un sol hospitalier où s’installer pour panser les blessures de leur corps et de leur âme et reconstruire leur vie perdue en espérant, mais sans trop y croire, un jour retourner dans leur pays d’origine pour le reconstruire lui aussi.
Pendant l’été, je me rendais quand je le pouvais au camp dit « informel » de la Croix Rouge italienne à Vintimille, c’était somme toute un quai de gare désaffecté accolé au camp officiel très largement débordé par le millier de réfugiés qui transitaient en permanence sur la frontière. Je dis bien « en transit » et non pas « bloqués », car si j’ai appris quelque chose à Dunkerque c’est que là où il y a du désespoir, il y a des gens pour
en tirer profit. Les réseaux criminels organisent depuis déjà longtemps le passage de la frontière, les tarifs varient entre 100 et 150 euros (à l’époque) et les victimes sont parfois abandonnées sur l’autoroute, voire même un peu plus loin dans Vintimille !
Certains Soudanais parlent couramment l’anglais et j’engageais la conversation avec eux, les classiques… « D’où viens-tu? » « Où vas-tu? » « Pourquoi? Tu as de la famille là-bas? »
Parfois on aborde des sujets moins classiques, « Tu as perdu quelqu’un? » « Ton voyage a duré longtemps? » « Comment tu as fait? »
Des dizaines d’histoires, toutes différentes mais tellement similaires dans les épreuves parcourues. Depuis la fuite d’un pays en guerre ou d’une dictature meurtrière, le danger et la fatigue de la route en essayant de ne pas tomber dans les griffes des réseaux de traite, sans oublier les trop funestes traversées de la Méditerranée. Ou encore les traitements inhumains subis en Lybie où ils sont exploités ou torturés, en Turquie où on les enferme dans des camps où ils servent de moyen de pression politique et économique sur l’Europe… Jusqu’à une attente interminable devant les frontières d’un pays qui a de tout temps défendu le droit d’asile.
Le 22 juillet, en discutant avec les réfugiés et les bénévoles au camp informel, j’apprends l’existence d’une famille de 5 Soudanais qui vivent dans une église et qui ne viennent pas jusqu’au camp. Avec ma copine nous décidons d’aller voir si on peut leur apporter quoi que ce soit. Arrivés à la petite église nous rencontrons trois jeunes gens d’environ 20-25 ans dont un couple avec deux enfants de 5 et 2 ans, tous originaires du Sud-Soudan, une région appelée le Darfour. La mère qui parle particulièrement bien anglais raconte à ma copine (qui vient là en tant que
psychologue) leur histoire violente et marquante, comme j’en ai déjà trop entendues et dont vous me permettrez d’en taire les détails sordides.
Ils étaient incapables de marcher avec leurs enfants sur l’autoroute où ils risquent la mort à chaque minute. Sur la voie ferrée, les piétons sont souvent pourchassés par les brigades cynophiles de la Police Aux Frontières. Ils n’avaient absolument pas l’argent pour payer les passeurs afin de retrouver des parents en Allemagne. Pour des raisons évidentes de confort les personnes qui voyagent à pied ou en train préfèrent passer par la France plutôt que par la Suisse… À plusieurs reprises la femme me demande de les emmener avec moi et quand elle me montre les blessures de son petit de 5 ans (brûlé sur tout le flan droit par l’incendie de sa cabane lors du massacre dans leur village) il ne m’apparait qu’une chose à faire.
La suite on a pu la lire dans les journaux italiens ou sur la toile, je me suis fait arrêter au péage de l’autoroute, les « migrants » on été récupérés par la CARITAS (le secours catholique italien) et le procureur italien a décidé de me juger comme ceux-là même qui s’enrichissent sur la misère… Après trois jours de prison, le juge a décidé de ma mise en liberté provisoire en attendant l’audience au 16 Février.
D’après la loi italienne en vigueur j’encours entre 5 à 15 ans de prison et 15.000€ d’amende par personne transportée…
Sous prétexte qu’ils étaient
5 et qu’il y avait deux Opinels dans la voiture (et un morceau de lonzo Corse ? )
Ces deux faits comptent comme des circonstances aggravantes, au
même titre dans la loi italienne que de transporter des personnes au péril de leurs vies ou dans des conditions inhumaines.
Rien n’a changé depuis à Vintimille, ça a même empiré! La police organise de véritables rafles dans les rues et achemine des centaines de réfugiés dans les Centres d’Identification et Expulsion (CIE) au Sud du pays, 2 à 3
bus pleins chaque jour!
J’assume entièrement mes actes à Vintimille, avec la certitude d’agir dans le cadre d’une des plus anciennes conventions internationales encore en vigueur :
Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 :
Article 13 : 1) Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État. 2) Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.
Article 14 : 1) Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays.

Je m’appuie également sur quelque chose de moins juridique, une conviction
personnelle. La conviction que l’Europe est à nouveau à l’aube d’une période clé de son histoire et les répercussions de la façon qu’elle aura de gérer l’afflux de ces migrants et réfugiés seront quoi qu’il arrive très importantes. La « crise migratoire » qui dure depuis 2015 est la plus importante que l’Union Européenne ait connue depuis sa création, il est évident que les solutions sont à créer et je crois que mon devoir en tant que citoyen est d’apporter une aide et un soutien à ceux qui attendent que l’on décide en hauts-lieux d’une issue favorable à cette crise.

Félix CROFT

Félix se tient à disposition des médias.
Contacter :  medias.csolidaires06@gmail.com

Sauver une vie, c’est désormais un crime

Posté : 21 août, 2016 @ 8:32 dans Accueil, archives, Messages, Pétitions | Pas de commentaires »

Manuel Blanco, Enrique Rodriguez et Julio Latorre sont trois sapeurs-pompiers espagnols. En décembre dernier, ils ont décidé de devenir volontaires pour l’ONG “PROEMAID” (Aide d’Urgence Professionnelle) qui opère en Grèce, sur l’île de Lesbos. Leur but est de mettre à profit leur expérience de sauveteurs pour une cause admirable : sauver des vies de la noyade. Celles d’enfants, de femmes et d’hommes tentant d’échapper à la guerre et à la pauvreté.

Ils encourent aujourd’hui jusqu’à dix ans de prison.

Ces hommes ont mis leur vie en péril pour  aider des milliers de personnes, or le gouvernement grec considère que ces missions de sauvetage relèvent du trafic d’êtres humains.
La loi autorisant l’arrestation de Julio, Manuel et Enrique pour trafic d’êtres humains est en train d’être révisée par la Commission européenne en ce moment même. C’est notre chance de nous faire entendre.
Signez la pétition !

https://act.wemove.eu/campaigns/benevoles-pas-criminels

 

INFO IMPORTANTE

Posté : 17 août, 2016 @ 8:28 dans archives, Infos, videos, documentaires..., Messages, Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires »

Un journaliste « libre et indépendant », Alexis Kraland, publie sur sa page Facebook un compte rendu étayé par des vidéos des derniers événements MIGRANTS / FRONTIERE VINTIMILLE – MENTON

et sur une page facebook Street politics :
Voici l’article tel qu’il est publié sur les pages Fbk du journaliste (en revanche on ne le trouve pas sur son blog) en copié-collé pour plus de facilité de lecture,
et vidéos en citation par rapport à chaque événement à la fin de l’article.
J’ai surligné en gras ce qui me paraissait particulièrement important.

No Borders : la lutte continue près de Vintimille

Depuis l’année dernière, la frontière franco-italienne est fermée aux migrants. Le flux de nouveaux arrivants passés par la Méditerranée continue pourtant d’arriver depuis le Sud de l’Italie avant d’être freiné par la police à Vintimille.

En un an, il a plus que doublé si l’on se base sur le nombre de migrants hébergés par la Croix-Rouge : jusqu’à 700, tandis que le camp fermé en mai dernier, près de la gare, accueillait quelques centaines de personnes. Reportage dans la zone frontalière, entre les migrants, la police et les No Borders.

« Le passage de la frontière franco-italienne est de plus en plus dur et la solidarité avec les réfugiés toujours plus criminalisée » ont cependant déclaré les collectifs, associations et individus réunis à l’occasion du congrès du Forum Civique Européen à Forcalquier.

En même temps, la militarisation de la zone frontalière s’est accentuée avec l’état d’urgence déclaré en France et dans la commune de Vintimille en juin 2015. Des militaires patrouillent désormais dans les rues de Menton, dans les gares de Vintimille ou encore de Sospel. A Breil-sur-Roya, les militaires repèrent les non-blancs suspectés d’entrée irrégulière avant de les remettre à la police témoigne Amélie, militante toulousaine. Côté italien, ce sont des chasseurs alpins, sans fusils, tandis que les militaires français arborent le Famas.

Ici comme à Paris, les migrants dorment sous les ponts ou dans des camps informels éloignés du regard des touristes. Sur les bords de la Roya, des migrants endormis et enveloppés dans leurs sacs de couchage ressemblent de loin à des cadavres abandonnés.

Face à la hausse du nombre de migrants et à la saturation du camp de la Croix-Rouge, une cinquantaine de femmes et d’enfants ont néanmoins pu trouver refuge dans dans une église où l’association Caritas, l’équivalent du Secours Catholique, apporte son aide. Cette aide n’est cependant pas généralisée et cause des tensions entre les migrants de différentes nationalités et différentes religions.

Posté devant l’église, Claudio, un militant qui a passé 3 semaines de suite dans la zone frontalière, m’explique que les soudanais musulmans regardent de loin les erythréens catholiques aidés par l’Eglise. En effet, ceux que je rencontre ici ne peuvent même pas obtenir ne serait-ce que l’attention des bénévoles de l’association catholique.

A près d’un kilomètre, au camp de la Croix-Rouge, les migrants se plaignent d’une nourriture de mauvaise qualité, quand il y en a. Mohammed, un soudanais qui a la quarantaine, en a marre de manger tous les jours des spaghettis. Il n’est pas venu en Europe pour ça me dit-il d’un air dépité.
La police italienne patrouille régulièrement le long des trajets utilisés par les migrants, mais aussi à l’entrée et à l’intérieur du camp. Les migrants sont parqués là tandis que les camps de bric et de broc sont rapidement expulsés. Les informations juridiques dont ils ont besoin ne sont que peu disponibles : il faut faire la queue pour en obtenir quelques unes auprès de volontaires débordés.

Le camp est situé au nord de Vintimille, pas loin d’un vieux bâtiment abandonné, sous un échangeur d’autoroute. Pour rejoindre la ville à pied, il faut longer des routes sur 2 kilomètres, sous le cagnard, sans être à l’abri d’un chauffard car il n’y a pas de trottoir le long des routes. Les activistes qui suivent la situation dénoncent également des manquements de Caritas concernant les questions sanitaires à l’Église. Le nombre de lits disponibles au camp institutionnel force de nombreuses personnes à dormir par terre selon Ibra, un soudanais d’une vingtaine d’année qui a quitté ce camp.
Face à la condition à laquelle les autorités les réduisent, les migrants sont partis en manifestation à près de 400 le 4 juillet, en direction de la frontière. La police italienne les a bloqués et a chargé plusieurs fois.

Le 5 août, près de 200 migrants ont rejoint la zone frontalière à Balzi Rossi, sur les lieux du camp autogéré de l’année passée, après un passage discret par les rails qui longent la côte. Arrivés à 3h du matin à quelques centaines du Pont Saint-Ludovic, ils ont décidé de ne pas forcer un passage faiblement défendu par la police française et italienne.

Contrairement à ce qu’indique la presse italienne, cette action n’était pas organisée par les No Borders. J’étais le seul blanc présent dans la foule de soudanais qui quittait Vintimille, et les militants étaient à la ramasse, seulement là pour apporter de l’eau à l’arrivée, et pour se faire arrêter.

Sur les lieux de l’ancien « presidio » No Border, la police a encerclé les migrants et les soutiens dans la matinée, afin de les empêcher de partir, pour les affamer et les assoiffer. Dans l’après-midi, autour de 18h30, la police a chargé la foule car des militants sortaient un sac de bouteilles d’eau d’une voiture rapporte François, militant italien.

C’est ce moment que des migrants ont pu prendre la direction de la France. La gendarmerie française a tenté de stopper le passage et a tiré des grenades de gaz lacrymogène, sans succès, mais une chasse à l’homme a eu lieu jusqu’à Nice. La plupart des migrants arrêtés ont été ramenés en Italie et déportés, mais « certains ont pu passer entre les mailles du filet » raconte Nicolas, un militant français.

Pour avoir apporté de l’eau aux migrants massés au soleil, 2 militants ont reçu des restrictions administrative de territoire : interdiction de se rendre dans les 16 communes de la province de Vintimille en tant qu’italien, et interdiction de territoire italien pour 5 ans en tant qu’étrangers. La répression à l’égard des soutiens vise à briser la solidarité avec les migrants mais également entre les soutiens de différentes nationalités.

Durant les opérations de police, la presse a été muselée : des journalistes de France 3 et des indépendants molestés du côté français comme du côté italien. Les “digos” m’ont dit de me tenir tranquille avec la presse italienne mise au pas, et de ne pas filmer du côté des manifestants, mais à dix mètres derrière les lignes de police anti-émeute. “Si t’es un journaliste, tu fais comme les journalistes italiens, sinon t’es pas un journaliste” me dit l’un des digos. L’autre y va plus franco : “rentre dans ton pays”.

Le 6 août, les policiers italiens ont bloqué les militants qui voulaient parler aux migrants du camp de la Croix-Rouge, avant de tirer des grenades de gaz lacrymogène. J’étais posté en face sur la colline. Les militants ont traversé le pont en fuyant la police qui les a chargé par derrière, les véhicules arrivant en trombe. Un homme tombe à terre. Les militants courent vers la route qui mène au camping. Un petit groupe, resté en retrait, construit des barricades, mais des voitures arrivent pile à ce moment pour emporter les fuyards. Les barricades sont mises de côté.

Pour les militants, c’est la panique: que la personne en réanimation soit d’un côté ou de l’autre, la situation devient grave. C’est par mes images qu’ils apprennent finalement qu’il s’agit d’un policier. La confirmation dans la soirée sème le désordre dans le camping plongé dans la nuit.

Plus tard, dans une conférence de presse, les militants ont tenu à défendre l’absence de lien entre leurs actions et le décès du fonctionnaire. « Vu l’endroit où il est tombé, cela n’a rien à voir avec nous » réfute Marie, militante française qui était sur place.

13 militants ont été arrêtés ce jour-là et 11 ont eu une interdiction de territoire : la plupart pour 3 ans et 16 communes. Deux d’entre eux, Alessia et Beppe, ont fait 2 jours de prison et attendent un éventuel procès pour résistance et blessure sur les policiers. Au total, près d’une quarantaine de militants ont été interdits de territoire en une semaine.

Le lendemain, le 7 août, une centaine de personne se réunissent pour manifester contre les frontières. La police italienne bloque l’accès vers le centre-ville de Vintimille. Les manifestants se sont ensuite dirigés vers la plage afin de s’y disperser. Ils auront été accompagnés par un hélicoptère de la police qui surveillait la manifestation et les migrants du camp de la Croix-Rouge, sans doute afin d’éviter une convergence des deux forces.

Souvent, une alerte retentit dans le camping : la police locale, les « digos », la police politique, la police forestière ou encore un hélicoptère viennent faire un tour près de la base militante situé dans la commune de Ciaixe, perché sur une colline au nord de Vintimille. Ils sont rapidement reconduits, parfois après avoir pris en photo les plaques d’immatriculation des véhicules présents.

Le 11 août, la police italienne est venue en nombre au local Freespot dans la commune de Camporosso, afin d’expulser l’association au nom de problèmes d’hygiène et de sécurité et ce malgré la tentative de médiation du propriétaire et de l’avocat de l’association qui vient en aide aux migrants.

“Une première perquisition avait déjà eu un résultat négatif, obligeant évidemment les institutions à reformuler l’ampleur des accusations : il y a deux jours ils cherchaient des armes, aujourd’hui ils se contentent de matelas et draps. En quelques mois, c’est la deuxième fois que l’association est expulsée des locaux loués régulièrement avec des prétextes infondés” rapporte Teresa Maffeis, de l’Association pour la Démocratie à Nice.

Le 6 août, une perquisition avait déjà eu lieu sans mandat afin de chercher des armes sous couvert de législation antiterroriste. Aucune arme n’avait été trouvée, mais un gramme de cannabis avait été saisi.

Dans la presse locale, le « No Border » fait l’objet d’une « analyse politique » par les services de renseignements transalpins : ils seraient comme « les brigades rouges, sans le marxisme » et « plus organisés que les zadistes ». Etant donné qu’ils ne versent ni dans la lutte armée, ni dans l’occupation pérenne de territoires, la comparaison semble hasardeuse, ou plus probablement destinée à légitimer la criminalisation des soutiens des migrants auprès de la population. Le préfet d’Imperia a quant à lui évoqué un “blitz” quand les migrants ont décidé de rejoindre la frontière le 5 août au matin.

Réunis en assemblée, les militants ont décidé de poursuivre leurs actions dans la zone frontalière tandis qu’une « opération de décompression », euphémisme pour la déportation, devrait avoir lieu selon Franco Gabrielli, directeur général de la police italienne. Le “transfert” a déjà commencé vers le Sud de l’Italie. Mais certains migrants ont choisi de monter la colline, et de rejoindre leurs soutiens, perchés au-dessus de Vintimille, en quête d’un chemin vers un avenir meilleur.

Les évènements cités par ordre chronologique :

4 juillet https://www.youtube.com/watch?v=RVvCGKVQnKo


5 août https://www.youtube.com/watch?v=xtZci9vqiYs


6 août https://www.youtube.com/watch?v=2gRMwMwwTmA


7 août https://www.youtube.com/watch?v=4J677dUm3bU

de SAUVONS la ROYA

Posté : 4 août, 2016 @ 3:43 dans Accueil, archives, Infos, videos, documentaires..., Messages | Pas de commentaires »

Vendredi 5 août 2016

9h30 : Promenade sur les traces des routes du sel (rdv à la Chapelle de Notre-Dame de la Visitation à Vievola). Repas partagé.

15h : Contes et rencontres. Pastoralisme et nomadisme par les bergères et bergers des montagnes. A Vievola (voir les indications sur place).

18h30 : Les routes du sel et la Vallée des Merveilles. Regards anthropologiques.

20h30 : Grand dîner convivial. Apportez vos spécialités.

suivi de Contes et légendes d’ici et d’ailleurs

Ruraux sans frontières Lire la suite

Cinéma Monastère de Saorge et MUSEA à Breil

Posté : 31 juillet, 2016 @ 7:31 dans archives, Infos, videos, documentaires..., Messages | Pas de commentaires »

- Programme cinéma plein air au monastère de Saorge, gratuit, du 4 au 7 août,
avec en particulier DIMANCHE 7 AOUT 21H30
le film « DEMAIN »
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=229903.html

L ‘affiche est ICI


et

-à Breil le programme  des  MUSEA (expos, poésie…) du 1er au 20 AOUT :

http://www.les-musea.com/programme.htm

avec en particulier, MARDI 2 AOUT 20 H à la Cà de Breï
une conférence « Salaire à vie » de Bernard FRIOT, sociologue et économiste,
qui a beaucoup travaillé sur le revenu de base :
https://www.youtube.com/watch?v=cjL1MuE5wpI
http://www.reseau-salariat.info/95e7b083bcda9480771d15d5e39a1641

Dans la vallée de la Roya : solidarité avec les réfugiés.

Posté : 28 juin, 2016 @ 7:47 dans archives, Infos, videos, documentaires..., Messages, Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires »

Reçu de La Ligue des Droits de l’Homme – Nice :

 

Un très intéressant article paru dans le quotidien « L’Humanité »  : [ ICI ]

 

Ligue des droits de l’Homme
Section de Nice

courrier : Maison des associations 12, ter Pl Garibaldi 06300 Nice

 

Si le gouvernement persiste, la LDH appellera à manifester le 23 juin aux côtés des organisations syndicales pour la défense des libertés publiques

Posté : 21 juin, 2016 @ 9:17 dans archives, Messages | Pas de commentaires »

Message reçu de Ligue des Droits de l’Homme – Nice :

 

Communiqué LDH

La menace du gouvernement d’interdire la manifestation organisée par plusieurs syndicats le 23 juin constitue une atteinte aux libertés publiques inacceptable.

Les organisations syndicales ne sont pas susceptibles de créer un trouble à l’ordre public. Croire, dès lors, que le gouvernement ne serait pas en mesure de faire face à d’éventuels perturbateurs relève de l’alibi.

Le droit de manifester est une liberté publique essentielle, et la restreindre en même temps que le gouvernement a empêché le débat parlementaire d’aller jusqu’au bout et se prépare à recommencer, revient à porter directement atteinte à la vie démocratique de ce pays.

Si le gouvernement persiste dans ses intentions, la LDH appellera à soutenir l’action des organisations syndicales au nom de la défense des libertés publiques.

Paris, le 21 juin 2016

 

Ligue des droits de l’Homme
Section de Nice

courrier : Maison des associations 12, ter Pl Garibaldi 06300 Nice

Accompagnement MIE

Posté : 19 juin, 2016 @ 4:10 dans archives, Infos, videos, documentaires..., Messages, Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires »

Transmis par Amnesty

Voilà la lettre à imprimer pour toute personne souhaitant aider un mineur isolé en danger. ( La lettre ici )

Amicalement
Martine


« Vos signatures ont du pouvoir »Amnesty.

George Bernard Shaw : «  Certains voient les choses comme elles sont et disent : pourquoi ?, moi je rêve de choses qui n’ont jamais été et je dis : pourquoi pas ? »

Bertolt Brecht : « Si tu ne participes pas à la lutte, tu participeras à la défaite. »


 

Governo Italiano : Solidarietà ad Ospiti in Arrivo: arrestateci tutti!

Posté : 18 juin, 2016 @ 9:19 dans archives, Messages, Non classé, Pétitions, Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires »

 Bonjour, Je viens de signer la pétition « Governo Italiano : Solidarietà ad Ospiti in Arrivo: arrestateci tutti! » et je souhaitais savoir si vous voudriez nous aider en ajoutant votre signature.

Notre objectif est d’atteindre 5 000 signatures et nous avons besoin de plus de soutiens. Pour en savoir plus et pour signer, c’est ici:

https://www.change.org/p/governo-italiano-solidariet%C3%A0-ad-ospiti-in-arrivo-arrestateci-tutti?recruiter=187305271&utm_source=share_petition&utm_medium=email&utm_campaign=share_email_responsive

 

Le visage inhumain de l’Europe

Posté : 11 juin, 2016 @ 8:30 dans archives, Messages, Mobilisation, Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires »

Voici, transmis ce jour, 10 juin 2016, par Mika Leandro – WeMove.EU <info@wemove.eu>

le texte suivant :

Bonjour,

La semaine dernière, sur l’île grecque de Lesbos, la police a formé une chaîne humaine pour empêcher sept bénévoles d’offrir une aide d’urgence aux réfugiés tout juste débarqués. L’un d’entre eux rapporte qu’un bébé était totalement silencieux, et que lorsqu’un médecin de l’équipe a demandé à l’examiner, les policiers ont refusé en déclarant : « Ce sont des prisonniers ». 
 
Voilà le visage inhumain de l’Europe – une Europe où celles et ceux qui veulent vivre en sécurité sont des criminels, tout comme les bénévoles qui leur offrent l’aide d’urgence dont ils ont besoin. Certains sont même accusés de trafic d’êtres humains. [1]
 
La Commission européenne travaille sur cette problématique en ce moment même. Et nous allons demander un rendez-vous avec le Commissaire chargé de cette question, Dimitris Avramopoulos, afin d’exiger que les humanitaires et les migrants ne soient plus considérés comme des hors-la-loi. Plus de 50 000 de nos membres se sont déjà mobilisés, mais plus nous serons nombreux, plus il lui sera difficile de refuser de nous rencontrer. 
 
 
Nos dirigeants font passer une question humanitaire pour un problème de sécurité. À tel point que même des volontaires qui proposent d’aider les migrants et les réfugiés sont considérés comme des « trafiquants d’êtres humains », au même titre que ceux qui s’enrichissent sur le désespoir des gens.
 
Comme l’a dit avec tant d’éloquence Médecins sans Frontières en acceptant le prix Nobel de la Paix, « L’humanitaire n’est qu’une réponse des citoyens aux manquements des politiques, une action immédiate, à court terme, qui ne peut faire oublier la responsabilité politique des États. » [2] Les migrants qui arrivent en Europe ont souvent besoin d’aide, et seuls les bénévoles sont là pour la leur offrir. Les bénévoles eux aussi ont besoin de notre solidarité afin que leur acte de générosité ne soit pas puni. 
 
Les Européens doivent pouvoir répondre aux échecs des politiques sur le continent sans être inquiétés. Et nous pouvons y arriver. Faire en sorte que les bénévoles puissent offrir des vêtements secs à ceux qui en ont besoin sans craindre d’être arrêtés ou condamnés à une amende. Que les médecins puissent examiner les nourrissons sans que la police ne leur barre la route.
 
 
Nous pouvons montrer que nos responsables refusent de reconnaître leur responsabilité politique. Nous pouvons montrer qu’une autre Europe – une meilleure Europe – est en vie.
 
Tous ensemble, nous changerons les choses !
 
Mika (Bordeaux), Olga (Bologne), Jörg (Hambourg), et toute l’équipe WeMove.EU
  

WeMove.EU est un mouvement ouvert à toutes celles et ceux militant pour une meilleure Union européenne, attachée à la justice sociale et économique, à la gestion durable de l’environnement, et à l’implication des citoyens dans les processus démocratiques. Pour se désinscrire cliquez ici

 

123
 

collectivités territoriales... |
l'agenda de la section |
Europe Ecologie - Canton Sa... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | aidedeveloppementafrique
| rouletabille
| Quand la vérité blesse