ROYA CITOYENNE – Résistances en Roya

solidarité, renforcement du réseau social, réflexion sur des projets de société respectueux de l'humain et de la nature…

Archive pour la catégorie 'Réfugiés – Migrants'

Un film à visionner absolument, ici : « Exode »

Posté : 28 février, 2017 @ 2:07 dans Medias : Articles presse Radios, Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires »

Cliquez sur ce lien : https://www.change.org/p/d%C3%A9claration-d-aide-aux-r%C3%A9fugi%C3%A9s

puis tapez le mot de passe « exode« .

Ce film a été fait avec les images prises depuis des smartphones donnés à des réfugiés, qui peuvent ainsi témoigner directement de leur terrible périple.

Lettre Service des relations internationales PCF- février 2017 « Migrants : Liberté Egalité Fraternité

Posté : 28 février, 2017 @ 1:03 dans Citoyens solidaires, Réfugiés - Migrants, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

Document très argumenté en téléchargement : fichier pdf web 8p LRI Speěciale Migrant – feěvrier 2017

Textes de soutien lors de la mobilisation du 10/2/17 : Didier Fassin, Eric Fassin, François-Xavier Asso…

Posté : 22 février, 2017 @ 5:19 dans Mobilisation, Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires »

http://www.liberation.fr/debats/2017/02/10/la-justice-contre-les-justes_1547591

Il y a quelques semaines, un ami qui est professeur de droit dans une grande université des Etats-Unis me raconta une anecdote tout à fait remarquable. Alors que, lors d’une réunion scientifique, il évoquait l’histoire de sa famille avec un collègue, tous deux se rendirent compte que le père du premier et la mère du second, l’un et l’autre juifs, devaient à l’engagement courageux du même homme, Aristides de Sousa Mendes, d’avoir pu échapper à la répression du régime nazi.

En effet,  au mois de juin 1940, alors que des dizaines de milliers de réfugiés fuyant l’arrivée de l’armée allemande se pressaient vers le Sud-Ouest pour tenter de passer en Espagne et rejoindre Lisbonne dans l’espoir de s’embarquer vers les Etats-Unis, Aristides de Sousa Mendes, Consul du Portugal à Bordeaux, émit quantité de visas, malgré l’interdiction du gouvernement du général Salazar. On estime à 30 000 le nombre de personnes auxquelles il permit de quitter la France, parmi lesquels 10 000 juifs, et ce alors même que le dictateur portugais l’avait démis de ses fonctions et placé sous surveillance avec une obligation de rapatriement. Sur le chemin du retour vers son pays, il aida encore plusieurs dizaines de réfugiés, que les douaniers espagnols venaient de refouler, à passer la frontière près d’Hendaye en usant de son autorité diplomatique.

Rentré au Portugal, il fut jugé pour avoir désobéi aux ordres de son gouvernement. Pour sa défense, il déclara: “C’était en effet mon but de sauver tous ces gens dont les souffrances étaient indescriptibles… Je ne pouvais pas les différencier car j’obéissais à une injonction humanitaire qui ne fait de distinction ni de race ni de nationalité.” Il fut condamné et destitué. Sa famille tomba en disgrâce. Aristides de Sousa Mendes mourut en 1954 dans la pauvreté et le déshonneur. Douze ans plus tard, le Mémorial Yad Vashem le reconnut comme “Juste parmi les nations”, mais il fallut encore plus d’une décennie pour que la République portugaise le réhabilitât, annulant toutes les charges qui avaient pesé sur lui. En 1995, une semaine d’hommage lui fut consacrée par son pays et le président Mario Soares déclara qu’il était “le plus grand héros portugais du vingtième siècle”.

Les parallèles historiques sont souvent approximatifs et je ne me hasarderai à comparer ni la France contemporaine avec la France défaite de 1940, ni le régime d’Antonio de Oliveira Salazar avec le pouvoir de François Hollande, ni les hauts-faits d’Aristides de Sousa Mendes avec les actes généreux de Cédric Herrou. Mais c’est pourtant au nom des mêmes valeurs d’entraide et d’une certaine conception de l’humanité que le consul portugais et l’agriculteur français ont fait acte de désobéissance civile, qu’ils ont permis à des réfugiés et des émigrés de traverser des frontières de manière illégale mais sûre, et qu’ils leur ont donné la chance de trouver un refuge sur des terres plus hospitalières. Et c’est malheureusement avec la même vision étroite de la loi, la même priorité donnée à la répression sur la compassion, le même acharnement à punir ce qui devrait être célébré que la justice de Lisbonne en 1941 et le parquet de Nice en 2017 ont poursuivi les deux hommes.

Quelque soit la décision du tribunal – et l’on peut encore espérer qu’il prononcera un acquittement – il est clair que l’incrimination de Cédric Herrou procède avant tout d’une intention dissuasive. Il s’agit de décourager celles et ceux qui voudraient aider des personnes qui ont le plus souvent fui la misère et la guerre. Hier comme aujourd’hui, l’État réprime le délit de solidarité. Mais il est des moments où la désobéissance civile est la seule voie pour des hommes et des femmes d’honneur. C’est le cas lorsque l’existence d’autres êtres humains est en jeu. Les deux universitaires qui découvraient la commune histoire de leurs parents en étaient, littéralement, la preuve vivante.

Didier Fassin
 Professor of Social Science, Institute for Advanced Study, Einstein Drive, Princeton, NJ 08540 USA

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https://blogs.mediapart.fr/eric-fassin/blog/100217/pour-cedric-herrou-hommage

Aux êtres véritablement humains la France reconnaissante

Cédric Herrou a été jugé pour l’exemple – pour décourager celles et ceux qui continuent de se mobiliser pour les droits humains, dans la vallée de la Roya, à Calais et partout en France. Or Cédric Herrou aura été exemplaire – au point d’encourager celles et ceux qui refusent de se démobiliser, dans la vallée de la Roya, à Calais et partout en France. C’est un exemple de responsabilité, face à des responsables irresponsables. C’est un exemple d’humanité, contre l’inhumanité des pouvoirs publics. C’est un exemple de solidarité, dans un pays où la solidarité reste un délit.

C’est aussi un exemple, parce qu’il nous aide à penser politiquement contre la dérive politique qui nous menace. À ceux (qu’ils s’en vantent ou pas) qui préfèrent leur famille à leurs voisins, et leurs voisins aux étrangers, sa mère a magnifiquement répondu : « Pour que vous compreniez… nous avons été “famille d’accueil” pendant 25 ans. Alors quand Cédric vous dit que ces enfants qu’il voit sur nos chemins et nos routes de la Roya, ce sont ses frères et ses sœurs, il ne vous ment pas. »

Cédric Herrou rappelle à l’ordre les pouvoirs publics qui n’invoquent la loi que pour faire oublier qu’ils ne la respectent pas. Et à nous toutes et tous, il rappelle, coûte que coûte, que nous ne sommes pas condamnés, même au risque d’une condamnation judiciaire,  à accepter l’inacceptable, à nous résigner à la France telle qu’elle va, c’est-à-dire bien mal. Pour ce double rappel, comme nous tous, et au nom de nous tous, je lui dis ma, notre gratitude.

Aujourd’hui, un jugement est rendu à Nice. Mais ce qui restera, au tribunal de l’histoire, c’est le témoignage exemplaire d’un homme qui a fait preuve d’humanité en se battant pour les droits humains ; tandis que ceux qui traitent les migrants comme des déchets finiront dans les poubelles de notre histoire nationale. Voilà à qui nous avons affaire, pour le meilleur, avec Cédric Herrou, ou pour le pire, avec ceux qui le persécutent.

Éric Fassin
sociologue, professeur à l’université Paris-8 Vincennes – Saint-Denis

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PRISE DE PAROLE du prêtre François-Xavier ASSO (Tende)

Vendredi 10 février 2017

Nous avons le devoir de désobéir aux lois injustes, inhumaines, comme cela se fait actuellement aux États-Unis, par un vaste mouvement de contestation contre les décrets arbitraires de Donald TRUMP, tout comme l’ont fait dans les années 65 Rosa PARKS, le Pasteur Martin Luther KING et tant d’autres…

Nous, Rotubiens (= habitants de la Roya selon la racine latine), nous nous insurgeons contre la déshumanisation des rapports humains.

Nous, Rotubiens, nous rappelons à nos élus municipaux, départementaux, régionaux, députés que nous ne les avons pas élus pour exercer de la répression… mais bien pour faciliter le vivre-ensemble…

Ainsi il est faux d’affirmer que la France « ne peut pas accueillir toute la misère du monde », d’abord parce que TOUTE la misère du monde n’est pas rassemblée à nos frontières… Par contre la misère peut se partager… car

• la misère de mon frère attend un sourire de ma part… 

• la misère de mon frère attend une poignée de main secourable…

• la misère de mon frère attend mon regard d’amitié qui lui rende sa dignité d’Etre Humain…, l’aide à sortir des situations de guerre, de famine, de démocrature…

Alors la soupe partagée aura le bon goût de l’Amour…

Est-ce irréalisable ?… est-ce utopique ?… Nous ne le pensons pas. Et il nous semble, à nous, Rotubiens, que nous pouvons reprendre l’affirmation d’un Président des Etats-Unis, YES, WE CAN !…

Enfin, souvenons-nous de cette légende du Pays Niçois : au cours de ses expéditions pour réaliser ses Douze Travaux, Hercule vint à passer dans notre pays. Ecoutant les doléances des habitants qui avaient tant de mal à se frayer un passage dans la montagne pour aller de l’autre coté voir leurs semblables, Hercule prit sa fameuse massue, et d’estoc et de taille, il fraya un passage pour permettre les communications entre Nord et Midi…

Cette massue d’Hercule, c’est nous… YES, WE CAN !

Texte de Jean-Marc Lévy-Leblond présent le 10 en soutien, voir la pétition :
https://www.change.org/p/d%C3%A9claration-d-aide-aux-r%C3%A9fugi%C3%A9s

L’horreur froide de la frontière 17/2/17 : électrocuté sur le toit d’un train

Posté : 18 février, 2017 @ 1:55 dans Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires »

La frontière criminelle de nos élus irresponsables :


Nos voies ferrées, nos routes ont été faites pour les échanges humains,
commerces, loisirs, études, relations en tout genre…
Impraticables mirages pour les migrants, de plus en plus nombreux sont ceux qui y laissent la vie. Horreur et froideur déshumanisée des responsables qui se cachent derrière des textes administratifs, des lois qu’ils ne respectent pas eux-mêmes, et des chiffres qu’ils agitent comme des épouvantails électoralistes…
Il, ou elle,  est méconnaissable, devenu pour de bon « invisible », fondu dans cette masse que les politiques, les medias, tout un chacun appelle désormais : « les migrants ».

Parti de Vintimille et arrivé à Cannes… jamais arrivé…
Adieu soeur, frère…

http://www.nicematin.com/faits-divers/un-homme-decouvert-electrocute-dans-une-gare-sncf-115322

Le corps d’un homme a été retrouvé ce matin, vers 9h20, à la gare de triage de Cannes la Bocca.

La victime serait montée sur le toit d’un train en partance de Vintimille, ou entre Vintimille et Cannes, rapporte le site Riviera24.it. L’homme aurait agrippé un pantographe, relié au câble à haute tension, et se serait électrocuté. Selon nos confrères, le malheureux a été retrouvé le poing serré autour du pantographe.

Selon nos informations, le train, parti de Vintimille à 5h30, a été remorqué jusqu’à la gare de triage de Cannes-la-Bocca à la suite d’un problème technique. C’est dans cette gare que le corps de l’homme, carbonisé, a été retrouvé.

Les polices italiennes et françaises collaborent afin de comprendre les circonstances du drame. La police ferroviaire italienne visionne actuellement les images des caméras de surveillance de la gare de Vintimille, afin de vérifier si la victime y est montée à bord du train.

D’après nos informations, le malheureux serait âgé d’une vingtaine d’années. Les forces de l’ordre cherchent à l’identifier, et à vérifier s’il s’agit d’un migrant.

http://www.lastampa.it/2017/02/17/edizioni/imperia/migrante-muore-folgorato-su-un-treno-xx5jLQYWxCaDc6KiWTKErL/pagina.html?utm_source=dlvr.it&utm_medium=facebook

http://www.riviera24.it/2017/02/cadavere-rinvenuto-sul-treno-francese-potrebbe-trattarsi-di-un-migrante-salito-sul-convoglio-a-ventimiglia-247570/

http://www.riviera24.it/2017/02/indagini-sul-cadavere-trovato-su-tetto-del-treno-a-cannes-quasi-certo-che-si-tratti-di-un-migrante-morto-a-ventimiglia-247597/

http://www.riviera24.it/2017/02/il-ter-trainato-dalla-stazione-di-ventimiglia-fino-a-cannes-la-bocca-poi-la-macabra-scoperta-247614/

Media : Nice matin 17/2/17 Réunion publique 16/2 Fac de Nice « Migrants, les étudiants aussi se sentent concernés »

Posté : 18 février, 2017 @ 1:19 dans Medias : Articles presse Radios, Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires »

fichier pdf NM 17 02 17 étudiants et migrants NM 17 02 17  étudiants et migrants-page-001

Media : RFI 16/2/17 des réfugiés accueillis à Breil

Posté : 18 février, 2017 @ 12:22 dans Citoyens solidaires, Medias : Articles presse Radios, Mineurs Isolés Etrangers, Réfugiés - Migrants, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

http://www.rfi.fr/france/20170216-roya-migrants-refugies-frontiere-france-italie-breil-mineurs-afrique

A écouter ….

Communiqué du POID 06 au 31/1/2017

Posté : 16 février, 2017 @ 6:54 dans Citoyens solidaires, Droits de l'homme - Société, Réfugiés - Migrants, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

COMMUNIQUE

Parti   Ouvrier Indépendant Democratique  (POID 06)

Libre circulation pour les migrants

Arrêt des perquisitions

 chez les habitants pour « délit de solidarité »

Arrêt des gardes à vue

 Fuyant les guerres, les bombardements et les plans de pillage du FMI, des milliers de migrants,hommes, femmes, enfants, continuent à errer sur les routes de l’exil au péril de leur vie.

Qui est responsable de cette situation ?

Les gouvernements, dont le gouvernement français, qui sous la houlette des Etats-Unis? ont décidé les guerres. Ils disent eux-mêmes qu’elles se poursuivront encore longtemps. Ils justifient ainsi l’augmentation des crédits de guerre. Le Parlement français vient de rajouter 5 milliards au budget des armées ,1,2milliards pour les OpEx (opérations militaires extérieures) cad la guerre contre les peuples… au détriment des budgets des services publics par exemple 4,5 milliards d’économies pour les seuls hôpitaux pour 2015/2017 .

 Tous sont favorables à l’augmentation des crédits de l’OTAN.

Est-ce ainsi que l’on arrêtera le flot des migrants ?

Dans la vallée de la Roya qui jouxte l’Italie, malgré le froid des dizaines et dizaines de migrants continuent d’affluer pour demander asile, dans un état de santé souvent précaire.
Les forces de police,la gendarmerie, l’armée, multiplient les contrôles « musclés » et les patrouilles aux frontières, pour refouler les migrants, y compris les mineurs, violant ainsi les conventions internationales qui les protègent.

Les perquisitions, les gardes à vue prolongées, les inculpations se multiplient chez les habitants qui leur viennent en aide en lieu et place de l’État : accueil en foyer de l’enfance insuffisant et inadapté, manque de centres d’accueil, de soins… Traités comme des délinquants ils peuvent être condamnés jusqu’à 5 ans de prison et 30 000 euros d’amende !

Le Parlement vient de prolonger l’État d’Urgence qui permet de poursuivre les migrants, les habitants…

Est-ce ainsi que l’on arrêtera le flot des migrants ?
Leur « légalité » c’est de poursuivre les guerres.

Leur « légalité » c’est de poursuivre l’Etat d’urgence, ce sont les  accords de Schengen (frontières définies par l’Union Européenne) qui en rétablissant les frontières et le contrôle aux frontières permettent à ce gouvernement de refouler les migrants et condamner ceux qui se portent à leur secours.

IL n’y aura aucune solution positive si l’on ne rompt pas avec la politique actuelle, celle du gouvernement de la 5è République, de l’Union Européenne et du système capitaliste fauteur de guerre et d’exploitation.

Arrêt des poursuites contre les habitants solidaires des migrants

Respect des droits fondamentaux des mineurs

Logement et soins pour tous les migrants

Libre circulation des migrants

NON à la guerre. Arrêt des bombardements !

Retrait immédiat de toutes les interventions militaires qui jettent sur les routes des millions d’hommes, de femmes et d’enfants

Nice le 31 janvier 2017

Pour tout contact : poid.nice@gmail.com

NICE MATIN 8/2/2017 « Cédric : Nous irons jusqu’au bout et même plus loin » + plainte déposée + rapport Amnesty

Posté : 9 février, 2017 @ 1:20 dans Droits de l'homme - Société, Medias : Articles presse Radios, Mobilisation, Réfugiés - Migrants, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

Document en téléchargement au format pdf : fichier pdf NM 08 02 17 MIE reconduits Italie

Amnesty international : ce que cache le mot « délit de solidarité »

Posté : 9 février, 2017 @ 12:27 dans Citoyens solidaires, Droits de l'homme - Société, Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires »

https://www.amnesty.fr/refugies-et-migrants/actualites/refugies-que-cache-le-mot-delit-de-solidarite

Publié le 05.01.2017.
A la frontière franco-italienne, des citoyen.ne.s sont poursuivi.e.s du fait de leur activité auprès de personnes migrantes ou réfugiées en provenance d’Italie. L’occasion de faire le point sur ce que dit le droit français, européen et international sur le sujet.

La notion de « délit de solidarité » n’existe pas juridiquement. Elle a été utilisée par des associations pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme étant un usage abusif de la loi.

La notion de « délit de solidarité » n’existe pas juridiquement.

Cette notion se rapporte à un article du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) – article L. 622-1, datant de 1945, et qui punit jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et une amende de 30 000 euros « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d’un étranger en France« .

Lire aussi : La France et la Suisse, complices de l’Italie

LES EXCEPTIONS « HUMANITAIRES » PRÉVUES PAR LA LOI

Jusqu’à 2012, la seule assistance légale à un étranger en situation irrégulière était soumise à la condition que celui-ci se trouve en « danger actuel ou imminent ». Une condition trop restrictive pour couvrir tous les cas d’aide légitime à une personne en situation irrégulière.

Le 25 juillet 2012, Manuel Valls avait promis de « mettre fin au délit de solidarité qui permet de poursuivre l’aide désintéressée, apportée à des étrangers en situation irrégulière, sur la même base juridique utilisée pour les filières criminelles d’immigration« .

Désormais, la loi prévoit qu’il ne peut y avoir de poursuites pénales lorsque l’aide à un étranger en séjour irrégulier a consisté à fournir :

des conseils juridiques

des prestations de restauration, d’hébergement ou de soins médicaux destinées à assurer des conditions de vie dignes et décentes à l’étranger,

toute autre aide visant à préserver la dignité ou l’intégrité physique de celui-ci.

Les protections issues de cette réforme restent restrictives dans la mesure où l’aide ne peut porter que sur des domaines précis, essentiellement humanitaires, et doit être accordée sans contrepartie « directe ou indirecte », ce qui doit être démontré.

Découvrir : notre campagne I Welcome

CE QUE DIT LE DROIT INTERNATIONAL ET EUROPÉEN

L’assemblée générale des Nations unies a reconnu le 8 mars 1999 le droit et le rôle des individus dans la protection et la réalisation des droits humains. Les limites pouvant y être apportées doivent être exceptionnelles et en conformité avec le droit international, dans le but d’assurer notamment la protection des droits et libertés d’autrui ou pour des raisons d’ordre public.

Une directive européenne du 28 novembre 2002 définissant l’aide à l’entrée, à la circulation et au séjour irréguliers impose aux États membres d’adopter des sanctions à l’encontre de quiconque :

aide un étranger à pénétrer sur le territoire d’un État membre, ou à transiter par un Etat membre ;

aide sciemment, dans un but lucratif, une personne non ressortissante d’un État membre à séjourner sur le territoire d’un État membre en violation de la législation de cet État relative au séjour des étrangers.

La directive précise en outre que «tout État membre peut décider de ne pas imposer de sanctions à l’égard du comportement défini au paragraphe 1, point a (aide à l’entrée ou au transit) en appliquant sa législation et sa pratique nationales, dans les cas où ce comportement a pour but d’apporter une aide humanitaire à la personne concernée ».

Lire aussi : au Portugal, gouvernement et citoyens ouvrent grand leurs portes

CE QU’EN PENSE NOTRE ORGANISATION

Notre organisation n’est pas en mesure de donner un avis sur les situations des personnes qui sont actuellement poursuivies pour avoir commis, selon les autorités, un délit d’aide à l’entrée et au séjour des étrangers en France. Cependant, nous considérons que l’action de l’Etat, dans ces situations, doit toujours être conduite en référence aux deux principes suivants qui constituent notre position sur le sujet :

1. Les actions menées par des personnes ou des organisations pour protéger les droits des migrants, des demandeurs d’asile et des réfugiés ne devraient pas être pénalisées. Les condamnations vont à l’encontre des obligations des Etats en matière de droits humains.

2. Les Etats ne doivent pas seulement prendre des mesures positives pour assurer le respect et la protection des droits des migrants et des réfugiés, ils doivent aussi s’abstenir de conduire des actions empêchant ou dissuadant tout individu ou toute organisation de fournir une assistance humanitaire à ces personnes.

Rapport d’Amnesty international 8/2/2017 « Frontière italienne : des contrôles aux frontières du droit »

Posté : 9 février, 2017 @ 12:23 dans Droits de l'homme - Société, Réfugiés - Migrants, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

https://www.amnesty.fr/refugies-et-migrants/actualites/frontiere-franco-italienne-des-controles-aux-frontieres

FRONTIÈRE FRANCO-ITALIENNE :

DES CONTRÔLES AUX FRONTIÈRES DU DROIT

Publié le 08.02.2017.

Notre récente enquête à la frontière entre la France et l’Italie révèle que les contrôles sur place portent atteinte au droit d’asile et ne respectent pas la législation française. Des révélations accablantes alors que la justice française doit se prononcer sur la situation de Cédric Herrou pour « délit de solidarité ».

Une mission d’observation dans les Alpes-Maritimes, réalisée du 19 janvier au 26 janvier 2017, a permis de dresser un constat précis des violations de la France à l’encontre des réfugiés qui franchissent la frontière franco-italienne.

Les autorités n’appliquent pas les garanties et ne respectent pas les droits des personnes qu’elles contrôlent à la frontière. Le plus souvent, les renvois vers l’Italie sont organisés sans formalités, dans des conditions qui laissent penser que tout pourrait très bien être organisé de façon à ce que les personnes ne puissent exercer leurs droits.

Dans la plupart des cas, les personnes contrôlées à la frontière se retrouvent privées de toute possibilité de faire valoir leurs droits, notamment celui de solliciter l’asile. Madou, guinéenne, nous explique :

« La deuxième fois, j’ai retenté par le train et ils m’ont reconnu je crois à la gare de Menton Garavan et m’ont fait descendre. Cette fois-ci personne ne m’a remis de document. Mais on a pris mon nom, ma nationalité et ma date de naissance quand même. J’ai été remise directement dans le train pour Vintimille, 20 minutes après. Ensuite j’ai essayé de franchir la frontière en marchant cette fois-ci le long des voies de chemin de fer. J’ai été arrêtée là-bas et la police m’a de nouveau ramenée à Vintimille.

Maintenant je ne sais plus du tout quoi faire. J’ai très peur de retenter et de me faire de nouveau arrêter par la police qui risque de m’envoyer dans le camp de Torrente.

Je n’ai plus du tout d’argent pour repayer le train ou un bus pour remonter. Moi tout ce que je veux c’est aller en France rejoindre des membres de ma famille qui ont la nationalité et y déposer l’asile. Le voyage pour venir jusqu’en Italie était déjà très long et très éprouvant. J’ai des problèmes de santé importants que personne n’a pris en compte. A aucun moment je n’ai pu me faire soigner. »

.Les enfants non accompagnés ne font pas l’objet de l’attention requise par leur situation de vulnérabilité et qu’exige pourtant la législation française de protection de l’enfance. Bilal, Erythréen :

«Lorsque tu te fais arrêter souvent à Menton ou juste avant, il y a deux possibilités. Si tu es mineur, dans ce cas les policiers te remettent directement dans le train.

Si tu es majeur ou qu’ils te considèrent comme majeur, ils t’emmènent au poste de police de Menton à côté de la gare et là entourés de policiers, ils te remettent ensuite aux policiers italiens qui se trouvent à la frontière juste en face. 

De là il faut ensuite marcher pour retourner à Vintimille qui est à 10 kms. Lorsque tu dis que tu es mineur, il s’en fiche. Les policiers ne te donnent aucune information. Ils sont totalement silencieux. On n’est informé de rien. On nous donne parfois un document et parfois rien. Lorsqu’on nous parle c’est toujours en français et il n’y a pas d’interprète. On ne comprend absolument rien.»

LES MANQUEMENTS DE LA FRANCE POUSSENT LES CITOYENS À SE MOBILISER

Au cours de cette mission, nous avons rencontré plusieurs acteurs locaux, qu’il s’agisse d’organisations non gouvernementales, d’avocats, de professionnels impliqués directement ou indirectement sur ces questions, ou encore de citoyens engagés venant en aide aux personnes réfugiées et migrantes.

Les informations collectées sur place et les observations conduites par AI France durant la mission ont été enrichies par l’expérience des membres d’AI France engagés localement sur le terrain depuis plusieurs années.

Ce sont précisément ces violations des droits humains commises par les autorités françaises qui ont contraint des citoyens à se mobiliser pour venir en aide aux personnes réfugiées et migrantes ; des citoyens qui, de façon paradoxale, se retrouvent, pour certains d’entre eux, poursuivis par l’Etat français.

Ni le ministère de l’Intérieur – Direction centrale de la police aux frontières, Direction de l’asile et cabinet du ministre de l’Intérieur – ni le Préfet des Alpes-Maritimes n’ont apporté de réponse à nos demandes formulées en amont de cette mission.

Lire aussi : Ce que cache le mot « délit de solidarité »

UNE SITUATION EXCEPTIONNELLE

En 2016, la préfecture des Alpes-Maritimes aurait interpellé près de 35000 personnes sur l’ensemble du département des Alpes-Maritimes, ce qui représenterait une augmentation de plus de 40% par rapport à l’année 2015.

La grande majorité de ces interpellations a eu lieu à la frontière franco-italienne. Selon la préfecture des Alpes- Maritimes, neuf personnes sur 10 interpellées auraient été réadmises en Italie. On peut en déduire qu’au moins 30 000 mesures de non admission ont donc été prononcées en 2016 dans ce seul département, ce qui représente presque 70% de l’ensemble des mesures de refus d’entrée prononcées sur l’ensemble du territoire.

Ces quelques chiffres illustrent la situation exceptionnelle qui prévaut sur cette portion du territoire français. Il apparaît difficilement concevable de considérer que les observations et les informations collectées ne seraient que le reflet de pratiques peu courantes ou isolées, qui ne concerneraient qu’un nombre restreint de personnes.

Signer la pétition : l’Europe doit agir pour les réfugiés bloqués dans le froid en Grèce

LA FRANCE ET L’ITALIE, CO-RESPONSABLES DE LA SITUATION

Les modalités de contrôle de la frontière ont pour conséquence d’exacerber la situation. Déjà fortement éprouvées par des situations très difficiles dans leurs pays et leurs parcours d’exil, les réfugiés ou migrants se retrouvent coincés entre deux frontières, dans des conditions de dénuement manifeste. Ces personnes sont placées dans une très grande précarité, sans accès à un hébergement, à l’eau, à la nourriture ou à des conditions d’hygiène élémentaires.

Les points de passage se sont multipliés, aux risques et périls de ceux qui doivent franchir la frontière. Chaque jour, des personnes, dont des enfants, tentent désespérément de passer. La précarité de leur situation et le fait de devoir trouver d’autres moyens pour franchir la frontière ne font que nourrir les réseaux de traite et de trafic, qui s’enrichissent de part et d’autre de la frontière.

A rebours de certains discours, eux-mêmes en décalage avec le droit, il est impératif de réaffirmer que quel que soit son statut, régulier ou irrégulier, toute personne présente sur le sol français, a le droit au respect des droits humains.

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