ROYA CITOYENNE – Résistances en Roya

solidarité, renforcement du réseau social, réflexion sur des projets de société respectueux de l'humain et de la nature…

Archive pour la catégorie 'Non classé'

SEMINAIRE-CONCERT « Comprendre la situation en ROYA » à la Zonmé, NICE – VENDREDI 27 JANVIER 18 h

Posté : 21 janvier, 2017 @ 6:34 dans Non classé | Pas de commentaires »

http://www.lazonme.fr/events/1274/seminaire-concert-comprendre-la-situation-en-roya/

Organisé par l’association LABBAL avec le soutien de la ZONME

avec Roya citoyenne

vendredi 27 janvier à la Zonmé, à partir de 18 h

Au programme :
On commence avec le jeu de rôle « Jeu suis migrant » animé par Guiluia et Ariana (Urmis),
puis table ronde avec présentation du Labbal (organisateur, Makerspace en sciences humaines et sociales) 10min,
présentation du projet de clinique juridique à Nice 10min,
Situation à l’église St Antonio et centre Croix rouge (Soline),
puis la parole sera donnée à Roya Citoyenne et autre intervenants (Récits de vie et du vécu dans la vallée).
Enfin, à la suite de la table ronde un concert clôturera cette soirée.

Interpellation de Cédric Herrou nuit du 19/1/2017

Posté : 20 janvier, 2017 @ 1:44 dans Non classé | Pas de commentaires »

Cédric Herrou a été interpellé dans la nuit de mercredi à jeudi 19 janvier, aux environs de Sospel, à pied, accompagné de 3 réfugiés érythréens (il ne les transportait pas dans un véhicule comme il l’a été annoncé dans certains médias).

En fin d’après-midi jeudi 19 janvier,entre 16 H et 17 H, lors d’une perquisition à son domicile en présence d’un déploiement impressionnant des forces de gendarmerie lourdement armées, son frère, ainsi qu’une militante présente de longue date à son domicile, ont été interpellés et emmenés eux aussi en garde à vue.

Roya citoyenne attend des informations plus précises des avocats pour un éventuel communiqué de presse. Elle ne pourra qu’une fois de plus mettre en cause l’irresponsabilité des pouvoirs publics.

Les MEDIAS :

http://france3-regions.francetvinfo.fr/cote-d-azur/alpes-maritimes/menton/cedric-herrou-interpelle-migrants-il-risque-deja-prison-sursis-1178077.html

http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/alpes-maritimes-deja-poursuivi-pour-aide-aux-migrants-l-agriculteur-cedric-herrou-a-nouveau-interpelle_2025738.html

http://www.liberation.fr/france/2017/01/19/cedric-herrou-de-nouveau-place-en-garde-a-vue-a-menton-pour-aide-aux-migrants_1542573

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/aide-aux-migrants-cedric-herrou-nouveau-interpelle-1484813687

http://www.bfmtv.com/police-justice/cedric-herrou-qui-risque-de-la-prison-avec-sursis-pour-avoir-aide-des-migrants-interpelle-1085050.html

http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/01/19/aide-aux-migrants-l-agriculteur-cedric-herrou-de-nouveau-en-garde-a-vue_5065230_3224.html

 

 

 

 

VIDEO : expulsion illégale de mineurs de la France vers l’Italie

Posté : 18 janvier, 2017 @ 3:00 dans Medias : Articles presse Radios, Mineurs Isolés Etrangers, Non classé, Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires »

http://www.pandapazzo.com/wordpress/i-poliziotti-francesi-tentano-di-espellere-dei-minorenni-guardate-la-risposta-del-poliziotto-italiano/

I Poliziotti Francesi Tentano Di Espellere Dei Minorenni, Guardate La Risposta Del Poliziotto Italiano

I Poliziotti Francesi Tentano Di EspellereDei Minorenni,

Guardate La Risposta Del Poliziotto Italiano

 https://www.youtube.com/watch?v=n5SZTjZTlUo

 IncredibiliVideo e Notizie  20 giugno 2015

Quello che sta accadendo in Francia in questi giorni è gravissimo, un vero schiaffo alle regole europee. Approfittando del caos migranti le autorità francesi stanno facendo una vera e propria “pulizia” senza seguire nessuna regola. Riaccompagnano gli immigrati alle frontiere in baffo alle regole, infatti secondo le regole dovrebbero riaccompagnare alle frontiere solo coloro che le hanno attraversate illegalmente, se trovati entro 50km dal confine di stato. In questo video potete vedere la polizia francese che cerca di espellere dei minori non accompagnati, falsificando le carte.

Ma ecco che il coraggioso poliziotto italiano però non ci sta e fa quello che dovrebbe fare il governo italiano, rivolgendosi con autorevolezza ai colleghi francesi gli impone di riportare indietro i minori e riaccoglierli in francia. In questo modo lascia ammutoliti i poliziotti. L’agente pur mantenendo la calma è evidentemente innervosito. Ma alla fine porge la mano ai colleghi francesi per mantenere il quieto vivere.

Questo poliziotto ha dimostrato grande umanità e rispetto per le regole, avrebbe potuto fare finta di niente e invece ha sbugiardato i poliziotti francesi che volevano mandare via dei minorenni. La Francia invece di accogliere i minori in strutture idonee voleva scaricare il problema alle istituzioni Italiane.

Fonte: LaRepubblica

Communiqué de presse du parti communiste français 10/1/2017

Posté : 14 janvier, 2017 @ 2:11 dans Non classé | Pas de commentaires »

 Communiqué de Presse Réfugiés

Réfugiés : La solidarité n’est pas un crime

L’interpellation de Cedric Herrou, militant de la solidarité, à Manuel Valls à propos de l’attitude répressive des autorités françaises à l’égard des migrants de la vallée de la Roya, a provoqué une profonde émotion. De très nombreux Français ont pu alors mesurer les conséquences inhumaines de la politique menée à l’égard de ceux qui viennent chercher refuge dans notre pays.

Le Parti communiste français réaffirme sa condamnation de la véritable chasse à l’homme organisée par le gouvernement avec le soutien des leaders de la droite Estrosi, Ciotti, par l’intervention de l’armée, de la gendarmerie et de la police à l’encontre à la fois des exilés et des militant de la solidarité qui leur viennent en aide.

Le PCF tient à exprimer son soutien le plus chaleureux à ces femmes et ces hommes qui, malgré les menaces de poursuites, refusent l’intimidation et mettent en œuvre ce qu’ils considèrent être leur devoir de citoyen.

Pas moins de 11 procès sont ainsi programmés cette année pour « délit de solidarité ». Quelle indignité de les comparer à des passeurs, motivés par l’appât du gain !

A la lumière de ces évènements, dans ces vallées s’écrit une double page de l’histoire de notre pays : une, indigne, celle du rejet et du refoulement de ceux et de celles qui fuient la guerre, la misère, et qui sont mis en danger sur notre propre sol et une autre faite d’accueil, d’humanité et de fraternité de la part de citoyens, militants associatifs, et de nombreux communistes, qui font ainsi honneur aux traditions de notre pays et donnent à voir le présent et le futur d’un monde plus humain.

L’Etat, la Région, le département des Alpes Maritimes ont les moyens d’ouvrir des centres d’accueil réclamés par les associations et le PCF, de recueillir les mineurs en détresse, comme la loi l’exige, d’offrir des solutions pour le dépôt de demandes d’asile. Il s’agit également d’en finir avec une législation européenne qui bloque les demandeurs d’asile en Italie et en Grèce.

Il faut aussi rompre avec les politiques d’austérité qui fabriquent de la pauvreté, creusent les inégalités, poussent à la recherche de boucs émissaires aux côtés de richesses indécentes épargnées de toute justice fiscale.

Le PCF appelle à faire monter l’exigence de mettre un terme à toute poursuite à l’égard des militants-citoyens de la solidarité et à s’engager pour une véritable politique d’accueil ouverte et humaine dans notre pays.

Parti communiste français
Paris, le 10 janvier 2017

LA TRIBUNE « Ils ferment leurs frontières, nous ouvrons nos écoles » 4/1/2017

Posté : 14 janvier, 2017 @ 1:14 dans Medias : Articles presse Radios, Non classé, Réfugiés - Migrants, Soutien aux sans-papiers | Pas de commentaires »

http://www.resome.org/La-Tribune_a3.html

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La Tribune

Rédigé le Lundi 4 Avril 2016 à 17:09 | Lu 4566 fois

« Ils ferment leurs frontières, nous ouvrons nos écoles »

Crédit photo : Eden Shavit

Crédit photo : Eden Shavit
Nous, étudiant.e.s, personnel.le.s de l’enseignement supérieur, et professeur.e.s solidaires, décidons d’oeuvrer collectivement à ouvrir les portes de nos universités et de nos écoles à celles et ceux qui fuient les guerres, les discriminations, les persécutions et les désastres économiques et environnementaux, quels que soient leur statut administratif et leur nationalité.
Nous prenons acte de l’impuissance de l’Europe à mettre en place des politiques d’accueil respectant la dignité et l’intégrité des exilé.e.s. Nous constatons les pratiques déshumanisantes des pouvoirs publics qui refusent de considérer ces femmes et ces hommes comme des individus animés de projets et de désirs, mais parlent de flux, de chiffres, de menaces, au mieux de potentiels, qu’il faudrait gérer, optimiser, contenir. Nous avons été les témoins de la logique d’attente interminable qui dépossède, à petit feu, les demandeur.se.s d’asile de tout rêve et de tout espoir. Et parce qu’il est scandaleux de rester indifférent.e face au pourrissement des existences que produisent ces politiques, parce qu’il est intolérable de ne pas réagir face au manque de moyens destinés à assurer une vie décente sur le territoire d’installation, il nous semble nécessaire aujourd’hui d’appeler à une nouvelle conception de l’accueil.

 

Qu’on se tienne un instant parmi les assemblées générales des exilé.e.s des camps à Vintimille, à Calais ou à Paris, dans les centres d’hébergement partout en France, aux côtés des associations politiques de migrant.e.s, auprès des organisations de défense des étranger.e.s. On entendra, parmi les revendications élémentaires et vitales du droit aux papiers et au logement, une demande s’élever : le droit à l’éducation, à l’apprentissage du français, à la reprise d’études. Car souvent, les personnes en exil n’ont pas accès à des cursus scolaires ou universitaires et les associations de cours de français sont débordées. Celles et ceux qui ailleurs se reconnaissaient comme étudiant.e, intellectuel.le, et se projetaient dans un métier, ne se voient défini.e.s ici qu’à travers des catégories administratives arbitraires et appauvrissantes. Se tient donc un lieu : l’école. Une certitude : que la langue et la connaissance sont les fondements de la dignité et de la reconstruction de soi. Une revendication : la liberté d’étudier et de développer ses projets sur le sol où l’on vit.

 

Nous avons décidé de répondre à cette nécessité. Partout, depuis septembre 2015, des groupes se constituent, des programmes s’ouvrent, très souvent soutenus par la direction des écoles et des universités, pour faciliter l’accès aux savoirs et à l’apprentissage du français aux réfugié.e.s – qu’ils et elles aient été reconnu.e.s comme tel.le.s ou non par l’administration française. C’est le cas, déjà, à Paris 8-Saint Denis, dans les ENS de Paris, Lyon, Cachan et Rennes, à Paris 7-Diderot, à l’ENSAD, à l’EHESS, à l’ENSCI, à AgroParisTech, à la FEMIS, dans de nombreuses autres écoles et universités, à travers des associations de Français Langue Étrangère également, comme InFLEchir ou Thot. Aujourd’hui, des centaines de réfugié.e.s et exilé.e.s ont intégré les structures d’accueil que nous contribuons à construire. Nous refusons l’iniquité, et des institutions nous soutiennent dans cet engagement. Il ne s’agit pas de produire ici un nouveau projet de gestion « humanitaire », ni de s’inscrire dans une logique de charité : ce sont trop souvent les noms de l’asymétrie et de la dépossession. Au contraire, nous pensons qu’il faut faire l’effort de travailler ensemble avec les forces de ceux et celles qui ont traversé les frontières, et qui ont bien plus de solutions à proposer que nous n’en aurons jamais. Il est impératif de fonder ces espaces communs.

 

Notre action s’inscrit dans une double urgence : d’un côté, l’accès au droit fondamental qu’est l’éducation pour tou.te.s; de l’autre, l’exigence de faire de l’université le lieu par excellence de l’ouverture et de l’émancipation.
Organisation de cours de Français Langue Étrangère, mise en place de tandems linguistiques, d’activités culturelles et sportives, de films et de discussions, ouverture aux infrastructures des établissements d’accueil (bibliothèques, restaurants, campus), aide à l’orientation, accompagnement dans les démarches, tutorat enseignant et binôme étudiant, conférences où la parole est donnée aux migrant.e.s, moments festifs de rencontre… La liste des possibilités est longue et les initiatives réussies nombreuses. Etudiant.e.s et professeur.e.s en sont souvent à l’origine : il suffit de quelques personnes déterminées pour assurer que les établissements s’emparent de leurs responsabilités. À l’automne dernier, les promesses des président.e.s d’université1 et les appels à ouvrir leurs établissements aux réfugié.e.s2 avaient entraîné une nuée d’espoir : assurons-nous que cette mobilisation prenne effet partout où elle est nécessaire.
 
Nous, étudiant.e.s, personnel.le.s de l’enseignement supérieur, et professeur.e.s solidaires, nous constituons en collectif afin de motiver et promouvoir la création de programmes similaires. Notre collectif propose de mettre en réseau l’ensemble des initiatives existantes ou émergentes, afin de s’organiser pour répondre aux besoins des premier.e.s concerné.e.s. Nous appelons ceux et celles qui ne savent pas où commencer, comment faire, à qui s’adresser, mais qui ont pourtant conscience de la nécessité d’agir, à nous contacter. 
 
Chaque initiative est autonome et indépendante: nous souhaitons organiser un collectif horizontal de travail et de confiance entre tou.te.s celles et ceux qui défendent les mêmes revendications ; un terrain fertile pour montrer qu’il est possible de s’organiser autrement, et pour lutter en faveur du droit à l’éducation et à la dignité de tou.te.s les exilé.e.s.
 
Le Réseau Etudes Supérieures et Orientation des Migrant.e.s et des Exilé.e.s (RESOME), constitué par des étudiant.e.s, personnel.le.s et enseignant.e.s de l’EHESS, l’ENSAD, la FEMIS, l’ENS Ulm, d’AgroParisTech, l’ENSCI, l’ENS Lyon, Paris 8 – Saint-Denis, Paris 10 – Nanterre, Paris 7 – Diderot, de l’ESSEC et les organisations suivantes : association MIGRENS, Voyage au bout de la 11, RUSF Paris-8, InFLEchir. 
Pour nous contacter : contact@resome.org

 

Communiqué du Parti Socialiste 6/1/2017 relaxe de P-A Mannoni

Posté : 11 janvier, 2017 @ 4:09 dans Non classé | Pas de commentaires »

Pied-de-nez supplémentaire de l’histoire avec l’appel du Procureur ?

Communiqué au format pdf en téléchargement : fichier pdf PS communiqué -Jugement-MLF 06-01-2017

Pierre-Alain Mannoni : délibéré du 6/1/2017 : RELAXE, puis APPEL du Procureur – tous médias

Posté : 8 janvier, 2017 @ 7:00 dans Non classé | Pas de commentaires »

http://france3-regions.francetvinfo.fr/cote-d-azur/alpes-maritimes/nice/aide-aux-migrants-parquet-fait-appel-relaxe-pierre-alain-mannoni-1169395.html

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http://www.liberation.fr/france/2017/01/06/le-parquet-fait-appel-de-la-relaxe-d-un-enseignant-chercheur-qui-avait-aide-des-migrantes_1539494

LUTTES

Le parquet fait appel de la relaxe d’un enseignant-chercheur qui avait aidé des migrantes

Par LIBERATION, avec AFP — 6 janvier 2017 à 11:25 (mis à jour le 7 janvier 2017 à 12:06)
Pierre-Alain Mannoni dans la salle d'attente du tribunal de Nice, le 23 novembre 2016.
Pierre-Alain Mannoni dans la salle d’attente du tribunal de Nice, le 23 novembre 2016. Laurent Carre

Six mois de prison avec sursis avaient été requis contre Pierre-Alain Mannoni. Sa relaxe est tombée deux jours après le procès d’un autre homme poursuivi pour son aide à des migrants, Cédric Herrou. Le parquet va faire appel

  •  Le parquet fait appel de la relaxe d’un enseignant-chercheur qui avait aidé des migrantes

Pierre-Alain Mannoni, un enseignant-chercheur du CNRS poursuivi pour avoir convoyé des Erythréennes venues d’Italie, a été relaxé vendredi par le tribunal correctionnel de Nice, devant lequel le procureur avait requis fin novembre à son encontre six mois de prison avec sursis.

Le procureur de la République à Nice a interjeté appel, a indiqué ce samedi le parquet local, confirmant une information de France Bleu Azur.

A LIRE AUSSI Il risque six mois de prison pour des «gestes d’humanité» envers des migrants

«Le tribunal a reconnu que j’avais agi pour préserver leur dignité et ça ce n’est pas condamnable, c’est ça qui est important», a déclaré Pierre-Alain Mannoni à la sortie du tribunal. «C’est une grande victoire pour les gens qui aident et aussi pour tous les gens qui ont besoin d’être aidés».

Cet enseignant-chercheur à la faculté de Nice Sophia Antipolis, 45 ans, avait été interpellé le 18 octobre à un péage près de Menton avec dans sa voiture trois Erythréennes dont une mineure, qu’il emmenait à son domicile pour les héberger. Poursuivi pour aide au séjour et aide au transport d’étrangers en situation irrégulière, le tribunal lui a accordé l’immunité pénale, estimant qu’il avait agi pour préserver la dignité des personnes convoyées.

La loi prévoit, depuis 2012, l’immunité pour les passeurs qui ne sont pas rétribués et qui agissent si la vie des personnes recueillies est jugée en péril.

A LIRE AUSSI Migrants : le «délit de solidarité» existe-t-il encore ?

Depuis 2015, de nombreux habitants de la vallée de la Roya (Alpes-Maritimes) viennent en aide aux migrants, souvent des Africains fuyant des pays instables.

Mercredi, le procureur de la République de Nice a par ailleurs requis 8 mois de prison avec sursis contre Cédric Herrou, un agriculteur de cette vallée, dans un autre dossier d’aide aux migrants, nombreux à entrer dans les Alpes-Maritimes depuis l’Italie voisine.

A LIRE AUSSI Cédric Herrou, le procès d’un geste d’humanité

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http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/01/06/01016-20170106ARTFIG00133-l-enseignant-nicois-poursuivi-pour-avoir-aide-des-migrants-est-relaxe.php

http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/01/07/le-parquet-fait-appel-de-la-relaxe-d-un-enseignant-chercheur-ayant-aide-des-migrants_5059271_3224.html

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http://france3-regions.francetvinfo.fr/cote-d-azur/alpes-maritimes/nice/aide-aux-migrants-reactions-suite-relaxe-enseignant-chercheur-nice-1168787.html

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http://www.humanite.fr/aide-aux-migrants-pierre-alain-mannoni-enseignant-chercheur-du-cnrs-relaxe-nice-629873

Aide aux migrants: Pierre-Alain Mannoni enseignant-chercheur du CNRS relaxé à Nice

avec afp  -  Vendredi, 6 Janvier, 2017   –   Humanite.fr
Pierre-Alain Mannoni : délibéré du 6/1/2017 : RELAXE, puis APPEL du Procureur - tous médias

Pierre-Alain Mannoni devant le tribunal de Nice, le 23 novembre 2016. Photo Yann Coatsaliou/AFP
« Aujourd’hui en France (…) on a le droit de sauver des gens qui sont dans la détresse », s’est réjoui vendredi Pierre-Alain Mannoni: poursuivi pour avoir convoyé des Erythréennes venues d’Italie, l’enseignant-chercheur du CNRS a été relaxé par le tribunal correctionnel de Nice.
A l’audience fin novembre, réclamant un « sévère avertissement », le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre avait requis six mois de prison avec sursis à l’encontre de M. Mannoni: « On peut porter secours, c’est un devoir, mais pas aider au séjour et à la circulation » d’étrangers en situation irrégulière, avait mis en garde le magistrat. Le tribunal correctionnel a jugé que le chercheur à l’université de Nice Sophia Antipolis, en convoyant trois jeunes Erythréennes, avait agi « pour préserver leur dignité », a déclaré vendredi la présidente. La loi prévoit, depuis 2012, l’immunité pour les passeurs qui ne sont pas rétribués et qui agissent si la vie des personnes recueillies est jugée en péril.
« Aujourd’hui en France, sachez-le, on a le droit d’héberger, on a le droit de nourrir, on a le droit de sauver des gens qui sont dans la détresse, on a le droit de les transporter chez soi lorsque les conditions sont nécessaires pour préserver leur dignité et leur intégrité physique », a réagi à sa sortie du palais de justice Pierre-Alain Mannoni: « Vous pouvez aider les gens, et je vous le recommande, ça fait beaucoup de bien ! »
Cet enseignant-chercheur de 45 ans avait été interpellé le 18 octobre à un péage d’autoroute près de Menton avec, dans sa voiture, trois Erythréennes dont une mineure, qu’il emmenait à son domicile pour les héberger. Il était poursuivi pour aide au séjour et aide au transport d’étrangers en situation irrégulière.  »Le tribunal a reconnu que j’avais agi pour préserver leur dignité et ça, ce n’est pas condamnable, c’est ça qui est important », a encore déclaré Pierre-Alain Mannoni. « C’est une grande victoire pour les gens qui aident et aussi pour tous les gens qui ont besoin d’être aidés ».
« On a entériné effectivement la solidarité et la nécessité de savoir faire preuve d’humanité lorsque des personnes sont dans une situation de danger, dès lors qu’il peut être porté atteinte à leur dignité », a commenté son avocate, Maeva Binimelis.
Membre de l’Association pour la démocratie à Nice, Théresa Maffeis, a de son côté salué une décision apportant « beaucoup de baume au coeur pour la vallée de la Roya qui s’est battue très justement et qui a essayé, elle aussi, de protéger tous ces gens, et pour tous les autres qui vont passer dans les procès prochainement ». « Ca donne quand même un petit peu d’espérance dans l’humanité », a estimé la militante associative. Depuis 2015, de nombreux habitants de la vallée de la Roya (Alpes-Maritimes) viennent en aide aux migrants, souvent des Africains fuyant des pays instables et des régimes totalitaires.
Un collectif de soutien aux migrants, baptisé Roya Citoyenne, s’est mis en place dans la vallée, et l’un de ses membres les plus impliqués, l’agriculteur Cédric Herrou, a lui aussi comparu mercredi devant le tribunal correctionnel de Nice, dans un autre dossier d’aide aux migrants. M. Prêtre a requis huit mois de prison avec sursis contre M. Herrou, poursuivi pour avoir installé en octobre 2016 sans autorisation une cinquantaine d’Erythréens dans un centre de vacances SNCF désaffecté à Saint-Dalmas-de-Tende (Alpes-Maritimes). Ce centre, dont la mise en place avait été dénoncée immédiatement par les élus locaux, dont le président LR du conseil départemental Eric Ciotti et le président LR de la région Paca Christian Estrosi, avait été évacué par les forces de l’ordre au bout de trois jours.
Début décembre, la cour d’appel d’Aix-en-Provence a par ailleurs confirmé l’amende de 1.500 euros infligée à Claire Marsol, une universitaire de 73 ans à la retraite, militante de l’association Habitat et citoyenneté, pour avoir emmené deux Érythréens en voiture pour les soustraire à un contrôle policier.
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Aide aux migrants : pourquoi le cas de Pierre-Alain Mannoni relaxé à Nice peut donner un nouvel espoir à Cédric Herrou

Le cas de l’agriculteur est bien différent de celui de l’enseignant-chercheur mais il pourrait bénéficier lui aussi de l’immunité pénale.

06/01/2017 10:22 CET | Actualisé 06/01/2017 12:04 CET

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Aide aux migrants : pourquoi le cas de Pierre-Alain Mannoni relaxé à Nice peut donner un nouvel espoir à Cédric Herrou

Le cas de l’agriculteur est bien différent de celui de l’enseignant-chercheur mais il pourrait bénéficier lui aussi de l’immunité pénale.

06/01/2017 10:22 CET | Actualisé 06/01/2017 12:04

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PROCES CEDRIC HERROU 4/1/2017 – tous medias – Libération, Politis, Le Monde, …

Posté : 8 janvier, 2017 @ 6:04 dans Medias : Articles presse Radios, Non classé, Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires »

Cédric Herrou face à Manuel Valls sur France 2https://www.youtube.com/watch?v=h0cvRA8nW5s

Cédric Herrou, juste avant son procèshttps://www.youtube.com/watch?v=j2g6PPYzxeg

L’avocat de Cédric HERROUhttps://www.youtube.com/watch?v=FCjGC3kSD0s

FRANCE 24 revue de presse ( Cédric jusqu’à 2 mn 30):  https://www.youtube.com/watch?v=hsMrOaUc01Q

http://www.liberation.fr/france/2017/01/04/cedric-herrou-le-proces-d-un-geste-d-humanite_1539167

Libération

Cédric Herrou, le procès d’un geste d’humanité

Cédric Herrou lors de son arrivée au tribunal de Nice, mercredi, où il était jugé pour avoir fait passer en France, transporté et hébergé des migrants, surtout des Erythréens et Soudanais. Photo Laurent Carre pour Libération

Le procureur a requis huit mois de prison avec sursis à l’encontre de Cédric Herrou, agriculteur et militant qui comparaissait mercredi à Nice pour avoir aidé des migrants érythréens dans la vallée de la Roya, près de la frontière franco-italienne.

  • Aide aux migrants : le procès d’un geste d’humanité

Mercredi midi, sur la place du palais de justice de Nice, Cédric Herrou passe de bras en bras, d’accolade en accolade et de micro en micro. «Il va parler du haut des marches, ça lui évitera de répéter», annonce Nathalie, l’attachée de presse improvisée qui tente de ménager le militant, attendu au tribunal pour être venu en aide à des migrants. «Un semblant d’organisation, ça changera», sourit Cédric Herrou en grimpant les escaliers. Son béret noir et ses lunettes rondes toujours posés sur la tête, il parle devant les journalistes et ses nombreux soutiens : «C’est un mélange entre la peur et l’excitation. Je vais enfin pouvoir expliquer pourquoi j’ai pris tant de responsabilités.»

Cet Azuréen de 37 ans comparaît devant le tribunal de Nice «pour la première fois», insiste-t-il. La justice lui reproche d’avoir facilité l’entrée sur le territoire national, la circulation et la présence irrégulière de 200 étrangers dépourvus de titre de séjour. Il est aussi poursuivi pour avoir ouvert un camp illégal avec 57 migrants dans un bâtiment de la SNCF, à Tende en octobre. Il encourt cinq ans de prison et 30 000 euros d’amende.

Quand il n’est pas dans les mains de la justice, Herrou est agriculteur dans la vallée de la Roya, une zone montagneuse située entre l’Italie et la France qui voit arriver dans ses villages des migrants qui tentent de rejoindre le nord de l’Europe et qui se retrouvent coincés.

Quotidiennement, il livre avec sa fourgonnette ses œufs, son huile et sa pâte d’olive. Mais, depuis mars, ce sont surtout des migrants qu’il transporte. Et l’agriculteur ne se contente pas «d’aider à faire passer la frontière à des familles et des enfants». Sur le terrain accolé à sa maison isolée de Breil-sur-Roya, au bout d’un sentier en pierre, il héberge, nourrit et soigne des migrants. «Plusieurs centaines» d’Erythréens et de Soudanais ont séjourné dans deux caravanes et quatre tentes posées dans son jardin.

A lire aussi Migrants : la vallée qui fait de la désobéissance

«Ne pas être complice»

A la barre, Cédric Herrou assure être conscient de l’illégalité de ses actes. «J’ai ramassé des gamines qui ont passé douze fois la frontière. Il y a eu quatre morts sur l’autoroute. Mon inaction et mon silence me rendraient complice, je ne veux pas l’être», dit-il face au procureur de Nice, Jean-Michel Prêtre, qui avait soutenu, lors d’un précédent procès fin novembre, que ce genre d’action «consiste à nier qu’une frontière existe et qu’un pays vote des lois». Ce mercredi, anticipant un possible débat, le procureur lâche : «Il s’agit d’un procès qui est une tribune politique. Nous sommes dans quelque chose qui sort du rôle de la justice.»

Mais les débats n’ont pas attendu l’audience. Fin décembre, plus de 4 000 internautes de Nice-Matin élisaient Cédric Herrou «Azuréen de l’année». Une dénomination qui a attiré les foudres du président du département des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti. Dans une tribune d’une demi-page parue dans le quotidien local le 30 décembre, l’élu LR dénonce une «fausse générosité», une «filière organisée» et une attitude qui «n’a pas d’autre but que de provoquer et de défier l’autorité de l’Etat» : «Son action est une insulte aux policiers, aux gendarmes, aux douaniers et aux militaires», estime-t-il. Des propos jugés intolérables par Herrou : «Dans la vallée, on accueille plus d’enfants que dans les services de son département [qui a en charge 210 mineurs isolés, ndlr]. On fait son boulot et il nous incrimine.»

Ce «boulot», Cédric Herrou n’est pas le seul à l’exercer dans la vallée. Des citoyens, touchés par ces hommes, femmes et enfants qui fuient des conditions difficiles dans leur pays, se sont mobilisés. «Au début, nous n’étions qu’une poignée à être sur le pont pour aider. Aujourd’hui, nous sommes plus nombreux : le village de Saorge compte 300 habitants et une trentaine de migrants y est hébergée», explique René Dahon, de l’association Roya citoyenne. «Beaucoup de gens, des monsieur-tout-le-monde, se rendent complices d’actions par des dons d’argent, de couvertures, d’aliments. Des gens hébergent dans la Roya et ailleurs», énumère Herrou devant le tribunal. D’ailleurs, fin novembre, c’était au tour de Pierre-Alain Mannoni, professeur à Nice-Sophia-Antipolis et chercheur au CNRS, de comparaître devant ce même tribunal pour aide au séjour et à la circulation sur le territoire national de personnes en situation irrégulière. Il avait transporté trois Erythréennes à partir de la Roya pour les déposer dans une gare de l’ouest des Alpes-Maritimes. Le voyage avait été plus court que prévu, le trio et Pierre-Alain ayant été arrêtés au péage de la Turbie sur l’A8. Le procureur avait requis «un sévère avertissement» de six mois de prison avec sursis.

«Ne pas avoir honte»

En avril, trois autres Azuréens seront également entendus par le tribunal correctionnel de Nice. En attendant, des migrants «viennent toujours toquer à la porte» de Herrou. «Je me mets dans l’illégalité pour sauvegarder les droits de l’enfant. L’histoire s’écrit tous les jours, et c’est de notre devoir de se lever quand les choses vont mal. Je ne veux pas avoir honte dans vingt ans. Si je dois continuer, je continuerai.»

Mercredi soir, le procureur a requis huit mois de prison avec sursis, une mise à l’épreuve avec usage limité de son permis de conduire pendant ses horaires de travail et confiscation de sa fourgonnette. «Cédric Herrou a la volonté de se présenter devant tout le monde en martyr judiciaire d’une cause devant l’opinion publique», a déclaré le procureur. La décision sera rendue le 10 février. Cette nuit, Herrou hébergera encore trois migrants.

A lire aussi  Migrants : le «délit de solidarité» existe-t-il encore ?


 LES PRÉCÉDENTS

Janvier 2016 Rob Lawrie, un ancien militaire britannique, est jugé pour avoir transporté une fillette afghane de la «jungle» de Calais jusqu’au Royaume-Uni. Initialement poursuivi pour «aide à la circulation», il est reconnu coupable de «mise en danger de la vie d’autrui» et écope de 1 000 euros d’amende avec sursis.

Décembre 2015 Claire Marsol, une militante de 72 ans, est condamnée à 1 500 euros d’amende pour avoir aidé deux Erythréens à voyager en gare de Nice.

Juillet 2015 Un militant d’un collectif d’aide aux sans-papiers est poursuivi pour aide au séjour irrégulier, au motif qu’il aurait fait exécuter des tâches ménagères en contrepartie à la famille arménienne qu’il hébergeait. Le procureur abandonne les poursuites. L’homme est relaxé.

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 POLITIS

Sur le vif  Publié le 5 janvier 2017

Procès de Cédric Herrou : le retour du délit de solidarité ?

Jugé au tribunal de Nice pour avoir aidé des migrants près de la frontière franco-italienne, l’agriculteur a revendiqué des actes politiques.

« Je le fais parce qu’il faut le faire », assume Cédric Herrou devant le tribunal de Nice à l’ouverture de son procès le 4 janvier. Lui reprochant l’installation – sans autorisation – d’une cinquantaine d’Érythréens dans un ancien centre de vacances de la SNCF, le procureur a requis 8 mois d’emprisonnement avec sursis.

« Même si vous me condamnez, le problème continuera »

Durant l’année 2016, Cédric Herrou commence à prendre les migrants qu’il rencontre sur la route en stop, les déposant à la gare la plus proche. Petit à petit, il s’intéresse aux raisons de leur présence, à la gestion de leur accueil … Il en héberge certains chez lui, mais cela devient compliqué. « Il y avait trop de monde, alors, avec l’association Roya Citoyenne et le soutien d’autres associations, nous avons ouvert un squat dans un local désaffecté de la SNCF, à Saint-Dalmas-de-Tende. » Entrés le 17 octobre, les occupants sont évacués 3 jours après par les forces de l’ordre. On reproche alors à l’agriculteur d’avoir voulu créer une résidence dans un local privé, mais aussi d’avoir fait passer la frontière à des migrants. Interrogé par le tribunal sur l’évolution de la situation depuis octobre, il répond qu’il continue d’héberger des migrants, mineurs comme majeurs. « Même si vous me condamnez, le problème continuera », a assené l’accusé.

>> A lire aussi : Exaspérés par l’inaction de leurs élus, des citoyens ouvrent un centre d’accueil pour les réfugiés

Un procès politique

Son avocat, Zia Oloumi, a plaidé pour une relaxe, estimant que le délit n’était pas caractérisé, faute d’éléments matériels. En effet, sur l’accusation de transport, Cédric Herrou n’a pas été pris en flagrant délit : « Ils (les gendarmes) se basaient sur des reportages et un article du New York Times », a affirmé l’agriculteur. « Aujourd’hui, on veut faire condamner Herrou pour que les autres ne recommencent pas », estime maitre Oloumi s’opposant au procureur Jean-Michel Prêtre. Ce dernier a dénoncé l’usage du procès comme « une tribune politique » et a requis 8 mois d’emprisonnement avec sursis mise à l’épreuve et la confiscation de son véhicule, ainsi qu’un usage limité de son permis de conduire aux besoins de sa profession. « Nous sommes dans la situation d’un procès qui a été voulu, qui procède d’une stratégie générale de communication, de portage militant d’une cause et qui fait que la justice est saisie aujourd’hui de faits reconnus. »

Cédric Herrou « Azuréen de l’année »

Politique, ce procès l’est. Outre les divers soutiens de personnalités et élus sur les réseaux sociaux, le cas Herrou a été largement commenté par Eric Ciotti, président du conseil départemental des Alpes-Maritimes. Après que Nice-Matin ait élu le militant « Azuréen de l’année 2016 » dans un sondage publié sur leur site le 29 décembre (avec 4257 voix sur 7677 votants), l’élu a réagis dans une tribune publiée sur le même journal. Il y répète 5 fois que « Non, M. Herrou ne peut pas être l’Azuréen de l’année ! » et ajoute finement « Qui peut dire avec certitude que dans les centaines de migrants que M. Herrou se targue d’avoir fait passer ne se dissimule pas un futur terroriste ? » Une accusation tout sauf anodine pour l’agriculteur qui, malgré ces attaques, dispose d’un soutien populaire : la pétition « Solidarité avec les Solidaires » a recueilli plus de 16 000 signatures.

>> A lire aussi : « Vous m’arrêtez ? Je recommencerai »

Solidaire, un ancien délit

C’est la question du délit de solidarité qui est au cœur de cette affaire. Cette appellation, plus politique que judiciaire, vise en réalité l’article 622-1 du Ceseda (Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile). Celui-ci prévoit une peine de cinq ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende pour « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d’un étranger en France». Durant la campagne présidentielle, la gauche promet de s’engager dans une réforme de la législation. C’est chose faite avec la loi du 31 décembre 2012 qui élargit les clauses d’immunité à « toute personne physique ou moral sans but lucratif qui porte assistance à un étranger, lorsque cette aide n’a d’autre objectif que d’assurer des conditions de vie digne à l’étranger. »

Mais cette « immunité humanitaire » se cantonne à l’aide au séjour, et non à l’aide à l’entrée et à la circulation. Les membres de Roya Citoyenne se sont, eux aussi, emparés de la justice en déposant plainte pour « délaissement des personnes hors d’état de se protéger » . Ce sont alors les autorités françaises qui sont visées car n’assumant pas, selon l’association, leur devoir d’assistance envers les mineurs. « Nous sommes dans l’impossibilité de faire face à ce qui se passe. C’est le seul moyen de dénoncer cette situation que nous ayons trouvé », explique Nadia, une membre de l’association.

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LE MONDE
http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2017/01/04/huit-mois-avec-sursis-requis-contre-un-agriculteur-juge-pour-avoir-aide-des-migrants_5057818_1653578.html

Huit mois avec sursis requis contre un agriculteur jugé

pour avoir aidé des migrants

Poursuivi pour aide au séjour d’étrangers en situation irrégulière, Cédric Herrou a revendiqué, devant le tribunal, des actes « politiques ».

Le Monde.fr avec AFP | 04.01.2017 à 22h13 • Mis à jour le 05.01.2017 à 07h03

« Je le fais parce qu’il faut le faire. » Jugé à Nice pour avoir aidé des migrants près de la frontière franco-italienne, Cédric Herrou, 37 ans, a assumé, mercredi 4 janvier, ses actes, pour lesquels le procureur a requis huit mois de prison avec sursis. Devant le tribunal, l’agriculteur a revendiqué des actes « politiques » : « Je le fais parce qu’il y a des gens qui ont un problème. Il y a des gens qui sont morts sur l’autoroute, il y a des familles qui souffrent, il y a un Etat qui a mis des frontières en place et qui n’en gère absolument pas les conséquences. »

Le procureur, Jean-Michel Prêtre, a pour sa part dénoncé l’usage de ce procès comme d’une « tribune politique » et requis à l’encontre de M. Herrou, outre le sursis avec mise à l’épreuve, la confiscation de son véhicule, ainsi qu’un usage limité de son permis de conduire aux besoins de sa profession. « Ce n’est pas à la justice de décider de changer la loi, ce n’est pas à la justice de donner une leçon de diplomatie à tel ou tel pays », a-t-il par ailleurs estimé.

Quelque 300 personnes se sont rassemblées devant le palais de justice pour soutenir Cédric Herrou, à Nice le 4 janvier.

L’agriculteur, qui produit des olives et des œufs dans la vallée de la Roya, l’une des voies d’entrée vers la France des migrants venus d’Italie, est poursuivi pour aide au séjour d’étrangers en situation irrégulière. Quelque 300 personnes, dont de nombreux membres d’un collectif d’aide aux migrants Roya Citoyenne, s’étaient rassemblées devant le palais de justice pour le soutenir avant le début de l’audience.

Lire notre reportage :   A la frontière italienne, la vallée de la Roya solidaire des migrants

L’intervention de la police

La justice reproche à Cédric Herrou l’installation, en octobre 2016, sans autorisation, d’une cinquantaine d’Erythréens dans un centre de vacances SNCF désaffecté, à Saint-Dalmas-de-Tende. L’occupation de ce centre, dénoncée avec force par les élus locaux Les Républicains, avait pris fin avec l’intervention des forces de l’ordre au bout de trois jours.

Interrogé par le tribunal sur la manière dont avait, depuis, évolué la situation, l’agriculteur a répondu : « Nous avons une trentaine de mineurs hébergés à Saorge chez des particuliers, et j’ai moi-même trois mineurs hébergés chez moi, et des majeurs aussi. »

En août 2016, M. Herrou a déjà été inquiété par la justice pour avoir transporté des Erythréennes, avant que l’affaire ne soit classée sans suite. La présidente s’est, dès lors, étonnée que les deux procédures dont il a fait l’objet n’aient pas mis un coup d’arrêt à ses actions : « Même si vous me condamnez, le problème continuera », a asséné le militant.

« Un honneur »

Il est aussi revenu sur la manière dont il a commencé à venir en aide aux migrants il y a un an et demi. « Au départ, je voyais des gens marcher sur la route, des Noirs, alors je les emmenais à la gare de Breil-sur-Roya. Et petit à petit, je me suis intéressé au problème. »

L’agriculteur est aussi revenu sur la décision d’occuper l’ancienne colonie de vacances de la SNCF : « Avant le squat, il y avait 58 personnes chez moi. J’avais pris la décision de ne plus les passer parce que je pensais que j’étais responsable de l’afflux des gens chez moi. Avec l’association Roya Citoyenne et avec le soutien d’autres associations humanitaires, on a décidé alors d’ouvrir un lieu pour les héberger. »

Avant le début de son procès, Cédric Herrou avait déjà défendu ses actes à l’entrée du palais de justice : « Ce que je fais n’est pas un sacrifice, c’est un honneur. »

Le 23 novembre, Pierre-Alain Mannoni, un enseignant-chercheur à l’université Nice Sophia Antipolis, avait été jugé pour avoir pris dans sa voiture trois jeunes Erythréennes blessées qu’il emmenait chez le docteur. Le procureur a demandé six mois de prison avec sursis.

Huit mois avec sursis requis contre un agriculteur jugé pour avoir aidé des migrants

Poursuivi pour aide au séjour d’étrangers en situation irrégulière, Cédric Herrou a revendiqué, devant le tribunal, des actes « politiques ».

Le Monde.fr avec AFP | 04.01.2017 à 22h13 • Mis à jour le 05.01.2017 à 07h03

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« Je le fais parce qu’il faut le faire. » Jugé à Nice pour avoir aidé des migrants près de la frontière franco-italienne, Cédric Herrou, 37 ans, a assumé, mercredi 4 janvier, ses actes, pour lesquels le procureur a requis huit mois de prison avec sursis. Devant le tribunal, l’agriculteur a revendiqué des actes « politiques » : « Je le fais parce qu’il y a des gens qui ont un problème. Il y a des gens qui sont morts sur l’autoroute, il y a des familles qui souffrent, il y a un Etat qui a mis des frontières en place et qui n’en gère absolument pas les conséquences. »

Le procureur, Jean-Michel Prêtre, a pour sa part dénoncé l’usage de ce procès comme d’une « tribune politique » et requis à l’encontre de M. Herrou, outre le sursis avec mise à l’épreuve, la confiscation de son véhicule, ainsi qu’un usage limité de son permis de conduire aux besoins de sa profession. « Ce n’est pas à la justice de décider de changer la loi, ce n’est pas à la justice de donner une leçon de diplomatie à tel ou tel pays », a-t-il par ailleurs estimé.

Quelque 300 personnes se sont rassemblées devant le palais de justice pour soutenir Cédric Herrou, à Nice le 4 janvier.

L’agriculteur, qui produit des olives et des œufs dans la vallée de la Roya, l’une des voies d’entrée vers la France des migrants venus d’Italie, est poursuivi pour aide au séjour d’étrangers en situation irrégulière. Quelque 300 personnes, dont de nombreux membres d’un collectif d’aide aux migrants Roya Citoyenne, s’étaient rassemblées devant le palais de justice pour le soutenir avant le début de l’audience.

Lire notre reportage :   A la frontière italienne, la vallée de la Roya solidaire des migrants

L’intervention de la police

La justice reproche à Cédric Herrou l’installation, en octobre 2016, sans autorisation, d’une cinquantaine d’Erythréens dans un centre de vacances SNCF désaffecté, à Saint-Dalmas-de-Tende. L’occupation de ce centre, dénoncée avec force par les élus locaux Les Républicains, avait pris fin avec l’intervention des forces de l’ordre au bout de trois jours.

Interrogé par le tribunal sur la manière dont avait, depuis, évolué la situation, l’agriculteur a répondu : « Nous avons une trentaine de mineurs hébergés à Saorge chez des particuliers, et j’ai moi-même trois mineurs hébergés chez moi, et des majeurs aussi. »

En août 2016, M. Herrou a déjà été inquiété par la justice pour avoir transporté des Erythréennes, avant que l’affaire ne soit classée sans suite. La présidente s’est, dès lors, étonnée que les deux procédures dont il a fait l’objet n’aient pas mis un coup d’arrêt à ses actions : « Même si vous me condamnez, le problème continuera », a asséné le militant.

« Un honneur »

Il est aussi revenu sur la manière dont il a commencé à venir en aide aux migrants il y a un an et demi. « Au départ, je voyais des gens marcher sur la route, des Noirs, alors je les emmenais à la gare de Breil-sur-Roya. Et petit à petit, je me suis intéressé au problème. »

L’agriculteur est aussi revenu sur la décision d’occuper l’ancienne colonie de vacances de la SNCF : « Avant le squat, il y avait 58 personnes chez moi. J’avais pris la décision de ne plus les passer parce que je pensais que j’étais responsable de l’afflux des gens chez moi. Avec l’association Roya Citoyenne et avec le soutien d’autres associations humanitaires, on a décidé alors d’ouvrir un lieu pour les héberger. »

Avant le début de son procès, Cédric Herrou avait déjà défendu ses actes à l’entrée du palais de justice : « Ce que je fais n’est pas un sacrifice, c’est un honneur. »

Le 23 novembre, Pierre-Alain Mannoni, un enseignant-chercheur à l’université Nice Sophia Antipolis, avait été jugé pour avoir pris dans sa voiture trois jeunes Erythréennes blessées qu’il emmenait chez le docteur. Le procureur a demandé six mois de prison avec sursis.

Soirée de soutien à Roya citoyenne à la galerie l’Aiguillage, par l’artiste-graveur Emmanuel Gatti

Posté : 4 janvier, 2017 @ 1:21 dans Non classé | Pas de commentaires »

A l’initiative du graveur Emmanuel Gatti a eu lieu à la galerie de l’aiguillage à Paris une vente au profit de Roya Citoyenne les 14 et 15 décembre derniers.

La soirée a permis de récolter 1000,00 euros en dons et en ventes des gravures offertes par Emmanuel Gatti au profit de Roya Citoyenne.

La soirée a été l’occasion pour nous d’exposer la situation ici et de répondre à la curiosité sincère des parisiens présents.

S’en est suivie une intervention de poésie directe de Denis Pouwara, artiste canak autour du passage et de la liberté, et d’un trio de jazz.

Merci à la galerie de l’aiguillage qui nous a accueillis et à Denis et Emmanuel pour leur soutien.
Voir les photos jointes et les liens vers le travail d’Emmanuel Gatti.

https://www.facebook.com/emmanuel.gatti1                     https://gatti.carbonmade.com/about                    http://emmanuelgatti.weebly.com/gravures1.html

Journal Zibeline : « Vallée en résistance » – décembre 2017

Posté : 3 janvier, 2017 @ 2:15 dans Accueil, Medias : Articles presse Radios, Réfugiés - Migrants | 1 commentaire »

http://www.journalzibeline.fr/societe/vallee-en-resistance/

Retour sur tous les articles « Société »

Reportage dans la vallée de la Roya, entre Italie et France, auprès de citoyens solidaires des migrants

Vallée en résistance

Reportage dans la vallée de la Roya, entre Italie et France, auprès de citoyens solidaires des migrants - Zibeline

En juin 2015, beaucoup de migrants arrivent à Vintimille, en Italie, et cherchent à poursuivre leur route d’exil en Europe. Ils sont actuellement de plus en plus nombreux, et depuis cette date, la France tente de bloquer leur passage. Les autorités ont rétabli les postes frontières et déployé des barrages fixes ou mobiles le long des routes. Dans la vallée de la Roya, à cheval entre les deux pays, pour contrer les insuffisances de l’État, la solidarité avec les migrants s’est peu à peu mise en place. De plus en plus active, de plus en plus surveillée, de plus en plus réprimée, c’est devenu aujourd’hui une véritable résistance.

 

Vallée de la Roya. Les montagnes, le rouge et ocre des paysages d’automne, de jolis villages perchés, des routes qui serpentent entre France et Italie, à mi-chemin de Nice et de Vintimille. Voilà pour la carte postale. Le long de ces routes, des hommes, des femmes, très jeunes pour la plupart, marchent. Ce pourrait être des auto-stoppeurs, en balade dans cette belle région. Mais ils ne tendent pas le pouce. Ils avancent, droit devant. Leur proposer de monter dans sa voiture est une infraction. Car ce sont des migrants. Mot adopté récemment pour désigner ces milliers de personnes qui cherchent à gagner l’Europe.

Ce terme les englobe dans une masse, un flux. Ils ne sont pas des individus immigrés, ou émigrés, ils migrent. Comme si ce glissement sémantique était une façon pour nos sociétés à la fois de tolérer leur mouvement et de refuser qu’ils s’installent ici. Dans le meilleur des cas, ils deviennent demandeurs d’asile, puis réfugiés, si leur requête est acceptée. Dans le pire des cas, ils seront des clandestins. Avant tout, ils restent des migrants. Leur voyage a commencé à des milliers de kilomètres de là. Ils ont fui des pays en guerre ou en grande instabilité. Ils ont pris des risques insensés, payé des sommes considérables pour atteindre l’Europe et franchir la Méditerranée au péril de leur vie.

Dénuement et précarité

À Vintimille, ils sont aujourd’hui plusieurs centaines. Certains sont pris en charge par des organisations humanitaires. Sous l’église Sant Antonio, Caritas, le Secours Catholique italien, a ouvert fin mai un centre d’hébergement. Ils sont environ 80 à y être accueillis. Des familles pour la plupart, des enfants, et même des bébés, peut-être nés sur le chemin de l’exil. Ils viennent du Soudan, de Libye, d’Afghanistan. Les lits superposés remplissent les deux dortoirs, l’un pour les femmes et les enfants, l’autre pour les hommes. Le lieu est tenu par des bénévoles et son fonctionnement ne repose que sur les dons de particuliers. Les conditions de vie restent précaires mais l’ambiance est chaleureuse, conviviale.

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À l’extérieur, sur le parvis de l’église, de nombreux hommes sont rassemblés. Ils savent qu’ils ne pourront pas entrer dans le centre, déjà plein. Certains dorment au campement de la Croix Rouge, très éloigné du centre-ville. En octobre 2015, Zibeline s’était rendu à Vintimille, dans le centre de la Croix Rouge, alors installé près de la gare et qui accueillait 150 personnes. Il a été fermé depuis et ce nouveau lieu compte 350 places, mais ils seraient plus du double à y trouver refuge. Ceux qui n’y vont pas cherchent un abri en ville, ou le long des berges de la Roya. L’hiver approchant, le fleuve est agité. Fin novembre, la montée des eaux a surpris l’un d’eux qui s’y est noyé. La pluie est fréquente en cette saison, le froid est déjà rude. Des personnes sont pourtant en tongs, short et t-shirt. Certains partent dans cette tenue pour tenter de rallier la France.

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Solidarité affirmée

Dans la vallée frontalière, les habitants croisent chaque jour des hommes ou des femmes qui bravent tous les dangers sous les tunnels et au bord des routes étroites. Dans beaucoup de villages de la Roya, la solidarité s’est organisée. La région est devenue une zone d’exception. Côté français, par endroits, la surveillance policière et militaire est maximale. En remontant vers Menton, l’accès à Sospel et Breil-sur-Roya est contrôlé 24/24 par un barrage de gendarmes. Arrêt obligatoire à chaque passage. Une véritable frontière intérieure, un check-point.

Les habitants parviennent cependant à contourner ces dispositifs. L’association Roya Citoyenne rassemble quelques centaines de sympathisants, plus ou moins actifs. L’attitude de l’État, exclusivement sécuritaire, les a contraints à se mobiliser pour répondre à l’urgence humanitaire. Un véritable réseau de résistance s’est mis en place où chacun œuvre à son niveau, selon ses moyens et son engagement. « Les gamins arrivent ici, on peut pas les laisser dehors », explique Pierrette, qui vit près de Breil.

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Ce village est le plus proche de la frontière. C’est là aussi qu’est installé Cédric Herrou, agriculteur de 37 ans. Il est accusé d’avoir transporté et hébergé des personnes en situation irrégulière. Son procès, prévu le 23 novembre à Nice, a été reporté au 4 janvier. Il assume les faits et les revendique. « J’ai des gens chez moi depuis 4 mois, ça ne désemplit pas. Quand des gens frappent à ma porte, elle reste ouverte. Qu’ils aient des papiers ou non, qu’ils soient blancs ou noirs, ça ne m’importe pas. »

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Cette attitude d’affirmer sa solidarité est de plus en plus répandue. « C’est pour alerter les dirigeants, les mettre face à leurs responsabilités. On ne fait que de l’humanitaire. Je ne me sens coupable de rien quand je vais porter à manger à des gens », raconte Pâquerette, un peintre d’une soixantaine d’années. Un arrêté municipal interdit pourtant de distribuer de la nourriture dans les rues de Vintimille. Chez Pâquerette, un placard est rempli de vivres qu’il répartit avec d’autres militants pour organiser tous les soirs des maraudes dans la ville.

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« Roya Citoyenne n’aide personne à passer la frontière, précise-t-il. On s’occupe des gens quand ils sont en France, on les aide à se retaper quelques jours, ils en ont bien besoin, et on les emmène plus loin pour qu’ils poursuivent leur route. »

Solidarité criminalisée

Individuelles ou collectives, affirmées ou discrètes, les actions de soutien aux migrants sont très nombreuses dans la vallée. Selon un autre militant, « pour les autorités, le véritable danger, c’est nous. S’ils nous éliminent, ils régleront facilement la question des migrants. » De fait, début décembre, Eric Ciotti, le président du département des Alpes-Maritimes, a dénoncé à la justice les « agissements de ces individus » qu’il qualifie de « délinquants » et les assimile à des « passeurs ».

Pourtant il n’en est rien. Les habitants résistants de la Roya ne reçoivent aucune contrepartie. Ils agissent par solidarité, par humanité, et parce qu’ils sont confrontés à des situations qui relèvent de l’assistance à personne en danger. « On doit se substituer aux pouvoirs publics », expliquent-ils. Une plainte a d’ailleurs été déposée par plus de 300 citoyens contre le département, la Région PACA et l’État, pour « délaissement de personnes hors d’état de se protéger (Article 222-3 du code pénal). » D’autant plus quand il s’agit de mineurs, qui doivent être pris en charge par les services de protection de l’enfance gérés par le département, mais sont très souvent ramenés en Italie, au mépris de la loi.

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Plus que jamais, la volonté de l’État est de criminaliser la solidarité. Et de faire des exemples. Le 23 novembre, Pierre-Alain Mannoni, un universitaire de 45 ans, a été jugé pour avoir transporté trois jeunes Erythréennes blessées. Il affirme avoir agi par aide spontanée et humaine. L’accusation a tenté de démontrer, en décortiquant son emploi du temps, en épluchant ses SMS, qu’il était un militant engagé. Le procureur a requis six mois de prison avec sursis à son encontre.

Le but est manifestement de faire peur, de dissuader les citoyens d’agir ainsi. L’intimidation ne fonctionne pas. Ils étaient des centaines à soutenir et acclamer Pierre-Alain Mannoni devant le tribunal de Nice. Lors d’une discussion informelle, le procureur lui-même reconnaissait que M. Mannoni « moralement, n’a commis aucune infraction ». La loi respectera-t-elle la morale ? « Si vous le condamnez, vous aurez une lourde responsabilité » a conclu son avocate. Le verdict sera rendu le 6 janvier.

requisitions-proces-pierre-alain-mannoni-malika-moine

JAN-CYRIL SALEMI
Décembre 2016

Illustrations :
Devant le Palais de Justice de Nice © Malika Moine
Repas à Caritas © Malika Moine
Devant l’église Sant-Antonio à Vintimille © Malika Moine
Pierrette © Malika Moine
Cédric Herrou parle aux journalistes © Malika Moine
Maraude sous la pluie à Vintimille © Malika Moine
Au centre d’hébergement de Caritas © Malika Moine
Réquisitions procès Pierre-Alain-Mannoni © Malika Moine

A lire :
Le reportage de Zibeline réalisé à Vintimille en octobre 2015
Le reportage de La Marseillaise sur la journée Marseille avec les migrants, le 11 décembre 2016

A écouter :
Le reportage de Web Radio Zibeline réalisé à Vintimille en octobre 2015
Le reportage de Web Radio Zibeline réalisé à Nice et dans la vallée de la Roya en novembre 2016

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