ROYA CITOYENNE – Résistances en Roya

solidarité, renforcement du réseau social, réflexion sur des projets de société respectueux de l'humain et de la nature…

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Journal Zibeline : « Vallée en résistance » – décembre 2017

Posté : 3 janvier, 2017 @ 2:15 dans Accueil, Medias : Articles presse Radios, Réfugiés - Migrants | 1 commentaire »

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Reportage dans la vallée de la Roya, entre Italie et France, auprès de citoyens solidaires des migrants

Vallée en résistance

Reportage dans la vallée de la Roya, entre Italie et France, auprès de citoyens solidaires des migrants - Zibeline

En juin 2015, beaucoup de migrants arrivent à Vintimille, en Italie, et cherchent à poursuivre leur route d’exil en Europe. Ils sont actuellement de plus en plus nombreux, et depuis cette date, la France tente de bloquer leur passage. Les autorités ont rétabli les postes frontières et déployé des barrages fixes ou mobiles le long des routes. Dans la vallée de la Roya, à cheval entre les deux pays, pour contrer les insuffisances de l’État, la solidarité avec les migrants s’est peu à peu mise en place. De plus en plus active, de plus en plus surveillée, de plus en plus réprimée, c’est devenu aujourd’hui une véritable résistance.

 

Vallée de la Roya. Les montagnes, le rouge et ocre des paysages d’automne, de jolis villages perchés, des routes qui serpentent entre France et Italie, à mi-chemin de Nice et de Vintimille. Voilà pour la carte postale. Le long de ces routes, des hommes, des femmes, très jeunes pour la plupart, marchent. Ce pourrait être des auto-stoppeurs, en balade dans cette belle région. Mais ils ne tendent pas le pouce. Ils avancent, droit devant. Leur proposer de monter dans sa voiture est une infraction. Car ce sont des migrants. Mot adopté récemment pour désigner ces milliers de personnes qui cherchent à gagner l’Europe.

Ce terme les englobe dans une masse, un flux. Ils ne sont pas des individus immigrés, ou émigrés, ils migrent. Comme si ce glissement sémantique était une façon pour nos sociétés à la fois de tolérer leur mouvement et de refuser qu’ils s’installent ici. Dans le meilleur des cas, ils deviennent demandeurs d’asile, puis réfugiés, si leur requête est acceptée. Dans le pire des cas, ils seront des clandestins. Avant tout, ils restent des migrants. Leur voyage a commencé à des milliers de kilomètres de là. Ils ont fui des pays en guerre ou en grande instabilité. Ils ont pris des risques insensés, payé des sommes considérables pour atteindre l’Europe et franchir la Méditerranée au péril de leur vie.

Dénuement et précarité

À Vintimille, ils sont aujourd’hui plusieurs centaines. Certains sont pris en charge par des organisations humanitaires. Sous l’église Sant Antonio, Caritas, le Secours Catholique italien, a ouvert fin mai un centre d’hébergement. Ils sont environ 80 à y être accueillis. Des familles pour la plupart, des enfants, et même des bébés, peut-être nés sur le chemin de l’exil. Ils viennent du Soudan, de Libye, d’Afghanistan. Les lits superposés remplissent les deux dortoirs, l’un pour les femmes et les enfants, l’autre pour les hommes. Le lieu est tenu par des bénévoles et son fonctionnement ne repose que sur les dons de particuliers. Les conditions de vie restent précaires mais l’ambiance est chaleureuse, conviviale.

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À l’extérieur, sur le parvis de l’église, de nombreux hommes sont rassemblés. Ils savent qu’ils ne pourront pas entrer dans le centre, déjà plein. Certains dorment au campement de la Croix Rouge, très éloigné du centre-ville. En octobre 2015, Zibeline s’était rendu à Vintimille, dans le centre de la Croix Rouge, alors installé près de la gare et qui accueillait 150 personnes. Il a été fermé depuis et ce nouveau lieu compte 350 places, mais ils seraient plus du double à y trouver refuge. Ceux qui n’y vont pas cherchent un abri en ville, ou le long des berges de la Roya. L’hiver approchant, le fleuve est agité. Fin novembre, la montée des eaux a surpris l’un d’eux qui s’y est noyé. La pluie est fréquente en cette saison, le froid est déjà rude. Des personnes sont pourtant en tongs, short et t-shirt. Certains partent dans cette tenue pour tenter de rallier la France.

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Solidarité affirmée

Dans la vallée frontalière, les habitants croisent chaque jour des hommes ou des femmes qui bravent tous les dangers sous les tunnels et au bord des routes étroites. Dans beaucoup de villages de la Roya, la solidarité s’est organisée. La région est devenue une zone d’exception. Côté français, par endroits, la surveillance policière et militaire est maximale. En remontant vers Menton, l’accès à Sospel et Breil-sur-Roya est contrôlé 24/24 par un barrage de gendarmes. Arrêt obligatoire à chaque passage. Une véritable frontière intérieure, un check-point.

Les habitants parviennent cependant à contourner ces dispositifs. L’association Roya Citoyenne rassemble quelques centaines de sympathisants, plus ou moins actifs. L’attitude de l’État, exclusivement sécuritaire, les a contraints à se mobiliser pour répondre à l’urgence humanitaire. Un véritable réseau de résistance s’est mis en place où chacun œuvre à son niveau, selon ses moyens et son engagement. « Les gamins arrivent ici, on peut pas les laisser dehors », explique Pierrette, qui vit près de Breil.

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Ce village est le plus proche de la frontière. C’est là aussi qu’est installé Cédric Herrou, agriculteur de 37 ans. Il est accusé d’avoir transporté et hébergé des personnes en situation irrégulière. Son procès, prévu le 23 novembre à Nice, a été reporté au 4 janvier. Il assume les faits et les revendique. « J’ai des gens chez moi depuis 4 mois, ça ne désemplit pas. Quand des gens frappent à ma porte, elle reste ouverte. Qu’ils aient des papiers ou non, qu’ils soient blancs ou noirs, ça ne m’importe pas. »

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Cette attitude d’affirmer sa solidarité est de plus en plus répandue. « C’est pour alerter les dirigeants, les mettre face à leurs responsabilités. On ne fait que de l’humanitaire. Je ne me sens coupable de rien quand je vais porter à manger à des gens », raconte Pâquerette, un peintre d’une soixantaine d’années. Un arrêté municipal interdit pourtant de distribuer de la nourriture dans les rues de Vintimille. Chez Pâquerette, un placard est rempli de vivres qu’il répartit avec d’autres militants pour organiser tous les soirs des maraudes dans la ville.

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« Roya Citoyenne n’aide personne à passer la frontière, précise-t-il. On s’occupe des gens quand ils sont en France, on les aide à se retaper quelques jours, ils en ont bien besoin, et on les emmène plus loin pour qu’ils poursuivent leur route. »

Solidarité criminalisée

Individuelles ou collectives, affirmées ou discrètes, les actions de soutien aux migrants sont très nombreuses dans la vallée. Selon un autre militant, « pour les autorités, le véritable danger, c’est nous. S’ils nous éliminent, ils régleront facilement la question des migrants. » De fait, début décembre, Eric Ciotti, le président du département des Alpes-Maritimes, a dénoncé à la justice les « agissements de ces individus » qu’il qualifie de « délinquants » et les assimile à des « passeurs ».

Pourtant il n’en est rien. Les habitants résistants de la Roya ne reçoivent aucune contrepartie. Ils agissent par solidarité, par humanité, et parce qu’ils sont confrontés à des situations qui relèvent de l’assistance à personne en danger. « On doit se substituer aux pouvoirs publics », expliquent-ils. Une plainte a d’ailleurs été déposée par plus de 300 citoyens contre le département, la Région PACA et l’État, pour « délaissement de personnes hors d’état de se protéger (Article 222-3 du code pénal). » D’autant plus quand il s’agit de mineurs, qui doivent être pris en charge par les services de protection de l’enfance gérés par le département, mais sont très souvent ramenés en Italie, au mépris de la loi.

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Plus que jamais, la volonté de l’État est de criminaliser la solidarité. Et de faire des exemples. Le 23 novembre, Pierre-Alain Mannoni, un universitaire de 45 ans, a été jugé pour avoir transporté trois jeunes Erythréennes blessées. Il affirme avoir agi par aide spontanée et humaine. L’accusation a tenté de démontrer, en décortiquant son emploi du temps, en épluchant ses SMS, qu’il était un militant engagé. Le procureur a requis six mois de prison avec sursis à son encontre.

Le but est manifestement de faire peur, de dissuader les citoyens d’agir ainsi. L’intimidation ne fonctionne pas. Ils étaient des centaines à soutenir et acclamer Pierre-Alain Mannoni devant le tribunal de Nice. Lors d’une discussion informelle, le procureur lui-même reconnaissait que M. Mannoni « moralement, n’a commis aucune infraction ». La loi respectera-t-elle la morale ? « Si vous le condamnez, vous aurez une lourde responsabilité » a conclu son avocate. Le verdict sera rendu le 6 janvier.

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JAN-CYRIL SALEMI
Décembre 2016

Illustrations :
Devant le Palais de Justice de Nice © Malika Moine
Repas à Caritas © Malika Moine
Devant l’église Sant-Antonio à Vintimille © Malika Moine
Pierrette © Malika Moine
Cédric Herrou parle aux journalistes © Malika Moine
Maraude sous la pluie à Vintimille © Malika Moine
Au centre d’hébergement de Caritas © Malika Moine
Réquisitions procès Pierre-Alain-Mannoni © Malika Moine

A lire :
Le reportage de Zibeline réalisé à Vintimille en octobre 2015
Le reportage de La Marseillaise sur la journée Marseille avec les migrants, le 11 décembre 2016

A écouter :
Le reportage de Web Radio Zibeline réalisé à Vintimille en octobre 2015
Le reportage de Web Radio Zibeline réalisé à Nice et dans la vallée de la Roya en novembre 2016

LIBERATION 21/11/2016 « La vallée qui fait de la désobéissance »

Posté : 22 novembre, 2016 @ 8:07 dans Accueil, Medias : Articles presse Radios, Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires »

http://www.liberation.fr/france/2016/11/21/migrants-la-vallee-qui-fait-de-la-desobeissance_1530008

Article partagé par C. Estrosi, avec urticaire réactif caractérisé :

estrosi

Reportage

Migrants : la vallée qui fait de la désobéissance

Par Mathilde Frénois — 21 novembre 2016 à 20:16
A Breil-sur-Roya, fin octobre. Photo Laurent Carré

Près de la frontière italienne, dans les Alpes-Maritimes, les habitants de l’enclave de la Roya ont fait de l’aide aux étrangers une tradition. Et se retrouvent, pour certains, devant la justice.

  • Migrants : la vallée qui fait de la désobéissance

Cette nuit-là, pour la première fois depuis plusieurs mois, Tomas dormira dans un lit. Il partagera une soirée autour d’un poêle à faire griller des marrons, et un repas fait de courge, de bœuf et de penne. Cet Erythréen de 15 ans est accueilli chez Françoise. «Un contrôleur de la SNCF m’a prévenue qu’il était à la gare, dit cette avocate en parcourant des yeux ses SMS. Pour qu’il ne se fasse pas intercepter par la police et qu’il ne dorme pas dehors, je suis allée le chercher.» Ce soir, en plus de Tomas, Françoise accueillera 19 autres migrants dans sa maison nichée sur les hauteurs de Breil-sur-Roya (Alpes-Maritimes). Trouvant «insupportable l’abandon et le mépris des pouvoirs publics», elle a décidé d’agir. «A un moment, il est de notre devoir de désobéir», estime-t-elle.

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Tomas, Erythréen, est hébergé par Françoise avec d’autres réfugiés. (Photo Laurent Carré)

Esprit militant

Dans la vallée de la Roya, Françoise n’est pas la seule à s’engager. L’Etat a lancé des poursuites contre certains habitants pour aide à l’entrée ou au séjour irrégulier (lire encadré). Cette zone montagneuse française voit débarquer dans ses villages des migrants érythréens, soudanais, tchadiens qui tentent de franchir la frontière italo-française, officiellement fermée depuis 2015. Des habitants apportent leur aide à des hommes et des femmes épuisés par leur très long périple. Certains donnent de la nourriture et des vêtements, dispensent des cours de français, soignent les blessures. D’autres les hébergent, voire les accompagnent vers une autre ville de France ou d’Europe. Ces villageois solidaires sont jeunes ou vieux, avocats, étudiants, infirmiers, agriculteurs, professeurs, retraités, comédiens…

Chez Françoise, Tomas a trouvé une place dans une chambre qu’il partage avec quatre autres Erythréens. Parti de son pays en juin, Tomas a connu la guerre chez lui, la route vers la Libye, la traversée de la Méditerranée puis de toute l’Italie, et l’errance à Vintimille. Puis cap vers la France. Après une nuit de marche sur la voie ferrée, sous les longs et humides tunnels de la ligne Vintimille-Cuneo, il a atterri à Breil, épuisé. «Tomas s’est trompé de route. En marchant vers le nord, il pensait aller vers Paris, il s’est retrouvé dans la montagne», explique Françoise. La vallée de la Roya, «c’est un goulot d’étranglement, une enclave, précise-t-elle. Une fois arrivés, on est coincés». En remontant vers le nord, la route rejoint à nouveau l’Italie. En continuant vers l’ouest, derrière le col, c’est encore le territoire français, mais un lourd dispositif policier surveille la route, inspecte chaque véhicule, ouvre les coffres. Difficile pour Tomas et les autres migrants de sortir de cette vallée enclavée. Nathalie, une comédienne qui héberge plusieurs migrants, souligne que c’est «la géographie» qui forge l’esprit militant des habitants de la vallée. «Ici on n’est ni trop Français, ni trop Italiens.» On est dans un entre-deux, donc plus ouverts. Placées sur la route du sel, les cinq communes de la Roya (Tende, La Brigue, Fontan, Saorge et Breil) ont toujours connu du passage.

«L’hospitalité s’est accrue dans les années 50 car, quelques années auparavant, pendant la guerre, les habitants ont fui à Turin où ils ont été très bien accueillis. A leur retour, ils ont gardé cette habitude d’hospitalité», estime Georges, retraité de l’enseignement insistant sur la fibre sociale de la vallée. «En 1981, mon village de Saorge est celui qui a voté le plus pour François Mitterrand au premier tour. Encore aujourd’hui, la tendance est communiste.» Une vallée qui se démarque du reste du département, très à droite.

C’est sur ce terreau qu’une base militante s’est rassemblée, il y a une dizaine d’années, autour d’un combat collectif : la non-appartenance à une communauté de commune qui lierait la Roya à Menton et Roquebrune-Cap-Martin et ses maires LR Jean-Claude Guibal et Patrick Cesari. Pour faire le poids, l’association Roya Citoyenne est créée. Un vote aura raison du combat : la vallée est finalement rattachée aux communes du littoral. S’en suivent deux autres luttes qui occupent toujours les militants aujourd’hui : le non-doublement du tunnel de Tende et le maintien de la voie ferrée. «Ici, on ne supporte pas que le plus fort fasse la loi», résume Gilbert, conseiller municipal de Breil, venu avec son petit-fils apporter des jouets aux enfants de la maison.

Mamadou et Françoise

Françoise. (Photo Laurent Carré)

L’ennui plane

Dans la cour de la bâtisse de Françoise, Véronique égraine une courge. Devant elle, le plat à gratin se remplit au fur et à mesure qu’elle détaille le cucurbitacée en dés. «Je ne me suis jamais engagée mais il y a un mois, je suis tombée sur un migrant allongé à même le sol. Ici, on n’a pas l’habitude de voir des gens dormir dans la rue», raconte cette mère de famille. Une semaine plus tard, Véronique ouvre ses fenêtres. En dessous de chez elle, deux migrants. Elle saute le pas et les héberge. «Dès qu’on les approche, on s’y attache car on découvre leur histoire, leur parcours.» Véronique a entraîné ses enfants Nathan et Elisa, 18 ans et 24 ans, qui donnent des cours de français aux migrants chaque soir depuis dix jours. «Cela fait penser à la Résistance, s’étonne Elisa, étudiante. Il ne faut pas trop parler de ce que l’on fait et presque se cacher.» En attendant le repas, Nasser a ouvert son cahier de français. Sur la page de garde, il a dessiné un drapeau tricolore.

Avec Elisa, ce père de famille soudanais révise les chiffres et les parties du corps. «Ici, c’est un lieu sûr. Surtout avec « Maman Françoise »», sourit-il. Si la maison de l’avocate est synonyme de quiétude pour Nasser, sa femme Hosna, leurs enfants Fadel, Mahamel, Tala, Tamani et son frère Khalifa, elle est surtout un lieu d’attente. Ne pouvant sortir de cette grande propriété, l’ennui plane. Les enfants s’occupent en courant dans le jardin, en jouant avec des Playmobil, en faisant du dessin. Leurs parents aident aux tâches ménagères, s’occupent de leur progéniture et envisagent un avenir. La famille, qui veut rejoindre Marseille ou Aix-en-Provence, est entre parenthèses. «On part quand ?» répète Nasser à Françoise qui a bien du mal à répondre car les départs se font au compte-gouttes. Les militants organisent des convois pour «faire passer» les migrants de l’autre côté de l’enclave.

La maison de Françoise, Breil. Hossne  et ses enfants dans le jardin 28/10/16

Hosna, Soudanaise, et ses enfants ont trouvé refuge chez une autre habitante. La famille espère rejoindre Aix ou Marseille. (Photo Laurent Carré)

Quatre générations

Jusque-là discret, l’engagement du réseau de la Roya éclate au grand jour mi-octobre lorsque Cédric Herrou, un agriculteur membre du réseau d’aide, se retrouve avec plusieurs dizaines de migrants dans sa ferme et qu’il décide d’ouvrir illégalement un centre d’accueil qui sera démantelé par les gendarmes au bout de trois jours (lire encadré). L’association Roya Citoyenne, restée en sommeil pendant une dizaine d’années, se réveille et rassemble une cinquantaine de personnes en soutien à l’agriculteur, qui ne trouvera aucun relais parmi les figures politiques du département. Au contraire. Christian Estrosi, président LR de Provence-Alpes-Côte d’Azur, blâme ces citoyens de la vallée, parlant de «l’irresponsabilité d’associations militantes». Et le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti dénonce des «associations qui dévoient le sens de la loi» et qui «défient les autorités en se servant de la cause qu’ils prétendent défendre pour tenter d’imposer une politique contraire aux intérêts […] des Français». Laurence Boetti Forestier (Modem), conseillère régionale du secteur, évoque même une «instrumentalisation à des fins politiques».

A lire aussi Notre diaporama «Migrants : la Roya, vallée rebelle»

Des propos qui font bondir Françoise, Nathalie, Cédric et les autres, qui décident de profiter d’une tradition du village pour réunir habitants et migrants. «Une fois par an, j’organise la fête de la chapelle qui est adossée à la maison, explique Françoise. Aujourd’hui, on réunit quatre générations de Breillois qui voient les migrants de près pour la première fois.» Dans le jardin, un prêtre mène son office, dédié ce jour-là à la femme de l’un des Erythréens, Meabal, décédée lors d’un naufrage en mer. Quelques mains se serrent, les accolades sont timides, des regards s’échangent. La barrière se casse. «C’est la première fois que je partage un moment avec eux, explique Catherine, une Breilloise de 88 ans. Je savais qu’ils étaient accueillis mais je n’avais jamais fait l’effort de m’en approcher.» Un habitant de la vallée sort de sa poche une photo en noir et blanc. Le cliché a été immortalisé en Erythrée en 1963, lors de son service militaire. Tomas presse l’homme de questions. Soudain, locaux et migrants se trouvent des souvenirs communs.


Jugé pour aide au séjour

Avec sa camionnette, Cédric Herrou livre les œufs qu’il produit à Breil. Depuis un an et demi, l’agriculteur utilisait également son véhicule pour transporter des migrants de la vallée de la Roya vers les gares de l’ouest du département. Il les hébergeait aussi dans sa ferme. Mais rapidement, «on s’est retrouvés à cinquante chez moi. Ce n’était plus possible d’accueillir tout le monde dignement», explique-t-il. Il a alors ouvert illégalement un camp dans un bâtiment de la SNCF de Saint-Dalmas-de-Tende. L’insoumission durera trois nuits, avant qu’un matin de la mi-octobre, gendarmes, sous-préfet et procureur débarquent dans la vallée. Les migrants sont reconduits à la frontière italienne et les mineurs emmenés vers des centres d’hébergement. Le trentenaire, placé en garde à vue, sera jugé mercredi pour «aide à l’entrée sur le territoire national et aide au séjour». Il encourt jusqu’à cinq ans de prison et 30 000 euros d’amende.

Photos Laurent Carré

Mathilde Frénois

COMPTE RENDU réunion interassociative jeudi 10 novembre BREIL/ROYA

Posté : 22 novembre, 2016 @ 2:36 dans Accueil, Compte-rendus réunions, Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires »

Comment aider la population de la commune et les migrants par la création de lieux d’accueil.

La population de la commune accueille souvent silencieusement et avec générosité le malheur des migrants qui passent sur nos routes et voies ferrées.

Fatigués, frigorifiés, désorientés, ils frappent maintenant directement à nos portes. Population et migrants démunis, mais ensembles, comment bénévolement faire face.

·         Introduction du Maire. Lecture de l’ordre du jour. Réfléchir collectivement. Lecture de la motion lancée par la mairie.

·         Michel Masseglia, adjoint à la mairie de Breil dit qu’il est insupportable de laisser mourir quelqu’un. Dans cette vallée il y a un bon esprit d’entraide. Il voit partout des enfants et des femmes. Voir ce qu’il est possible de faire. Voir comment accueillir.

·         Gilbert Cottalorda raconte dans des faits auxquels il a participé, la gentillesse de la population de Breil, mais aussi en miroir avec les migrants, la douleur présente dans le cœur des gens et la souffrance de la population touchée. La politique oui, mais l’humain immédiatement.

·         Père François Xavier Asso, prêtre de la paroisse de la roya, est très intéressé et a travaillé au Burkina Faso.

·         Père Paul Marie Pham, curé de la paroisse de la roya et d’origine étrangère, est interpelé et solidaire.

·         Philippe Collet, délégué diocésain pour la pastorale des migrants, est à notre disposition.

·         Fazil M’Madi, membre de l’association des musulmans de la Roya, est prêt à aider.

·         Amid Abdi, président de l’association des musulmans de la Roya, propose son aide pour intervenir dans l’abri qui va accueillir.

·         Michele Truchi Mrap vient de Moulinet et dit que c’est la fermeture de la frontière qui est la cause des problèmes chez les mineurs, les adultes et en général.

·         Jean Corbucci, Resf, accompagne à Vintimille, collecte et a créé un atelier de français.

·         Mireille Damiano, Saf, (Syndicat des avocats de France), avocate, travaille sur les hommes en difficultés. L’abri par les municipalités sont des pistes pour faciliter le travail des personnes qui viennent en aide. Problème des mineurs avec les protections légales non respectées. Ils font un référé contre l’arrêté de monsieur Ciotti. Le Samu social en partenariat peut être une des pistes pour l’action.

·         Catherine Cohen-Seat, Saf, avocate, évoque la problématique pour trouver des solutions pour se mettre à l’abri juridiquement. Il faut le courage politique pour avancer.

·         Messaoud Bechani, membre de l’association des musulmans de la Roya, est d’accord pour aider dans l’abri qui va accueillir

·         Mohamed Abdi, membre de l’association des musulmans de la Roya, est d’accord avec Messaoud pour aider.

·         Catherine Gros, LDH Cannes, milite et aide dans la Roya et pense qu’un abri serait d’une grande utilité.

·         Teresa Maffeis, ADN, suit les migrants depuis 2015. Très grande solidarité de dons en vêtements et nourriture. Participe aux cours de français avec Caritas Vintimille, mais les classes se renouvellent sans cesse. Beaucoup de familles à Vintimille avec enfants. L’état Italien n’as pas payé ni signé la convention. Beaucoup de gens sur les bords de l’estuaire de la Roya pour se cacher. Ils veulent tous s’en aller. Réfléchir à la réunification familiale. Ils ont souvent une adresse ou aller en Europe mais ils sont bloqués.

·         Christian Masson, Mrap, va souvent à Vintimille, reçoit les personnes sans papier. Il n’y a aucun demandeur d’asile venant de Vintimille. Les mineurs qui doivent avoir la protection de la France sont renvoyés en Italie dans une zone qui va jusqu’à Cannes. A Nice il n’y a plus un hébergement d’urgence.

·         Jean Noel Fessy, Roya Citoyenne, s’occupe des gens dans nos rues. Roya Citoyenne fait cinq maraudes par semaine, mais interdites, pour nourrir les gens dans l’estuaire de la Roya à Vintimille. Ils hébergent chez eux les migrants et ne savent pas quoi en faire. Les volontaires sont fatigués et attendent le relais des municipalités. Dans le haut de la vallée, un accueil se dessine. Attention aux incivilités si rien n’est fait.

·         Georges Faye, Roya Citoyenne, constate un afflux de mineurs, motif de l’occupation des Lucioles où ils ont été accueillis. A Fontan, on a appelé le CD06 pour des mineurs et ils sont venus les récupérer, mais ils sont déjà partis du foyer d’accueil. Le décret du 2 novembre reproduit celui du mois précédent et le département ne veux pas augmenter les foyers d’accueil. Roya Citoyenne est une asso de la vallée de la Roya avec des réfugiés dans les cinq villages. Il se félicite de voir que toutes les assos les soutiennent.  Quand nous aurons cet abri, il faut mettre en place une organisation.

·         Cecile Della Monaca, Cimade Coviam, aide concrètement sur le terrain.

·         Martine Landry, Amnesty, constate les irrégularités constantes, participe à l’action de Roya Citoyenne comme pour les mineurs de Fontan. Il faut obliger les pouvoirs publics à faire leur travail. Roya Citoyenne a obligé les pouvoirs publics à faire leur travail. L’Italie ne réadmet pas les mineurs si ils sont avertis, mais on ne sait où s’adresser.

·         Elisabeth Marques, Cimade Coviam, travaille sur le terrain.

·         Maud Bagaria, Secours Catholique, travaille en lien avec les mineurs.

·         Amandine Franch, Secours Catholique, travaille aussi avec les mineurs.

·         Patricia Cadoret, MDM Médecin du Monde, infirmière bénévole, souligne que la mise en place d’un abris favoriserait leur travail pour soigner les migrants qui sont actuellement disséminés dans toute la Roya par petits groupes avec des déplacements trop importants pour soigner tout le monde.

·         Agnès Gillino, MDM, Coordinatrice générale de MDM. Un abris permettrait une visite des médecins.

·         Anne Mathé de Botton, MDM, encourage l’abris humanitaire pour les soins.

·         Nadine Niel, EELV, habite Menton et est confronté aux problèmes que rencontrent les migrants depuis le début et ont fait passer une motion.

·         Henri Rossi, LDH Paca délégué régional section de Nice, difficulté entre sentiments et politique. il faut arriver à forcer les pouvoirs publics. Le Calais est à Vintimille. Action pour faire avancer les choses. La Présidente Nationale de LDH viendra témoigner pour Cédric et Pierre Alain.

·         Diane Dotti, Actes Service migrants, effectue un suivi social et juridique pour le CADAM et est très intéressée pour intervenir auprès des migrants dans la vallée.

·         Marie Noëlle Turca, magazine Annonceurs des Vallées, citoyenne de La Brigue mais pas aidante, prête à s’impliquer dans une démarche d’aide. Choquée par la non implication de l’Europe. La France est en dessous de ses capacités

·         Brigitte Bresc, Maire de Saorge, la seule maire sollicitée, venue pour essayer de faire quelque chose. Interroger les pouvoirs publics pour faire. Recherche de légalité avec l’aide des assos. La roya est une nasse sans sortie. Sa mairie a voté une motion sur ce problème.

(Cédric vient de nous amener 10 jeunes mineurs…….)

·         Gisèle Cottalorda, Soupe de nuit, va toutes les semaines, en fraude, faire les maraudes. Il fait froid et les gens dans la Roya sont démunis. La situation ne peut plus perdurer. Ils se trompent quand il viennent chez nous. On veut aller à Paris disent-ils…Il sont arrivés à en faire passer, mais les pouvoirs publics doivent faire. Accepter de faire un peu de résistance.

·         Valérie Tomasini, Conseillère Départementale du canton, est au conseil du Foyer de l’Enfance mais on lui dit qu’il n’y a pas de place. Pas de soutien de de Monsieur Ciotti. Elle a apporté de la nourriture à Fontan du Secours Populaire. Ils ont saisi le Préfet et l’ont interrogés pour savoir si il prenait la responsabilité de faire un mort.

·         Jean Pierre Piolat, adjoint au maire de Saorge, s’est prononcé pour la motion. Ce n’est pas admissible de ne pas avoir d’aide. Le camp de « no border » a été une bonne chose. On a des pouvoirs publics, il faut qu’ils assument.

Résumé de nos échanges du mieux possible…

·         Qu’est-ce qu’on fait ? l’état n’en veut pas. Plan grand froid : on fait quoi, car sans condition pour mise à l’abris (avec ou sans papier), n’importe quelle commune est en droit de faire de l’accueil de nuit. On peut avoir une approche pragmatique sans trop se rendre visible.

·         Georges :  c’est en donnant le maximum de visibilité que l’on va faire avancer. Pour les autres on les fait passer.

·         Mireille : lorsque les mineurs des Lucioles sont arrivés, vingt autres ont été virés pour les accueillir. Ils organisent le 18 novembre une formation sur l’asile.

·         Jean Noel veut une solution concrète mais peut aider. Cédric en a 40 chez lui. Il faut trouver des lieux.

·         Michèle : il arrive un nouveau préfet et il serait important de s’adresser solennellement à lui. Il ne faut pas que ce soit une seule mairie, mais tous les maires de la Roya. Voir Madame Vergiat pour un financement européen

·         Catherine : il faut mutualiser les moyens et trouver des lieux et des prises de position collectives pour assumer leur responsabilité d’asile. Soucis individuels de chaque habitant de la vallée. Créer une synergie. Comment forcer les pouvoirs publics.

·         Père Asso : au niveau de la paroisse, l’église de St Dalmas pourrait être mise à disposition. On essaye d’ouvrir le cœur mais il faut dutemps.

(Cédric amène 8 jeunes mineurs de plus….)

·         Georges : la vallée n’est pas rouge. Pour être concret, la mairie de Breil, qui est la première dans l’arrivée, met en place un local pour centraliser les soins. Dans ce lieu il pourrait y avoir une assistance juridique. Une permanence assurée par Roya Citoyenne. C’est à la mairie d’informer la population.

·         Mireille : sur l’assistance juridique, il y avait des avocats du CD06 dans la Roya ; il faudrait recréer ce service.

·         Le Maire n’est pas chaud pour accueillir. Il ne donne pas l’autorisation pour la salle de muscu pour maintenant, il craint un appel d’air. Davantage de risque sur la voie ferrée. Il a peur que ce qui s’est passé ici, se passe comme à Saint Dalmas. Pérenniser, il s’y oppose en tant que Maire. Le conseil municipal ne s’est pas exprimé.

·         Inculper une mairie n’est pas pareil.

·         Pierre Alain est comme Cédric. L’appel d’air n’est pas un argument. Lorsqu’on fait appel aux pouvoirs publics, comment faire pour ceux qui ne veulent pas se fixer en en France.

·         Jean Noël comprend les réticences de la mairie, mais il faut faire face à la situation. Ce n’est pas normal que ce soient les citoyens.

·         Michel : même si la mairie n’a pas les moyens financiers, une organisation peut le faire. Il faut l’aide de l’état.

·         Ou Breil sera une ville qui accueille ou la vallée qui accueille ou une ville qui n’accueille pas comme dans le département et la région.

·         Le plan grand froid ne se déclenche pas comme ça, il y une procédure faite par l’état dans certaines circonstances.

·         Pour l’église de Saint-Dalmas, ce n’est pas les paroissiens qui doivent nourrir. Ils sont d’accord mais il faut l’autorisation de la mairie. L’église : oui il faut l’engagement de tous. Il a essayé d’en parler au maire de Tende

·         La Maire de Saorge :  qu’est-ce qu’on peut faire pour que ça change ? On a écrit à tous le gouvernement sans réponse.

·         Le problème des mineurs : il faudrait un local à Nice mais ils vont partir de suite. Comment inventer la suite.

·         Mireille l’aide au séjour n’est pas illégale et a lu l’article, mais ça doit rester une démarche individuelle. Est-ce qu’il existe une démarche collective vers les pouvoirs publics. Le Maire peut être aidé mais il peut être impliqué. On a une situation dramatique et on ne fait rien. Pour sortir quelque chose de la réunion, Il faut de l’individuel mais il faut que la mairie s’engage.

·         Tous ensembles, associations, mairie : aller au centre administratif et demander à forcer la main au préfet. Les maires sont porteurs des problèmes de la population.

·         L’urgence c’est la création d’un lieu. Les douanes sont la propriété de l’état à la Giandola.

·         Le Maire peut demander au préfet la possibilité de mettre des abris type containers.

·         L’église rappelle qu’elle peut laisser l’église de Saint-Dalmas, et elle s’engage à voir le maire de tende.

·         La possibilité de demander par le préfet des réquisitions pour des locaux.

·         Le copain de Cédric demande qui est prêt à accueillir chez lui, ce soir. Comment fait-on ? Des bénévoles il y en a. il faut une porte ouverte, par exemple, par un chantier participatif pour remise en état de locaux.

·         Cedric dit que cette action n’est pas préméditée, mais si les mineurs sont retrouvés à Vintimille, Cédric porte plainte contre nous et on trouve les propos exagérés.

Que faire ?

·         On demande à la mairie de Breil

·         On soutient le père Asso pour Saint-Dalmas et on cherche aussi des chapelles pour accueillir.

Martine Landry avait les bons documents et connaissant la procédure, avec le Maire, ils ont faxé les papiers pour la prise en charge des 18 jeunes mineurs présents à la fin de la réunion.

Si j’avais un résumé à faire, je pourrais dire ceci :

Autour de cette table, il n’y avait que des bonnes volontés aussi fortes les unes que les autres.

Mais face à ce problème, la mairie ne sait pas, la carf pas au courant, le département ne veut pas, la région ne veut pas et l’Etat fait semblant.

Seule la population réagit avec son cœur, surtout dès qu’elle est confrontée directement, en face à face avec ces gens qui souffrent.

Mais maintenant, c’est la population de la Roya qui souffre aussi, surtout celle confrontée malgré elle à la souffrance des migrants.

La population de la Roya a aussi besoin d’aide, de secours, car elle est juste confrontée à de l’humain et n’en a rien à faire de la politique.

J’ajouterai, l’hiver on met à l’abri les plantes et on peut mettre aussi à l’abri les humains.

Dans tous les cas, ça soulagera le cœur de Tous.

Et pour ça, nous avons besoin de la collectivité locale la plus proche, la seule qui sait nous comprendre, nous défendre : LA MAIRIE.

Ensemble, Mairie, Associations, Autorités Religieuses, Population, trouvons le soulagement pour Tous.

Ca ne sera pas facile, mais il faut faire vite, en n’oubliant pas que ce n’est que le début de l’histoire…

Compte rendu par G. C., conseiller municipal, Breil/Roya.

fichier pdf Motion migrants Breil compte rendu du CM 15 juin 2016 m

fichier pdf Motion migrants Saorge prise en conseil municipal le 21 Oct 2016 m

FRANCE 3 Côte d’Azur : Main courante contre l’Etat par Cédric Herrou, accueil par Françoise Cotta

Posté : 25 octobre, 2016 @ 1:49 dans Accueil, Mobilisation, Réfugiés - Migrants | 1 commentaire »

http://france3-regions.francetvinfo.fr/cote-d-azur/alpes-maritimes/poursuivi-aide-au-sejour-irregulier-ce-militant-appelle-etat-1114945.html

Poursuivi pour aide au séjour irrégulier, ce militant en appelle à

la responsabilité de l’Etat pour la prise en charge des migrants

Cédric Herrou accompagné par son avocate a déposé ce dimanche une main courante à la gendarmerie de Breil-sur Roya contre l’État. Poursuivi pour aide au séjour irrégulier, ce militant demande que la France prenne en charge les migrants mineurs qu’il ne peut plus accueillir chez lui.

FRANCE 3 Côte d'Azur : Main courante contre l'Etat par Cédric Herrou, accueil par Françoise Cotta dans Accueil img_1302

  • Laurent Verdi avec AFP Publié le 23/10/2016 à 15:29, mis à jour le 24/10/2016 à 12:19
    © Josette Sanna Cédric Herrou et son avocate devant la gendarmerie de Breil-sur-Roya dimanche après-midi.
    Placé sous contrôle judiciaire pour avoir aidé des étrangers en séjour irrégulier sur le territoire français, Cédric Herrou en appelle à l’Etat. « Pour que l’État prenne en charge les mineurs » car il ne peut plus les accueillir chez lui comme la loi l’en empêche et souhaite que les migrants âgés de moins de 18 ans soient dirigés dans des structures d’accueil.

    CONNU POUR AVOIR HEBERGÉ DES CENTAINES DE PERSONNES

    Ce militant, connu dans la vallée de la Roya pour avoir hébergé chez lui des dizaines des migrants  est membre de l’association Roya Citoyenne, qui prône la solidarité avec les migrants qui tentent de passer en France depuis la ville-frontière de Vintimille (Italie).

    Pour que l’État prenne en charge les mineurs », Cédric Herrou les raisons de son action contre l’État

    Cédric Herrou avait déjà été interpellé en août avec huit Erythréens à bord de son véhicule. Le parquet de Nice avait alors classé l’affaire sans suite, s’appuyant sur la législation qui permet d’accorder une « immunité » à titre humanitaire aux passeurs qui ne sont pas rétribués et qui agissent si la vie des personnes recueillies est jugée en péril.

    JUSQU’À 5 ANS DE PRISON

    Cédric Herrou a été interpellé jeudi dernier en compagnie de trois autres personnes suite à l’évacuation du camp de migrants de Saint-Dalmas-de-Tende.
    Placé en garde à vue puis libéré samedi, il reste sous contrôle judicaire.
    Son procès est fixé au 23 novembre. Il encourt jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende.

    DÉSOBÉISSANCE CIVILE

    Des habitants de la Roya tentent de s’organiser pour héberger les migrants qui frappent à leur porte nuit et jour. Josette Sanna et Jean Christophe Routhier ont rencontré une avocate qui vit dans la région. Elle accueille en ce moment 14 personnes et prend le risque comme beaucoup d’autres de se mettre dans l’illégalité. Elle considère son geste comme de la désobéissance civile.

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    Accueil de migrants dans la Roya

    Des habitants de la Roya tentent de s’organiser pour héberger les migrants qui frappent à leur porte nuit et jour. Josette Sanna et Jean Christophe Routhier ont rencontré une avocate qui vit dans la région. Elle accueille en ce moment 14 personnes et prend le risque comme beaucoup d’autres de se mettre dans l’illégalité. Elle considère son geste comme de la désobéissance civile.

Vintimille, le Calais italien

Posté : 22 août, 2016 @ 5:56 dans Accueil, archives, Infos, videos, documentaires..., Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires »

Voici un article paru dans Le Monde du 21 août 2016 sous la plume de Maryline Baumard ( Envoyée spéciale à Vintimille)

Lire l’article

Réfugié(e)s-Migrant(e)s dans la presse locale

Posté : 22 août, 2016 @ 5:47 dans Accueil, archives, Infos, videos, documentaires..., Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires »

Voici deux articles parus dans la presse locale :

Nice-Matin du 20 août 2016 ICI

Nice-Matin du 21 août 2016   

Sauver une vie, c’est désormais un crime

Posté : 21 août, 2016 @ 8:32 dans Accueil, archives, Messages, Pétitions | Pas de commentaires »

Manuel Blanco, Enrique Rodriguez et Julio Latorre sont trois sapeurs-pompiers espagnols. En décembre dernier, ils ont décidé de devenir volontaires pour l’ONG “PROEMAID” (Aide d’Urgence Professionnelle) qui opère en Grèce, sur l’île de Lesbos. Leur but est de mettre à profit leur expérience de sauveteurs pour une cause admirable : sauver des vies de la noyade. Celles d’enfants, de femmes et d’hommes tentant d’échapper à la guerre et à la pauvreté.

Ils encourent aujourd’hui jusqu’à dix ans de prison.

Ces hommes ont mis leur vie en péril pour  aider des milliers de personnes, or le gouvernement grec considère que ces missions de sauvetage relèvent du trafic d’êtres humains.
La loi autorisant l’arrestation de Julio, Manuel et Enrique pour trafic d’êtres humains est en train d’être révisée par la Commission européenne en ce moment même. C’est notre chance de nous faire entendre.
Signez la pétition !

https://act.wemove.eu/campaigns/benevoles-pas-criminels

 

Réfugié-es bloqué-es à la frontière italienne

Posté : 20 août, 2016 @ 11:09 dans Accueil, archives, Infos, videos, documentaires..., Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires »

Voici la lettre ouverte adressée par l’association « Roya Citoyenne » ,  ainsi que d’autres associations,  aux autorités nationales et locales

À Monsieur le Président de la République
À Monsieur le Premier ministre
À Monsieur le Ministre de l’Intérieur
À Monsieur le Préfet des Alpes-Maritimes

Messieurs les gouvernants,

Nous avons honte.
Nous habitons dans un département frontalier : les Alpes-Maritimes. Vous avez ordonné que les réfugiés soient bloqués à la frontière franco-italienne. Hommes, Femmes et Enfants affamés et épuisés, y survivent dans des conditions déplorables après avoir vécu les pires horreurs pour fuir leur pays, en traverser d’autres, ainsi que la mer, afin d’arriver aux portes de la France. À Vintimille, l’Italie, bien malgré elle, est devenue leur prison. Les mineurs isolés sont nombreux parmi cette population.

Nous les voyons errer le long des routes, sur les voies ferrées, au péril de leur vie. Ils sont dans une situation humanitaire impossible. Cette réalité est insoutenable. Nous ne pouvons rester indifférents devant le spectacle de cette misère grandissante, véritable agression pour tout citoyen qui comme nous demeure attaché aux valeurs d’humanité, de solidarité, de fraternité qui sont inscrites au fronton de la République. Cette histoire est notre histoire, une histoire de société, une histoire d’humanité.

Aucune règle internationale ne saurait s’opposer, si vous le voulez, à notre souveraineté humanitaire. La France qui a toujours été une terre d’accueil et dont la devise reste Liberté, Égalité, Fraternité, se doit de respecter les conventions internationales et le droit des réfugiés. Jusqu’à maintenant nous sommes quelques-uns à agir bénévolement pour tenter de répondre à l’urgence. Mais les besoins sont croissants. La population de réfugiés augmente chaque jour et les pouvoirs publics ne peuvent plus se dérober à leur responsabilité.

Nous vous demandons donc d’user de vos prérogatives pour contribuer a régler cette situation en ne déniant pas à priori à ces femmes et à ces hommes le droit de traverser notre pays ou d’y demander l’asile. Des milliers et des milliers sont jetés sur les routes et sur les mers, des familles sont explosées, non parce qu’ils l’ont choisi, mais parce que les politiques mises en œuvre à travers les «aventures»  guerrières, les bombardements, la destruction de leurs États notamment, les ont chassés de chez eux.
Aujourd’hui les pays européens, occidentaux, etc… récoltent le produit de la politique de leur gouvernement, et il est moralement et humanitairement inacceptable de voir les responsables se dérober.

Monsieur le Président, Messieurs les gouvernants, nous ne pouvons imaginer que vous resterez sourds à cette détresse.
Face à l’extrême urgence, nous comptons sur votre diligence pour prendre les mesures qui s’imposent, dont une des premières, l’ouverture et l’organisation de centres d’accueil, d’hébergement, de soins et de premiers secours, non seulement à la frontière, dans les communes limitrophes, mais aussi sur l’ensemble du territoire national.

Nous informerons la population française de vos initiatives.

Nous vous prions d’agréer, Messieurs les gouvernants, l’assurance de nos sentiments républicains.

Association Roya Citoyenne

Pour toute correspondance : royacitoyenne@laposte.net

 Et voici la réponse reçue de la Présidence de la République ici

Ainsi que la réponse reçue par ADN ( Association pour la Démocratie à Nice )

Compteurs Linky

Posté : 16 août, 2016 @ 10:25 dans Accueil, archives, Infos, videos, documentaires... | Pas de commentaires »

Page mise à jour le 16 août 2016

voir le lien du bas de la page

en suivant ce  lien

 

de SAUVONS la ROYA

Posté : 4 août, 2016 @ 3:43 dans Accueil, archives, Infos, videos, documentaires..., Messages | Pas de commentaires »

Vendredi 5 août 2016

9h30 : Promenade sur les traces des routes du sel (rdv à la Chapelle de Notre-Dame de la Visitation à Vievola). Repas partagé.

15h : Contes et rencontres. Pastoralisme et nomadisme par les bergères et bergers des montagnes. A Vievola (voir les indications sur place).

18h30 : Les routes du sel et la Vallée des Merveilles. Regards anthropologiques.

20h30 : Grand dîner convivial. Apportez vos spécialités.

suivi de Contes et légendes d’ici et d’ailleurs

Ruraux sans frontières Lire la suite

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