ROYA CITOYENNE – Résistances en Roya

solidarité, renforcement du réseau social, réflexion sur des projets de société respectueux de l'humain et de la nature…

Archive pour la catégorie 'Soutien aux sans-papiers'

Medias : webdocumentaire RFI « Roya, l’insoumise »

Posté : 23 mars, 2017 @ 6:51 dans Citoyens solidaires, Medias : Articles presse Radios, Réfugiés - Migrants, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

Une vallée prend fait et cause pour les migrants !

1) La Souricière
2) La résistance des cheveux blancs
3) Anti-héros et gens ordinaires

http://webdoc.france24-mcd-rfi.com/infomigrants-roya-migrants-france-italie-vintimille-immigration-nice-police-frontiere/

Rencontre Var – Alpes-Maritimes Samedi 1er avril TOULON / Collectif soutien migrants Var

Posté : 22 mars, 2017 @ 6:28 dans Citoyens solidaires, Mobilisation, Réfugiés - Migrants, Réunion publique, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

Invitation 1er avril 2017 recto verso-page-001 Invitation 1er avril 2017 recto verso-page-002fichier pdf Invitation 1er avril 2017 recto verso

Soirée de soutien à « Roya citoyenne » avec Christian BEZET à COARAZE SAMEDI 8 AVRIL

Posté : 21 mars, 2017 @ 1:59 dans Citoyens solidaires, Manifestives et Culture, Réfugiés - Migrants, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

Soirée de soutien à « Roya citoyenne » avec Christian BEZET

SAMEDI 8 AVRIL 20H30

salle des cadrans solaires place du Portal
COARAZE

Chanson et Solidarité,
sous l’égide de la municipalité de COARAZE

Christian Bezet chante MAURIS :
Avec Antoine Hansberger nous partagerons le répertoire de MAURIS

participation au Chapeau en soutien à l’association ROYA CITOYENNE

https://www.facebook.com/christian.bezet.7?hc_ref=PAGES_TIMELINE&fref=nf

Alpes maritimes-Menton : le théâtre au secours des réfugiés, au Lavoir théâtre par Mandine Guillaume et Emilien Urbach

Posté : 17 mars, 2017 @ 1:48 dans Medias : Articles presse Radios, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

https://www.pressreader.com/monaco/monaco-matin/20170314/281496456089995

Collectif « La Chapelle debout » : Stoppons l’expulsion de Mohamed ainsi que celles de tous.tes les autres

Posté : 17 mars, 2017 @ 12:47 dans Citoyens solidaires, Droits de l'homme - Société, Mobilisation, Réfugiés - Migrants, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

https://blogs.mediapart.fr/la-chapelle-en-lutte/blog/160317/est-ce-que-vous-me-renvoyez-pour-mourir-par-la-chapelle-debout

«Est-ce que vous me renvoyez pour mourir ?» par La Chapelle Debout

Jeudi 16 mars 2017, par le vol de 9h25, Mohamed Moussa doit être expulsé vers le Soudan depuis l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle-Terminal 1.
Stoppons l’expulsion de Mohamed Moussa ainsi que celles de tous.tes les autres.

« J’étais commerçant. Je vendais des produits alimentaires entre le nord du Darfour et le sud d’où je viens (Nyala) au Soudan. Je vendais du sucre, de l’huile, de la farine, du thé, de la sauce tomates et même du Coca et du Pepsi. Parfois, je vendais aussi des vêtements comme des pantalons quand il y en avait. Deux fois par mois je prenais les transports en commun pour faire la navette entre le Nord et le Sud. J’avais hérité d’un petit pécule pour faire ce buisness. Il venait pour partie de l’héritage après la mort de son père, qui était aussi commerçant et qui possédait un petit supermarché. J’ai 30 ans et suis l’aîné d’une famille de 5. Il y a mon frère Amjad, 26 ans, et j’ai trois petites sœurs : Majda (24 ans), Mahla (22 ans) et Maissa (11 ans). Mon père est mort tué par la guerre et les Janjaouid à côté de Chiria. »

Il faut savoir que Mohamed est Zaghawa. Ce groupe ethnique représente 6 % de la population du Soudan et il est ciblé et persécuté notamment par le gouvernement soudanais [1].

Nous avons reçu sa photo via un de ses amis car les téléphones équipés d’appareils photos sont interdits ou systématiquement cassés en rétention. © La Chapelle DeboutNous avons reçu sa photo via un de ses amis car les téléphones équipés d’appareils photos sont interdits ou systématiquement cassés en rétention. © La Chapelle Debout

C’est avec ce même gouvernement que la France et l’Union Européenne signent des « accords de coopération » dans lesquels les uns donnent de l’argent ou font des « allégements de dette » quand les autres s’engagent à bien contrôler leur ressortissants et leurs frontières.

« Un jour alors que je revenais voir ma mère qui était malade, je me suis fait attraper par une milice qui m’a amené dans un dépôt à côté d’une voie ferrée près de Nyala. De là, j’ai été transféré dans une prison à 15 km de la ville où je suis resté pendant 10 mois. Je ne souhaite pas me souvenir ni parler de ce qui s’est passé là-bas. Cette partie de ma vie était très dure, noire. On était en 2012.

« Suite à l’intervention de mon oncle, des miliciens parmi ceux qui m’enfermaient sont venus me voir et ils m’ont annoncé qu’ils me laisseraient sortir à la condition expresse que je quitte ma terre du Darfour. Je suis donc parti pour Al Fashir, puis je suis entré en Lybie. Là, après avoir fait divers petits boulots, j’ai travaillé comme ouvrier agricole dans un champ pour un patron qui m’hébergeait, de 2013 à 2015. Malgré la guerre j’aurais pu rester là si je n’avais pas eu d’autres problèmes. Par deux fois des membres de milices et de bandes armées sont venues racketter la ferme, je me suis fait menacer car je n’avais pas d’argent, insulter, et maltraiter. J’ai été menacé de mort : « on va te tuer sale étranger », m’ont-ils dit. Plusieurs fois je suis allé voir mon patron qui m’a répondu : « c’est comme ça, je ne peux rien faire ».

En septembre 2016 dernier, j’ai donc pris un petit bateau. J’ai payé 1000 dinars lybiens. J’ai voyagé dans la cale vu que je n’avais pas payé beaucoup d’argent. Nous étions 110 personnes entassées pendant 11h, après quoi nous nous sommes fait accoster par un autre bateau plus grand dans lequel nous sommes restés deux jours avant d’arriver en Italie. J’ai réussi à ne pas laisser mes empreintes en Italie.

Je suis arrivé à Paris en octobre dernier et j’ai passé 5 jours à la Chapelle à dormir dans la rue. En face du Camp. Je voulais me reposer mais ce n’était pas possible. Plusieurs personnes m’ont conseillé là-bas de partir pour Calais car c’était plus simple pour les démarches, plus rapide et qu’il y avait des organisations qui aidaient les éxilé.es.

Le 31/01, il me restait deux euros dans la poche et j’avais faim. J’ai « fait des courses » et je me suis assis dans un parc public pour manger. La police est venue le voir et ils m’ont demandé mes papiers. Je ne comprenais rien [Mohamed ne parle pas français et très peu anglais]. Ils m’ont embarqué au commissariat et là-bas on m’a donné un papier. J’ai refusé de signer car je ne comprenais pas ce qui était écrit [c’était une Obligation de Quitter le Territoire Français]. Du commissariat j’ai été amené dans un deuxième centre « Paris Charles de gaulle ». C’est là que j’ai voulu faire une demande d’asile mais on m’a dit que c’était trop tard.[2]

En tout je suis passé cinq fois devant le juge. J’avais des traducteurs différents à chaque fois mais très souvent je ne comprenais pas ce qu’ils me disaient car nous ne parlions pas le même arabe. Au tribunal on me reprochait à chaque fois de ne pas avoir demandé l’asile dès mon arrivée. J’ai pourtant dit que je n’ai pas pu le faire ne sachant ni où aller et ne connaissant ni la langue ni les institutions.

Fin février, le 22 si je me souviens bien la police de la prison est venue avec 4 personnes soudanaises. Je ne sais pas pourquoi ils sont venus me voir. La police ne m’a rien expliqué. Les soudanais m’ont dit qu’ils faisaient partie d’une organisation humanitaire qui aide les exilé.es. Ils avaient l’air bizarres c’est pour ça que je suis resté méfiant et surtout plutôt silencieux. Du fait de mon attitude ils ont mis fin à la discussion et on m’a ramené dans ma cellule[3]

Ils ont déjà voulu m’expulser le 24 février mais ils ne pouvaient pas car il n’y avait pas de papier de l’ambassade.Si je reviens au Soudan, les milices me tueront. Je ne peux pas rentrer ! De plus ma tribu est perçue comme opposante au régime.

Est-ce que vous me renvoyez pour mourir ? Rendez-moi ma liberté et laissez-moi commencer mes démarches. Emprisonné je ne peux rien faire. Je suis Darfouri et menacé de mort ! Comment voulez-vous que je fasse des démarches alors qu’il me faut du temps pour comprendre comment faire, connaître et savoir où aller?!

Je précise que l’attitude de la police est incorrecte et qu’à aucun moment je n’ai eu un traducteur qui parlait ma langue, mes droits ont été violés. Je n’ai pas trouvé la justice que j’espérais en France. Dommage. »

[1] http://www.refworld.org/docid/54f04…

[2] Il s’agit du centre de rétention du Mesnil Amelot.

[3] Normalement on présente les migrant.es aux ambassades dont ils dépendent. Elles doivent reconnaître le ressortissant et délivrer un laissez passer consulaire pour qu’ils ou elles puisse être expulsé.es.

On notera donc la nouveauté puisque ici la police et l’administration travaillent mais dans la main avec l’ambassade. Tout est bon pour déporter. Nous ajoutons que si visiblement l’accès au C.R.A. est facile pour le gouvernement soudanais.es, ce n’est pas la même chose pour les citoyen.ness, les médecins ou les avocat.es et que même les associations agréées par l’Etat. En effet, elles sont très strictement contrôlées et surtout limitées dans leur prérogatives.

Lettre du 25/2 de la présidente de la CNCDH sur la situation des migrants

Posté : 28 février, 2017 @ 1:36 dans Citoyens solidaires, Communiqué officiel, Droits de l'homme - Société, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

Page d'accueil CNCDH
L’institution française de protection et promotion des droits de l’Homme

Lettre de la présidente concernant la situation des migrants

Alertée par plusieurs membres de la CNCDH, la présidente, Christine Lazerges, a adressé un courrier au Premier ministre, vendredi 25 février, pour lui faire part de sa plus vive préoccupation pour les milliers de migrants, dont des mineurs non accompagnés, qui vivent dans les pires conditions dans le Calaisis, en Ile-de-France, dans la vallée de la Roya.
EXTRAITS :

Dans le Calaisis, en Ile-de-France, dans la vallée de la Roya, les acteurs des associations rencontrent depuis plusieurs semaines des exilés contraints de survivre, en plein hiver, dans les pires conditions … Les décisions prises récemment par votre Gouvernement … se traduisent dans les faits par un abandon de très nombreux exilés, majoritaierment des mineurs … 

Pour pallier les carences de l’Etat, des réactions d’humanité se développent. Des citoyens et des bénévoles s’organisent pour apporter une aide, un toit, de la nourriture. Or nous constatons que les pouvoirs publics, au lieu d’encourager cette solidarité, se mobilisent au contraire pour la dissuader par des actions d’intimidation. Les hommes et les femmes qui développent des actions concrètes de solidarité sont surveillés, contrôlés, interpellés, parfois poursuivis en justice. 

Ces faits sont inacceptables et nous ne pouvons que les condamner vivement … C’est pourquoi la CNCDH vous demande avec insistance de réexaminer les arbitrages récents que votre Gouvernement a pris et de donner sans tarder les instructions pour que cessent les entraves à l’action des associations de solidarité et de défense des droits de l’homme.

« Esperanza » salie mais jamais anéantie – Nice matin 25/2/17 – Soirées MENTON film 6/3 et théâtre 12/3

Posté : 28 février, 2017 @ 1:30 dans Citoyens solidaires, Droits de l'homme - Société, Manifestives et Culture, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

Soutien du Théâtre du Lavoir

au Théâtre National de Nice

et à l’équipe de « Esperanza »

 Dans la nuit de vendredi 24 au samedi 25, le Théâtre National de Nice a subi les intimidations d’un groupuscule d’extrême droite.
Les affiches de la pièce « Esperanza » d’Aziz Chouaki, programmée du 2 au 12 mars 2017 ont été arrachées et recouvertes par des slogans haineux. Le Lavoir Théâtre à Menton, souhaite exprimer son total soutien aux équipes du théâtre de Nice et aux artistes engagés dans cette pièce qui porte une parole chargée d’humanité, plus que nécessaire dans le contexte actuel. 

L’équipe du théâtre du Lavoir appelle le public azuréen à se rendre nombreux aux représentations de la Pièce d’Aziz Chouaki.

Elle l’invite, par ailleurs, à se retrouver pour d’autres soirées dédiées à la solidarité: à MENTON, le lundi 6 mars, à 20H00,

pour la projection du film « Les migrants ne savent pas nager »

et le dimanche 12 mars à 15h45,

pour la représentation de « Éclaboussure # 2 », inspiré de la rencontre entre des artistes et l’équipage de l’Aquarius au large des côtes libyennes. Les Compagnies Arnika et Sîn, producteurs de cette pièce, s’associent au présent communiqué du Théâtre du Lavoir.

 Contact : Mandine Guillaume 06 69 70 46 06 Infos@lavoirtheatre.org

Mentions légales

Le Lavoir théâtre
63 Bd. du Fossan
06 500 Menton
Téléphone : +33493414155
Email : infos@lavoirtheatre.org
Web site : www.lavoirtheatre.org

http://www.nicematin.com/racisme/ces-affiches-pour-un-spectacle-sur-les-migrants-ont-ete-vandalisees-par-un-groupuscule-dextreme-droite-117146

PAR GREGORY LECLERC Mis à jour le 25/02/2017 à 18:23 Publié le 25/02/2017 à 18:19
Les affiches du spectacle Esperanza ont été recouvertes.
Les affiches du spectacle Esperanza ont été recouvertes.

Dans la nuit de vendredi à samedi, les affiches fraîchement collées de son spectacle, qui doit être joué au Théâtre national de Nice (TNN) en mars, ont été saccagées.

« Je suis écœuré. Il n’y a plus une seule affiche pour notre spectacle. » Hovnatan Avédikian, 35 ans, metteur en scène arménien de « Esperanza », est en colère.

Dans la nuit de vendredi à samedi, les affiches fraîchement collées de son spectacle, qui doit être joué au Théâtre national de Nice (TNN) en mars, ont été saccagées. Recouvertes par des appels à « combattre l’islamisme » ou à « défendre la France ». Appel lancé par le groupuscule d’extrême droite « Génération Identitaire ».

Ce spectacle, de l’Algérien Aziz Chouaki, évoque l’histoire d’un groupe de migrants qui s’embarque pour Lampedusa sur un modeste bateau, « l’Esperanza ». Il doit être joué à partir du 2 mars au Théâtre national de Nice.

« Il n’y a aucun message politique dans cette pièce. Nous ne donnons pas de leçon de morale, à personne », s’insurge le metteur en scène arménien. Dans leur volonté de s’inscrire dans le tissu social local, l’auteur et le metteur en scène ont répété le spectacle à la prison de Nice.

L’affiche de « Esperanza », vandalisée, montrait un groupe d’hommes, sur une scène, dont un portant un keffieh.

« C’est peut-être cet élément, et la peau basanée de certains d’entre eux qui ont gêné, ou alors nos noms, un Algérien et un Arménien », regrette Hovnatan Avédikian. « Massacrer nos affiches, c’est un geste agressif et régressif politiquement », ajoute-t-il.

Le Théâtre national de Nice annonce qu’il déposera plainte dans les prochaines heures.

L'affiche originale du spectacle Esperanza.

Lettre Service des relations internationales PCF- février 2017 « Migrants : Liberté Egalité Fraternité

Posté : 28 février, 2017 @ 1:03 dans Citoyens solidaires, Réfugiés - Migrants, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

Document très argumenté en téléchargement : fichier pdf web 8p LRI Speěciale Migrant – feěvrier 2017

Textes de soutien lors de la mobilisation du 10/2/17 : Didier Fassin, Eric Fassin, Père François-Xavier Asso, Pierre Stambul pour UJFP, Secours catholique…

Posté : 22 février, 2017 @ 5:19 dans Mobilisation, Réfugiés - Migrants, Réunion publique, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

http://www.liberation.fr/debats/2017/02/10/la-justice-contre-les-justes_1547591

Il y a quelques semaines, un ami qui est professeur de droit dans une grande université des Etats-Unis me raconta une anecdote tout à fait remarquable. Alors que, lors d’une réunion scientifique, il évoquait l’histoire de sa famille avec un collègue, tous deux se rendirent compte que le père du premier et la mère du second, l’un et l’autre juifs, devaient à l’engagement courageux du même homme, Aristides de Sousa Mendes, d’avoir pu échapper à la répression du régime nazi.

En effet,  au mois de juin 1940, alors que des dizaines de milliers de réfugiés fuyant l’arrivée de l’armée allemande se pressaient vers le Sud-Ouest pour tenter de passer en Espagne et rejoindre Lisbonne dans l’espoir de s’embarquer vers les Etats-Unis, Aristides de Sousa Mendes, Consul du Portugal à Bordeaux, émit quantité de visas, malgré l’interdiction du gouvernement du général Salazar. On estime à 30 000 le nombre de personnes auxquelles il permit de quitter la France, parmi lesquels 10 000 juifs, et ce alors même que le dictateur portugais l’avait démis de ses fonctions et placé sous surveillance avec une obligation de rapatriement. Sur le chemin du retour vers son pays, il aida encore plusieurs dizaines de réfugiés, que les douaniers espagnols venaient de refouler, à passer la frontière près d’Hendaye en usant de son autorité diplomatique.

Rentré au Portugal, il fut jugé pour avoir désobéi aux ordres de son gouvernement. Pour sa défense, il déclara: “C’était en effet mon but de sauver tous ces gens dont les souffrances étaient indescriptibles… Je ne pouvais pas les différencier car j’obéissais à une injonction humanitaire qui ne fait de distinction ni de race ni de nationalité.” Il fut condamné et destitué. Sa famille tomba en disgrâce. Aristides de Sousa Mendes mourut en 1954 dans la pauvreté et le déshonneur. Douze ans plus tard, le Mémorial Yad Vashem le reconnut comme “Juste parmi les nations”, mais il fallut encore plus d’une décennie pour que la République portugaise le réhabilitât, annulant toutes les charges qui avaient pesé sur lui. En 1995, une semaine d’hommage lui fut consacrée par son pays et le président Mario Soares déclara qu’il était “le plus grand héros portugais du vingtième siècle”.

Les parallèles historiques sont souvent approximatifs et je ne me hasarderai à comparer ni la France contemporaine avec la France défaite de 1940, ni le régime d’Antonio de Oliveira Salazar avec le pouvoir de François Hollande, ni les hauts-faits d’Aristides de Sousa Mendes avec les actes généreux de Cédric Herrou. Mais c’est pourtant au nom des mêmes valeurs d’entraide et d’une certaine conception de l’humanité que le consul portugais et l’agriculteur français ont fait acte de désobéissance civile, qu’ils ont permis à des réfugiés et des émigrés de traverser des frontières de manière illégale mais sûre, et qu’ils leur ont donné la chance de trouver un refuge sur des terres plus hospitalières. Et c’est malheureusement avec la même vision étroite de la loi, la même priorité donnée à la répression sur la compassion, le même acharnement à punir ce qui devrait être célébré que la justice de Lisbonne en 1941 et le parquet de Nice en 2017 ont poursuivi les deux hommes.

Quelque soit la décision du tribunal – et l’on peut encore espérer qu’il prononcera un acquittement – il est clair que l’incrimination de Cédric Herrou procède avant tout d’une intention dissuasive. Il s’agit de décourager celles et ceux qui voudraient aider des personnes qui ont le plus souvent fui la misère et la guerre. Hier comme aujourd’hui, l’État réprime le délit de solidarité. Mais il est des moments où la désobéissance civile est la seule voie pour des hommes et des femmes d’honneur. C’est le cas lorsque l’existence d’autres êtres humains est en jeu. Les deux universitaires qui découvraient la commune histoire de leurs parents en étaient, littéralement, la preuve vivante.

Didier Fassin
 Professor of Social Science, Institute for Advanced Study, Einstein Drive, Princeton, NJ 08540 USA

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https://blogs.mediapart.fr/eric-fassin/blog/100217/pour-cedric-herrou-hommage

Aux êtres véritablement humains la France reconnaissante

Cédric Herrou a été jugé pour l’exemple – pour décourager celles et ceux qui continuent de se mobiliser pour les droits humains, dans la vallée de la Roya, à Calais et partout en France. Or Cédric Herrou aura été exemplaire – au point d’encourager celles et ceux qui refusent de se démobiliser, dans la vallée de la Roya, à Calais et partout en France. C’est un exemple de responsabilité, face à des responsables irresponsables. C’est un exemple d’humanité, contre l’inhumanité des pouvoirs publics. C’est un exemple de solidarité, dans un pays où la solidarité reste un délit.

C’est aussi un exemple, parce qu’il nous aide à penser politiquement contre la dérive politique qui nous menace. À ceux (qu’ils s’en vantent ou pas) qui préfèrent leur famille à leurs voisins, et leurs voisins aux étrangers, sa mère a magnifiquement répondu : « Pour que vous compreniez… nous avons été “famille d’accueil” pendant 25 ans. Alors quand Cédric vous dit que ces enfants qu’il voit sur nos chemins et nos routes de la Roya, ce sont ses frères et ses sœurs, il ne vous ment pas. »

Cédric Herrou rappelle à l’ordre les pouvoirs publics qui n’invoquent la loi que pour faire oublier qu’ils ne la respectent pas. Et à nous toutes et tous, il rappelle, coûte que coûte, que nous ne sommes pas condamnés, même au risque d’une condamnation judiciaire,  à accepter l’inacceptable, à nous résigner à la France telle qu’elle va, c’est-à-dire bien mal. Pour ce double rappel, comme nous tous, et au nom de nous tous, je lui dis ma, notre gratitude.

Aujourd’hui, un jugement est rendu à Nice. Mais ce qui restera, au tribunal de l’histoire, c’est le témoignage exemplaire d’un homme qui a fait preuve d’humanité en se battant pour les droits humains ; tandis que ceux qui traitent les migrants comme des déchets finiront dans les poubelles de notre histoire nationale. Voilà à qui nous avons affaire, pour le meilleur, avec Cédric Herrou, ou pour le pire, avec ceux qui le persécutent.

Éric Fassin
sociologue, professeur à l’université Paris-8 Vincennes – Saint-Denis

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PRISE DE PAROLE du prêtre François-Xavier ASSO (Tende)

Vendredi 10 février 2017

Nous avons le devoir de désobéir aux lois injustes, inhumaines, comme cela se fait actuellement aux États-Unis, par un vaste mouvement de contestation contre les décrets arbitraires de Donald TRUMP, tout comme l’ont fait dans les années 65 Rosa PARKS, le Pasteur Martin Luther KING et tant d’autres…

Nous, Rotubiens (= habitants de la Roya selon la racine latine), nous nous insurgeons contre la déshumanisation des rapports humains.

Nous, Rotubiens, nous rappelons à nos élus municipaux, départementaux, régionaux, députés que nous ne les avons pas élus pour exercer de la répression… mais bien pour faciliter le vivre-ensemble…

Ainsi il est faux d’affirmer que la France « ne peut pas accueillir toute la misère du monde », d’abord parce que TOUTE la misère du monde n’est pas rassemblée à nos frontières… Par contre la misère peut se partager… car

• la misère de mon frère attend un sourire de ma part… 

• la misère de mon frère attend une poignée de main secourable…

• la misère de mon frère attend mon regard d’amitié qui lui rende sa dignité d’Etre Humain…, l’aide à sortir des situations de guerre, de famine, de démocrature…

Alors la soupe partagée aura le bon goût de l’Amour…

Est-ce irréalisable ?… est-ce utopique ?… Nous ne le pensons pas. Et il nous semble, à nous, Rotubiens, que nous pouvons reprendre l’affirmation d’un Président des Etats-Unis, YES, WE CAN !…

Enfin, souvenons-nous de cette légende du Pays Niçois : au cours de ses expéditions pour réaliser ses Douze Travaux, Hercule vint à passer dans notre pays. Ecoutant les doléances des habitants qui avaient tant de mal à se frayer un passage dans la montagne pour aller de l’autre coté voir leurs semblables, Hercule prit sa fameuse massue, et d’estoc et de taille, il fraya un passage pour permettre les communications entre Nord et Midi…

Cette massue d’Hercule, c’est nous… YES, WE CAN !

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Texte de Jean-Marc Lévy-Leblond présent le 10 en soutien, voir la pétition :
https://www.change.org/p/d%C3%A9claration-d-aide-aux-r%C3%A9fugi%C3%A9s

fichier pdf Déclaration d’aide aux réfugiés JMLL

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Discours du  Secours catholique,  Véronique Fayet – Présidente nationale, Bernard Thibaud – Secrétaire général :
fichier pdf Secours Catho Mineurs en danger Secours Catho Mineurs en danger

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Lecture du communiqué de Pierre STAMBUL au nom de l’Union Juive Française pour la Paix :

fichier pdf pierre stambul UJFP

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Lecture de la trajectoire du jeune Kasim, Soudanais : fichier pdf Kasim

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Lecture du compte rendu de maraude du 6/2/2017 à Vintimille : fichier pdf texte maraude 6.2.17

 

 

Media : « Genova Repubblica » / Nice matin 17/2 « Le procès de Félix Croft » et « Cédric Herrou : Le parquet fait appel »

Posté : 18 février, 2017 @ 1:15 dans Citoyens solidaires, Droits de l'homme - Société, Medias : Articles presse Radios, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

http://genova.repubblica.it/cronaca/2017/02/16/news/a_imperia_il_primo_processo_in_italia_a_un_passeur_solidale-158480661/

A Imperia il primo processo in Italia a un ‘passeur’ solidale

Un centinaio di persone hanno manifestato la solidarietà a Felix Croft, che ha accompagnato in Francia una famiglia di sudanesi provenienti dal Darfur

di PIETRO BARABINO - 16 febbraio 2017

A Imperia il primo processo in Italia a un 'passeur' solidale
Migranti a Ventimiglia 

Un centinaio di persone si sono ritrovate oggi a mezzogiorno di fronte al Tribunale di Imperia per manifestare la propria solidarietà a Felix Croft, cittadino francese a processo per “favoreggiamento dell’immigrazione clandestina”. Il ventottenne, che vive a Nizza ed è impegnato in attività umanitarie, era stato fermato da una volante dei carabinieri il 22 luglio 2016 all’altezza del casello autostradale di Ventimiglia mentre accompagnava verso la Francia una famiglia di sudanesi provenienti dall’area del Darfur. Felix aveva incontrato la famiglia, composta da una donna incinta con i figli di cinque e due anni, il marito e il fratello, mentre svolgeva attività di volontariato a Ventimiglia. Per chi accompagna persone senza documenti regolari oltre frontiera il testo unico sull’immigrazione prevede le stesse pene pensate per i trafficanti delle organizzazioni criminali che gestiscono i viaggi in mare, ovvero dai 5 ai 15 anni di detenzione e 15.000 euro per ogni persona accompagnata. Oggi sono stati ascoltati i testimoni delle parti, rimandando al 16 marzo alle 14.30 la seconda parte del dibattimento con richieste delle parti e sentenza.

. «Ho passato diversi mesi a Ventimiglia come volontario e ho conosciuto le storie drammatiche di molti migranti rimasti fermi alla frontiera» dichiara Felix Croft, che aggiunge: «Decine di persone sono morte nel tentativo di passare il confine, ho visto passeur che speculano sulla disperazione dei migranti e in alcuni casi li abbandonano a lato strada. La famiglia che ho accompagnato e avrei ospitato in casa aiutandoli a chiedere asilo in Francia si trovava in condizioni di estrema fragilità, avrebbero rischiato la vita per passare la frontiera, ho pensato fosse giusto aiutarli, penso di avere agito in base ai valori della Dichiarazione Universale dei Diritti dell’Uomo del 1948». L’attivista francese, incensurato, avrebbe potuto patteggiare e sfuggire al processo, ma ha deciso di andare avanti. «Puntiamo all’assoluzione – dichiara la legale del giovane francese Ersilia Ferrante, che opera per “Terres des Hommes” a Ventimiglia – perché il suo è stato un gesto di solidarietà e umanità, che non ha nulla a che fare con un reato che nasce per punire chi lucra sulla pelle dei migranti.»
A sostegno di Felix Croft e delle altre persone sotto processo per aver accompagnato gratuitamente profughi senza documenti a chiedere asilo in Francia, oltre 350 associazioni locali e nazionali francesi hanno sottoscritto una petizione su Change.org che ha già raccolto 24.000 firme. Così il portavoce di Amnesty International in Italia Riccardo Noury: «È paradossale che il diniego di diritti umani da parte degli stati produca, come conseguenza, che vengano perseguiti, anche con ipotesi di reato e di pena sproporzionati, i loro cittadini che cercano di aiutare i richiedenti asilo a far valere i loro diritti». Con il giovane attivista anche Medici Senza Frontiere, che è presente a Ventimiglia con uno sportello sanitario: «Riteniamo che l’aiuto debba essere imparziale verso coloro che ne hanno bisogno, al di là dello status giuridico di ognuno. Crediamo che condannare chi fornisce assistenza sia un modo cinico per giustificare il fallimento delle politiche di accoglienza e dei meccanismi di protezione dell’UE. Ancora una volta, si mette l’accento sulla deterrenza e la criminalizzazione della solidarietà invece che sui doveri di accoglienza e protezione.»

Per Walter Massa, coordinatore del sistema accoglienza dell’Arci: « Si criminalizza la solidarietà con la stessa foga con cui si perseguivano i partigiani durante la seconda guerra mondiale, criminalizzare la solidarietà è l’ultima delle nefandezze di un’Europa incapace, immatura e impaurita». Per atti di disobbedienza

civile analoghi ci sono già state due sentenze di sostanziale assoluzione a Nizza per l’insegnante Pierre-Alain Mannoni e per l’agricoltore Cédric Herrou, mentre quello contro Felix Croft è il primo e per ora unico procedimento penale previsto in Italia. Nei prossimi mesi si terranno altri nove processi a “passeur solidali” presso il tribunale di Nizza, uno dei quali a una giovane solidale italiana, martedì 4 aprile.

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