ROYA CITOYENNE – Résistances en Roya

solidarité, renforcement du réseau social, réflexion sur des projets de société respectueux de l'humain et de la nature…

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« Roya citoyenne » : « Nous continuerons » – 9/11/2016

Posté : 23 novembre, 2016 @ 5:50 dans Non classé | Pas de commentaires »

Nous continuerons.

« Depuis deux ans, les forces de l’ordre effectuent de nombreux contrôles d’identité et de titres de séjour dans le département des Alpes-Maritimes. Ces contrôles ont lieu tant à la frontière que dans certaines villes à l’intérieur du territoire français ou dans les trains en provenance d’Italie.
Décision contentieuse qui devait être à l’origine seulement une mesure anti-terroriste après les attentats de Paris (13 Novembre 2015) et de Nice (14 Juillet 2016) 2, elle est à présent utilisée pour systématiser l’arrestation et le renvoi de migrants vers l’Italie qui s’accompagne de délits de faciès généralisés.
Au vu des dispositifs, de plus en plus de migrants choisissent de passer par les montagnes, marchant pendant des jours, dormant dans des tunnels exigus, cheminant sur des autoroutes périlleuses pour rejoindre des gares où ils se voient raflés.

C’est ici que nous, citoyens individuels de la vallée de la Roya, membres d associations
Nous nous mobilisons car :
Si l’article 20 du règlement européen relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes (« code frontière Schengen ») précise que « les États peuvent exercer leurs « compétences de police », il précise également qu’ils ne peuvent le faire que dans la mesure où « celles-ci ne sont pas équivalentes à un contrôle systématique ». Or depuis plusieurs mois, c’est effectivement un contrôle continu et systématique qui est pratiqué dans les gares et aux frontières.

Nous nous mobilisons car :
Si l’article 78-2 du code de procédure pénale prévoit un « régime spécifique de contrôle d’identité dans une zone de 20 km le long de la frontière avec les États membres de l’espace Schengen » celui-ci a été élargi bien au-delà de cette distance, s’étendant jusqu’à Nice, Antibes, Cagnes-sur Mer. Nous avons été personnellement témoin de « rafles » et arrestations au-delà de ces limites, ainsi qu’une reconduction en Italie sans aucune forme de transparence juridique.

Nous nous mobilisons car :
L’article 20 de la Convention Internationale relative aux droits de l’enfant dispose que « tout enfant » privé de son milieu familial ou en danger au sein de celui-ci a droit à une protection. De même le Comité des droits de l’enfant a précisé dans ses observations générales de septembre 2005 : « les obligations qui incombent à un État en vertu de la Convention s’appliquent à l’intérieur de ses frontières, y compris à l’égard des enfants qui passent sous sa juridiction en tentant de pénétrer sur son territoire. La jouissance des droits énoncés dans la Convention n’est donc pas limitée aux enfants de l’État partie (…) et doit dès lors impérativement, sauf indication contraire expresse de la Convention, être accessible à tous les enfants − y compris les enfants demandeurs d’asile, réfugiés ou migrants »
Or, nous avons été amené à être témoins à mainte reprise du non-respect par les forces de l’ordre de ces dispositions, par ignorance ou délibérément. Nous avons été confrontés à des situations où nous avons informé les officiers du fait qu’ils avaient à faire à des mineurs étrangers non accompagnés. Ils nous ont assuré qu’ils feraient en sorte de les transmettre aux services compétents et capables de les protéger. Le jour même nous avons appris que les mineurs avaient été reconduits en Italie. Quand nous avons demandé des explications, les Gendarmes ont justifié leurs actions en expliquant qu’ils avaient remis les personnes à la Police aux Frontières et n’étaient pas responsable de la suite de la procédure.

Nous nous mobilisons car la politique incohérente des autorités amène une situation d’urgence humanitaire en Italie et à Vintimille, la dernière ville italienne avant la frontière. Différents acteurs, chercheurs, ONGs et responsables politiques ont admis que les capacités d’accueil de l’Italie en matière d’asile étaient saturés et les dispositifs d’accueils des réfugiés inadéquats.

Nous nous mobilisons car des mineurs et non mineurs sont renvoyés d’Italie en violation des droits Européens. Même si la France a arrêté les expulsions vers le Soudan, après sa condamnation par la CDHE, en renvoyant des réfugiés en Italie ils leurs font courir le risque d’être expulsé vers la Grèce ou le Soudan et participent indirectement au manquement à une disposition de droit international.

Nous nous mobilisons car :
L’article L.226-3 du Code de l’Action Sociale et des Familles prévoit que « le président du conseil départemental est chargé du recueil, du traitement et de l’évaluation, à tout moment et quelle qu’en soit l’origine, des informations préoccupantes relatives aux mineurs en danger ou qui risquent de l’être. ».
Dans les Alpes-Maritimes, le nombre de MIE pris en charge par l’aide sociale à l’enfance a connu sur un an une explosion inégalée : + 727 %, avec 1 265 mineurs accueillis en 2015 contre 174 en 2014. Cela ne signifie pas une saturation de la capacité d’accueil, mais les propos de M. Eric Ciotti, Député, Président du Département des Alpes-Maritimes, montrent que les autorités compétentes refusent la prise en charge.
Loin de laisser les migrants se diriger vers d’autres départements prêts à les accueillir ils choisissent le renvoi systématique en Italie, ce qui nous oblige à intervenir.

Nous nous mobilisons car :
Le Conseil d’État rappelle « que si les requérants estiment que tel ou tel contrôle particulier a été effectué dans des conditions irrégulières, notamment discriminatoires, il leur appartient de saisir la juridiction compétente de leur cas particulier.» Or pendant la durée de cette procédure les mineurs se retrouvent dans une situation de vulnérabilité. La Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme, dans son avis sur la situation des mineurs isolés étrangers présents sur le territoire national du 26 juin 2014, recommande « s’agissant du recueil provisoire d’urgence, le strict respect du délai légal de 5 jours (…) Pour la CNCDH, un recueil provisoire d’urgence excédant 5 jours non seulement est entaché d’illégalité, mais encore viole le droit du mineur à un accès concret et effectif à une juridiction » (Recommandation n° 7).
Or dans la présente situation, les mineurs se voient renvoyés dans des camps, obligés à avoir recours à des réseaux de passeurs où se retrouvent entre deux villes la nuit et donc en danger.

Nous nous mobilisons car :
Nous avons une responsabilité civique et citoyenne défini à l’article 434-3 Code Pénal : « Le fait, pour quiconque ayant eu connaissance de privations, de mauvais traitements ou d’atteintes sexuelles infligés à un mineur de quinze ans ou à une personne qui n’est pas en mesure de se protéger en raison de son âge […] de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ».
Or nous avons été témoins à plusieurs reprises d’actes de privation (lors du renvoi par les forces de l’ordre de mineurs ayant marché plusieurs jours sans nourriture) et de mauvais traitements (menaces, intimidations, violences) ainsi que d’une mise en danger (quand les mineurs sont pourchassés par l’armée à travers les ravins et collines). Dans d’autres cas, les conséquences peuvent être mortelles.
Au-delà de cette contrainte juridique, nous pensons également que nous avons une obligation morale à venir en aide à des personnes victimes d’abus juridiques, physiques et mentaux.

Nous continuerons donc d’aider des personnes vulnérables (femmes enceintes, enfants, mineurs) à passer la frontière, en les conduisant nous-même s’il le faut.

Nous continuerons de fournir nourriture, vêtements et accueil aux personnes se trouvant sur le territoire français de la Roya.

Nous continuerons de leur fournir l’information légale sur leurs droits et à les conseiller dans leur choix de destination.

Nous continuerons de les conduire dans les gares éloignés pour les aider à échapper à des rafles discriminatoires et illégales.

Nous continuerons à nous interposer lors d’arrestations illégales.

Nous continuerons d’user de tous les recours, juridique ou autre pour nous opposer à la mise en place de systèmes discriminatoires.

Nous continuerons à défendre notre droit à accueillir des personnes vulnérables chez nous et à nous opposer aux intrusions illégales et répétés des forces de l’ordre sur des propriétés privés.

Nous continuerons d’informer les médias et l’opinion publique de ces pratiques indignes d’une démocratie et d’une nation des droits de l’homme. »

Mattias Lucile Cédric pour Roya Citoyenne

 

 

LIBERATION 21/11/2016 « La vallée qui fait de la désobéissance »

Posté : 22 novembre, 2016 @ 8:07 dans Accueil, Medias : Articles presse Radios, Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires »

http://www.liberation.fr/france/2016/11/21/migrants-la-vallee-qui-fait-de-la-desobeissance_1530008

Article partagé par C. Estrosi, avec urticaire réactif caractérisé :

estrosi

Reportage

Migrants : la vallée qui fait de la désobéissance

Par Mathilde Frénois — 21 novembre 2016 à 20:16
A Breil-sur-Roya, fin octobre. Photo Laurent Carré

Près de la frontière italienne, dans les Alpes-Maritimes, les habitants de l’enclave de la Roya ont fait de l’aide aux étrangers une tradition. Et se retrouvent, pour certains, devant la justice.

  • Migrants : la vallée qui fait de la désobéissance

Cette nuit-là, pour la première fois depuis plusieurs mois, Tomas dormira dans un lit. Il partagera une soirée autour d’un poêle à faire griller des marrons, et un repas fait de courge, de bœuf et de penne. Cet Erythréen de 15 ans est accueilli chez Françoise. «Un contrôleur de la SNCF m’a prévenue qu’il était à la gare, dit cette avocate en parcourant des yeux ses SMS. Pour qu’il ne se fasse pas intercepter par la police et qu’il ne dorme pas dehors, je suis allée le chercher.» Ce soir, en plus de Tomas, Françoise accueillera 19 autres migrants dans sa maison nichée sur les hauteurs de Breil-sur-Roya (Alpes-Maritimes). Trouvant «insupportable l’abandon et le mépris des pouvoirs publics», elle a décidé d’agir. «A un moment, il est de notre devoir de désobéir», estime-t-elle.

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Tomas, Erythréen, est hébergé par Françoise avec d’autres réfugiés. (Photo Laurent Carré)

Esprit militant

Dans la vallée de la Roya, Françoise n’est pas la seule à s’engager. L’Etat a lancé des poursuites contre certains habitants pour aide à l’entrée ou au séjour irrégulier (lire encadré). Cette zone montagneuse française voit débarquer dans ses villages des migrants érythréens, soudanais, tchadiens qui tentent de franchir la frontière italo-française, officiellement fermée depuis 2015. Des habitants apportent leur aide à des hommes et des femmes épuisés par leur très long périple. Certains donnent de la nourriture et des vêtements, dispensent des cours de français, soignent les blessures. D’autres les hébergent, voire les accompagnent vers une autre ville de France ou d’Europe. Ces villageois solidaires sont jeunes ou vieux, avocats, étudiants, infirmiers, agriculteurs, professeurs, retraités, comédiens…

Chez Françoise, Tomas a trouvé une place dans une chambre qu’il partage avec quatre autres Erythréens. Parti de son pays en juin, Tomas a connu la guerre chez lui, la route vers la Libye, la traversée de la Méditerranée puis de toute l’Italie, et l’errance à Vintimille. Puis cap vers la France. Après une nuit de marche sur la voie ferrée, sous les longs et humides tunnels de la ligne Vintimille-Cuneo, il a atterri à Breil, épuisé. «Tomas s’est trompé de route. En marchant vers le nord, il pensait aller vers Paris, il s’est retrouvé dans la montagne», explique Françoise. La vallée de la Roya, «c’est un goulot d’étranglement, une enclave, précise-t-elle. Une fois arrivés, on est coincés». En remontant vers le nord, la route rejoint à nouveau l’Italie. En continuant vers l’ouest, derrière le col, c’est encore le territoire français, mais un lourd dispositif policier surveille la route, inspecte chaque véhicule, ouvre les coffres. Difficile pour Tomas et les autres migrants de sortir de cette vallée enclavée. Nathalie, une comédienne qui héberge plusieurs migrants, souligne que c’est «la géographie» qui forge l’esprit militant des habitants de la vallée. «Ici on n’est ni trop Français, ni trop Italiens.» On est dans un entre-deux, donc plus ouverts. Placées sur la route du sel, les cinq communes de la Roya (Tende, La Brigue, Fontan, Saorge et Breil) ont toujours connu du passage.

«L’hospitalité s’est accrue dans les années 50 car, quelques années auparavant, pendant la guerre, les habitants ont fui à Turin où ils ont été très bien accueillis. A leur retour, ils ont gardé cette habitude d’hospitalité», estime Georges, retraité de l’enseignement insistant sur la fibre sociale de la vallée. «En 1981, mon village de Saorge est celui qui a voté le plus pour François Mitterrand au premier tour. Encore aujourd’hui, la tendance est communiste.» Une vallée qui se démarque du reste du département, très à droite.

C’est sur ce terreau qu’une base militante s’est rassemblée, il y a une dizaine d’années, autour d’un combat collectif : la non-appartenance à une communauté de commune qui lierait la Roya à Menton et Roquebrune-Cap-Martin et ses maires LR Jean-Claude Guibal et Patrick Cesari. Pour faire le poids, l’association Roya Citoyenne est créée. Un vote aura raison du combat : la vallée est finalement rattachée aux communes du littoral. S’en suivent deux autres luttes qui occupent toujours les militants aujourd’hui : le non-doublement du tunnel de Tende et le maintien de la voie ferrée. «Ici, on ne supporte pas que le plus fort fasse la loi», résume Gilbert, conseiller municipal de Breil, venu avec son petit-fils apporter des jouets aux enfants de la maison.

Mamadou et Françoise

Françoise. (Photo Laurent Carré)

L’ennui plane

Dans la cour de la bâtisse de Françoise, Véronique égraine une courge. Devant elle, le plat à gratin se remplit au fur et à mesure qu’elle détaille le cucurbitacée en dés. «Je ne me suis jamais engagée mais il y a un mois, je suis tombée sur un migrant allongé à même le sol. Ici, on n’a pas l’habitude de voir des gens dormir dans la rue», raconte cette mère de famille. Une semaine plus tard, Véronique ouvre ses fenêtres. En dessous de chez elle, deux migrants. Elle saute le pas et les héberge. «Dès qu’on les approche, on s’y attache car on découvre leur histoire, leur parcours.» Véronique a entraîné ses enfants Nathan et Elisa, 18 ans et 24 ans, qui donnent des cours de français aux migrants chaque soir depuis dix jours. «Cela fait penser à la Résistance, s’étonne Elisa, étudiante. Il ne faut pas trop parler de ce que l’on fait et presque se cacher.» En attendant le repas, Nasser a ouvert son cahier de français. Sur la page de garde, il a dessiné un drapeau tricolore.

Avec Elisa, ce père de famille soudanais révise les chiffres et les parties du corps. «Ici, c’est un lieu sûr. Surtout avec « Maman Françoise »», sourit-il. Si la maison de l’avocate est synonyme de quiétude pour Nasser, sa femme Hosna, leurs enfants Fadel, Mahamel, Tala, Tamani et son frère Khalifa, elle est surtout un lieu d’attente. Ne pouvant sortir de cette grande propriété, l’ennui plane. Les enfants s’occupent en courant dans le jardin, en jouant avec des Playmobil, en faisant du dessin. Leurs parents aident aux tâches ménagères, s’occupent de leur progéniture et envisagent un avenir. La famille, qui veut rejoindre Marseille ou Aix-en-Provence, est entre parenthèses. «On part quand ?» répète Nasser à Françoise qui a bien du mal à répondre car les départs se font au compte-gouttes. Les militants organisent des convois pour «faire passer» les migrants de l’autre côté de l’enclave.

La maison de Françoise, Breil. Hossne  et ses enfants dans le jardin 28/10/16

Hosna, Soudanaise, et ses enfants ont trouvé refuge chez une autre habitante. La famille espère rejoindre Aix ou Marseille. (Photo Laurent Carré)

Quatre générations

Jusque-là discret, l’engagement du réseau de la Roya éclate au grand jour mi-octobre lorsque Cédric Herrou, un agriculteur membre du réseau d’aide, se retrouve avec plusieurs dizaines de migrants dans sa ferme et qu’il décide d’ouvrir illégalement un centre d’accueil qui sera démantelé par les gendarmes au bout de trois jours (lire encadré). L’association Roya Citoyenne, restée en sommeil pendant une dizaine d’années, se réveille et rassemble une cinquantaine de personnes en soutien à l’agriculteur, qui ne trouvera aucun relais parmi les figures politiques du département. Au contraire. Christian Estrosi, président LR de Provence-Alpes-Côte d’Azur, blâme ces citoyens de la vallée, parlant de «l’irresponsabilité d’associations militantes». Et le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti dénonce des «associations qui dévoient le sens de la loi» et qui «défient les autorités en se servant de la cause qu’ils prétendent défendre pour tenter d’imposer une politique contraire aux intérêts […] des Français». Laurence Boetti Forestier (Modem), conseillère régionale du secteur, évoque même une «instrumentalisation à des fins politiques».

A lire aussi Notre diaporama «Migrants : la Roya, vallée rebelle»

Des propos qui font bondir Françoise, Nathalie, Cédric et les autres, qui décident de profiter d’une tradition du village pour réunir habitants et migrants. «Une fois par an, j’organise la fête de la chapelle qui est adossée à la maison, explique Françoise. Aujourd’hui, on réunit quatre générations de Breillois qui voient les migrants de près pour la première fois.» Dans le jardin, un prêtre mène son office, dédié ce jour-là à la femme de l’un des Erythréens, Meabal, décédée lors d’un naufrage en mer. Quelques mains se serrent, les accolades sont timides, des regards s’échangent. La barrière se casse. «C’est la première fois que je partage un moment avec eux, explique Catherine, une Breilloise de 88 ans. Je savais qu’ils étaient accueillis mais je n’avais jamais fait l’effort de m’en approcher.» Un habitant de la vallée sort de sa poche une photo en noir et blanc. Le cliché a été immortalisé en Erythrée en 1963, lors de son service militaire. Tomas presse l’homme de questions. Soudain, locaux et migrants se trouvent des souvenirs communs.


Jugé pour aide au séjour

Avec sa camionnette, Cédric Herrou livre les œufs qu’il produit à Breil. Depuis un an et demi, l’agriculteur utilisait également son véhicule pour transporter des migrants de la vallée de la Roya vers les gares de l’ouest du département. Il les hébergeait aussi dans sa ferme. Mais rapidement, «on s’est retrouvés à cinquante chez moi. Ce n’était plus possible d’accueillir tout le monde dignement», explique-t-il. Il a alors ouvert illégalement un camp dans un bâtiment de la SNCF de Saint-Dalmas-de-Tende. L’insoumission durera trois nuits, avant qu’un matin de la mi-octobre, gendarmes, sous-préfet et procureur débarquent dans la vallée. Les migrants sont reconduits à la frontière italienne et les mineurs emmenés vers des centres d’hébergement. Le trentenaire, placé en garde à vue, sera jugé mercredi pour «aide à l’entrée sur le territoire national et aide au séjour». Il encourt jusqu’à cinq ans de prison et 30 000 euros d’amende.

Photos Laurent Carré

Mathilde Frénois

COMPTE RENDU réunion interassociative jeudi 10 novembre BREIL/ROYA

Posté : 22 novembre, 2016 @ 2:36 dans Accueil, Compte-rendus réunions, Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires »

Comment aider la population de la commune et les migrants par la création de lieux d’accueil.

La population de la commune accueille souvent silencieusement et avec générosité le malheur des migrants qui passent sur nos routes et voies ferrées.

Fatigués, frigorifiés, désorientés, ils frappent maintenant directement à nos portes. Population et migrants démunis, mais ensembles, comment bénévolement faire face.

·         Introduction du Maire. Lecture de l’ordre du jour. Réfléchir collectivement. Lecture de la motion lancée par la mairie.

·         Michel Masseglia, adjoint à la mairie de Breil dit qu’il est insupportable de laisser mourir quelqu’un. Dans cette vallée il y a un bon esprit d’entraide. Il voit partout des enfants et des femmes. Voir ce qu’il est possible de faire. Voir comment accueillir.

·         Gilbert Cottalorda raconte dans des faits auxquels il a participé, la gentillesse de la population de Breil, mais aussi en miroir avec les migrants, la douleur présente dans le cœur des gens et la souffrance de la population touchée. La politique oui, mais l’humain immédiatement.

·         Père François Xavier Asso, prêtre de la paroisse de la roya, est très intéressé et a travaillé au Burkina Faso.

·         Père Paul Marie Pham, curé de la paroisse de la roya et d’origine étrangère, est interpelé et solidaire.

·         Philippe Collet, délégué diocésain pour la pastorale des migrants, est à notre disposition.

·         Fazil M’Madi, membre de l’association des musulmans de la Roya, est prêt à aider.

·         Amid Abdi, président de l’association des musulmans de la Roya, propose son aide pour intervenir dans l’abri qui va accueillir.

·         Michele Truchi Mrap vient de Moulinet et dit que c’est la fermeture de la frontière qui est la cause des problèmes chez les mineurs, les adultes et en général.

·         Jean Corbucci, Resf, accompagne à Vintimille, collecte et a créé un atelier de français.

·         Mireille Damiano, Saf, (Syndicat des avocats de France), avocate, travaille sur les hommes en difficultés. L’abri par les municipalités sont des pistes pour faciliter le travail des personnes qui viennent en aide. Problème des mineurs avec les protections légales non respectées. Ils font un référé contre l’arrêté de monsieur Ciotti. Le Samu social en partenariat peut être une des pistes pour l’action.

·         Catherine Cohen-Seat, Saf, avocate, évoque la problématique pour trouver des solutions pour se mettre à l’abri juridiquement. Il faut le courage politique pour avancer.

·         Messaoud Bechani, membre de l’association des musulmans de la Roya, est d’accord pour aider dans l’abri qui va accueillir

·         Mohamed Abdi, membre de l’association des musulmans de la Roya, est d’accord avec Messaoud pour aider.

·         Catherine Gros, LDH Cannes, milite et aide dans la Roya et pense qu’un abri serait d’une grande utilité.

·         Teresa Maffeis, ADN, suit les migrants depuis 2015. Très grande solidarité de dons en vêtements et nourriture. Participe aux cours de français avec Caritas Vintimille, mais les classes se renouvellent sans cesse. Beaucoup de familles à Vintimille avec enfants. L’état Italien n’as pas payé ni signé la convention. Beaucoup de gens sur les bords de l’estuaire de la Roya pour se cacher. Ils veulent tous s’en aller. Réfléchir à la réunification familiale. Ils ont souvent une adresse ou aller en Europe mais ils sont bloqués.

·         Christian Masson, Mrap, va souvent à Vintimille, reçoit les personnes sans papier. Il n’y a aucun demandeur d’asile venant de Vintimille. Les mineurs qui doivent avoir la protection de la France sont renvoyés en Italie dans une zone qui va jusqu’à Cannes. A Nice il n’y a plus un hébergement d’urgence.

·         Jean Noel Fessy, Roya Citoyenne, s’occupe des gens dans nos rues. Roya Citoyenne fait cinq maraudes par semaine, mais interdites, pour nourrir les gens dans l’estuaire de la Roya à Vintimille. Ils hébergent chez eux les migrants et ne savent pas quoi en faire. Les volontaires sont fatigués et attendent le relais des municipalités. Dans le haut de la vallée, un accueil se dessine. Attention aux incivilités si rien n’est fait.

·         Georges Faye, Roya Citoyenne, constate un afflux de mineurs, motif de l’occupation des Lucioles où ils ont été accueillis. A Fontan, on a appelé le CD06 pour des mineurs et ils sont venus les récupérer, mais ils sont déjà partis du foyer d’accueil. Le décret du 2 novembre reproduit celui du mois précédent et le département ne veux pas augmenter les foyers d’accueil. Roya Citoyenne est une asso de la vallée de la Roya avec des réfugiés dans les cinq villages. Il se félicite de voir que toutes les assos les soutiennent.  Quand nous aurons cet abri, il faut mettre en place une organisation.

·         Cecile Della Monaca, Cimade Coviam, aide concrètement sur le terrain.

·         Martine Landry, Amnesty, constate les irrégularités constantes, participe à l’action de Roya Citoyenne comme pour les mineurs de Fontan. Il faut obliger les pouvoirs publics à faire leur travail. Roya Citoyenne a obligé les pouvoirs publics à faire leur travail. L’Italie ne réadmet pas les mineurs si ils sont avertis, mais on ne sait où s’adresser.

·         Elisabeth Marques, Cimade Coviam, travaille sur le terrain.

·         Maud Bagaria, Secours Catholique, travaille en lien avec les mineurs.

·         Amandine Franch, Secours Catholique, travaille aussi avec les mineurs.

·         Patricia Cadoret, MDM Médecin du Monde, infirmière bénévole, souligne que la mise en place d’un abris favoriserait leur travail pour soigner les migrants qui sont actuellement disséminés dans toute la Roya par petits groupes avec des déplacements trop importants pour soigner tout le monde.

·         Agnès Gillino, MDM, Coordinatrice générale de MDM. Un abris permettrait une visite des médecins.

·         Anne Mathé de Botton, MDM, encourage l’abris humanitaire pour les soins.

·         Nadine Niel, EELV, habite Menton et est confronté aux problèmes que rencontrent les migrants depuis le début et ont fait passer une motion.

·         Henri Rossi, LDH Paca délégué régional section de Nice, difficulté entre sentiments et politique. il faut arriver à forcer les pouvoirs publics. Le Calais est à Vintimille. Action pour faire avancer les choses. La Présidente Nationale de LDH viendra témoigner pour Cédric et Pierre Alain.

·         Diane Dotti, Actes Service migrants, effectue un suivi social et juridique pour le CADAM et est très intéressée pour intervenir auprès des migrants dans la vallée.

·         Marie Noëlle Turca, magazine Annonceurs des Vallées, citoyenne de La Brigue mais pas aidante, prête à s’impliquer dans une démarche d’aide. Choquée par la non implication de l’Europe. La France est en dessous de ses capacités

·         Brigitte Bresc, Maire de Saorge, la seule maire sollicitée, venue pour essayer de faire quelque chose. Interroger les pouvoirs publics pour faire. Recherche de légalité avec l’aide des assos. La roya est une nasse sans sortie. Sa mairie a voté une motion sur ce problème.

(Cédric vient de nous amener 10 jeunes mineurs…….)

·         Gisèle Cottalorda, Soupe de nuit, va toutes les semaines, en fraude, faire les maraudes. Il fait froid et les gens dans la Roya sont démunis. La situation ne peut plus perdurer. Ils se trompent quand il viennent chez nous. On veut aller à Paris disent-ils…Il sont arrivés à en faire passer, mais les pouvoirs publics doivent faire. Accepter de faire un peu de résistance.

·         Valérie Tomasini, Conseillère Départementale du canton, est au conseil du Foyer de l’Enfance mais on lui dit qu’il n’y a pas de place. Pas de soutien de de Monsieur Ciotti. Elle a apporté de la nourriture à Fontan du Secours Populaire. Ils ont saisi le Préfet et l’ont interrogés pour savoir si il prenait la responsabilité de faire un mort.

·         Jean Pierre Piolat, adjoint au maire de Saorge, s’est prononcé pour la motion. Ce n’est pas admissible de ne pas avoir d’aide. Le camp de « no border » a été une bonne chose. On a des pouvoirs publics, il faut qu’ils assument.

Résumé de nos échanges du mieux possible…

·         Qu’est-ce qu’on fait ? l’état n’en veut pas. Plan grand froid : on fait quoi, car sans condition pour mise à l’abris (avec ou sans papier), n’importe quelle commune est en droit de faire de l’accueil de nuit. On peut avoir une approche pragmatique sans trop se rendre visible.

·         Georges :  c’est en donnant le maximum de visibilité que l’on va faire avancer. Pour les autres on les fait passer.

·         Mireille : lorsque les mineurs des Lucioles sont arrivés, vingt autres ont été virés pour les accueillir. Ils organisent le 18 novembre une formation sur l’asile.

·         Jean Noel veut une solution concrète mais peut aider. Cédric en a 40 chez lui. Il faut trouver des lieux.

·         Michèle : il arrive un nouveau préfet et il serait important de s’adresser solennellement à lui. Il ne faut pas que ce soit une seule mairie, mais tous les maires de la Roya. Voir Madame Vergiat pour un financement européen

·         Catherine : il faut mutualiser les moyens et trouver des lieux et des prises de position collectives pour assumer leur responsabilité d’asile. Soucis individuels de chaque habitant de la vallée. Créer une synergie. Comment forcer les pouvoirs publics.

·         Père Asso : au niveau de la paroisse, l’église de St Dalmas pourrait être mise à disposition. On essaye d’ouvrir le cœur mais il faut dutemps.

(Cédric amène 8 jeunes mineurs de plus….)

·         Georges : la vallée n’est pas rouge. Pour être concret, la mairie de Breil, qui est la première dans l’arrivée, met en place un local pour centraliser les soins. Dans ce lieu il pourrait y avoir une assistance juridique. Une permanence assurée par Roya Citoyenne. C’est à la mairie d’informer la population.

·         Mireille : sur l’assistance juridique, il y avait des avocats du CD06 dans la Roya ; il faudrait recréer ce service.

·         Le Maire n’est pas chaud pour accueillir. Il ne donne pas l’autorisation pour la salle de muscu pour maintenant, il craint un appel d’air. Davantage de risque sur la voie ferrée. Il a peur que ce qui s’est passé ici, se passe comme à Saint Dalmas. Pérenniser, il s’y oppose en tant que Maire. Le conseil municipal ne s’est pas exprimé.

·         Inculper une mairie n’est pas pareil.

·         Pierre Alain est comme Cédric. L’appel d’air n’est pas un argument. Lorsqu’on fait appel aux pouvoirs publics, comment faire pour ceux qui ne veulent pas se fixer en en France.

·         Jean Noël comprend les réticences de la mairie, mais il faut faire face à la situation. Ce n’est pas normal que ce soient les citoyens.

·         Michel : même si la mairie n’a pas les moyens financiers, une organisation peut le faire. Il faut l’aide de l’état.

·         Ou Breil sera une ville qui accueille ou la vallée qui accueille ou une ville qui n’accueille pas comme dans le département et la région.

·         Le plan grand froid ne se déclenche pas comme ça, il y une procédure faite par l’état dans certaines circonstances.

·         Pour l’église de Saint-Dalmas, ce n’est pas les paroissiens qui doivent nourrir. Ils sont d’accord mais il faut l’autorisation de la mairie. L’église : oui il faut l’engagement de tous. Il a essayé d’en parler au maire de Tende

·         La Maire de Saorge :  qu’est-ce qu’on peut faire pour que ça change ? On a écrit à tous le gouvernement sans réponse.

·         Le problème des mineurs : il faudrait un local à Nice mais ils vont partir de suite. Comment inventer la suite.

·         Mireille l’aide au séjour n’est pas illégale et a lu l’article, mais ça doit rester une démarche individuelle. Est-ce qu’il existe une démarche collective vers les pouvoirs publics. Le Maire peut être aidé mais il peut être impliqué. On a une situation dramatique et on ne fait rien. Pour sortir quelque chose de la réunion, Il faut de l’individuel mais il faut que la mairie s’engage.

·         Tous ensembles, associations, mairie : aller au centre administratif et demander à forcer la main au préfet. Les maires sont porteurs des problèmes de la population.

·         L’urgence c’est la création d’un lieu. Les douanes sont la propriété de l’état à la Giandola.

·         Le Maire peut demander au préfet la possibilité de mettre des abris type containers.

·         L’église rappelle qu’elle peut laisser l’église de Saint-Dalmas, et elle s’engage à voir le maire de tende.

·         La possibilité de demander par le préfet des réquisitions pour des locaux.

·         Le copain de Cédric demande qui est prêt à accueillir chez lui, ce soir. Comment fait-on ? Des bénévoles il y en a. il faut une porte ouverte, par exemple, par un chantier participatif pour remise en état de locaux.

·         Cedric dit que cette action n’est pas préméditée, mais si les mineurs sont retrouvés à Vintimille, Cédric porte plainte contre nous et on trouve les propos exagérés.

Que faire ?

·         On demande à la mairie de Breil

·         On soutient le père Asso pour Saint-Dalmas et on cherche aussi des chapelles pour accueillir.

Martine Landry avait les bons documents et connaissant la procédure, avec le Maire, ils ont faxé les papiers pour la prise en charge des 18 jeunes mineurs présents à la fin de la réunion.

Si j’avais un résumé à faire, je pourrais dire ceci :

Autour de cette table, il n’y avait que des bonnes volontés aussi fortes les unes que les autres.

Mais face à ce problème, la mairie ne sait pas, la carf pas au courant, le département ne veut pas, la région ne veut pas et l’Etat fait semblant.

Seule la population réagit avec son cœur, surtout dès qu’elle est confrontée directement, en face à face avec ces gens qui souffrent.

Mais maintenant, c’est la population de la Roya qui souffre aussi, surtout celle confrontée malgré elle à la souffrance des migrants.

La population de la Roya a aussi besoin d’aide, de secours, car elle est juste confrontée à de l’humain et n’en a rien à faire de la politique.

J’ajouterai, l’hiver on met à l’abri les plantes et on peut mettre aussi à l’abri les humains.

Dans tous les cas, ça soulagera le cœur de Tous.

Et pour ça, nous avons besoin de la collectivité locale la plus proche, la seule qui sait nous comprendre, nous défendre : LA MAIRIE.

Ensemble, Mairie, Associations, Autorités Religieuses, Population, trouvons le soulagement pour Tous.

Ca ne sera pas facile, mais il faut faire vite, en n’oubliant pas que ce n’est que le début de l’histoire…

Compte rendu par G. C., conseiller municipal, Breil/Roya.

fichier pdf Motion migrants Breil compte rendu du CM 15 juin 2016 m

fichier pdf Motion migrants Saorge prise en conseil municipal le 21 Oct 2016 m

PETITION « SOLIDARITÉ AVEC LES CITOYENS SOLIDAIRES DES RÉFUGIÉS ! »

Posté : 22 novembre, 2016 @ 2:29 dans Mobilisation, Non classé, Pétitions, Réfugiés - Migrants | 12 commentaires »

https://www.change.org/p/solidarit%C3%A9-avec-les-solidaires

PETITION

SOLIDARITÉ AVEC LES CITOYENS SOLIDAIRES DES RÉFUGIÉS !

Département des Alpes-Maritimes, le 15 novembre 2016.

Face à l’afflux de réfugiés dans notre département, et plus particulièrement dans la vallée de la Roya, l’Etat n’a réagi qu’en  renforçant la présence de militaires et de forces de police, renvoyant notamment,  au mépris de la loi, les mineurs en Italie, au lieu de les protéger.

Un certain nombre de citoyens solidaires, comme Cédric Herrou et Pierre-Alain Manonni, qui doivent comparaître le 23 novembre à 13 h devant le Tribunal de grande instance de NICE au motif d’« avoir facilité l’entrée, la circulation et le séjour irrégulier » (Cf. article 622 du CESEDA, pouvant entraîner jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 30.000 € d’amende) de plusieurs mineurs, femmes et hommes, venus demander l’asile en Europe, sont outrés par l’absence de prise en charge des pouvoirs publics. Ils aident ces personnes en détresse, simplement par humanité, conformément aux valeurs de la République française.

Comment punir quelqu’un qui apporte secours à des personnes en danger ?

Alors que, comme tant d’autres, ils se substituent simplement à l’État français, celui de la cinquième puissance mondiale et des droits de l’homme, qui refuse d’apporter assistance aux réfugiés en zone frontalière, se plaçant ainsi en dehors du droit international.

 La solidarité n’est pas un crime, la solidarité n’est pas illégale !

Les associations et les citoyens signataires demandent la relaxe immédiate des prévenus solidaires.

 Premiers signataires :

Associations et organisations :

Roya citoyenne – Association pour la Démocratie à Nice – Habitat et Citoyenneté – Ligue des droits de l’homme 06 et Région PACA – CIMADE 06 – COVIAM – MRAP 06 – RESF 06 – ADECR 06 (élus communistes et républicains) – Fédération PCF 06 – Syndicat Sud FEAM 06 – CIMADE 05 – Confédération paysanne 06 – Association « Les Ouvreurs » (Nice)  – UD CGT 06   – Médecins du Monde – FSU 06 – Les amis de la Liberté – Ensemble!06 – EELV06 – CGT Foyer de l’enfance – ATTAC.

 Personnalités :

Valérie TOMASINI (conseillère départementale 06) – Rony BRAUMAN (médecin, ancien président Médecins Sans Frontières) – Ernest PIGNON-ERNEST (artiste) – Jean-Marc LEVY-LEBLOND (Professeur émérite université de Nice physicien, philosophe, éditeur) – Etienne BALIBAR (philosophe) – André TOSEL (philosophe) – Marie-Christine Vergiat (députée européenne Front de gauche-GUE)- Edmond BAUDOIN (auteur de bandes dessinées) – Didier Super/Olivier Hauguedon (comédien)– Yolande Moreau (comédienne) – Régine Chopinot (chorégraphe) – Julien COTTEREAU (comédien) – Sylvie Vassallo (directrice salon de la littérature jeunesse) – Jacques Perreux (conseiller général honoraire) – Mazarine-Nathalie Masseglia (comédienne, clown) – SLOBLODAN (artiste peintre, Nice) – Alexandre et Sigrid BORDIER (Compagnie le Bestiaire à pampilles – Montpellier) – Michèle Rivasi députée européenne EELV - Didier FASSIN  anthropologue – Jacques COTTA ( journaliste, réalisateur).

Plus d’infos :

Facebook Roya citoyenne : https://www.facebook.com/royacitoyenne/?fref=ts

Blog Résistances en Roya : http://roya06.unblog.fr/

Blog Association pour la Démocratie à Nice : http://ademonice06.com/

Site Habitat et Citoyenneté : http://www.habitatetcitoyennete.fr/

Récit de Pierre Alain Mannoni: https://blogs.mediapart.fr/pierre-alain-mannoni/blog/111116/pourquoi-j-ai-secouru-des-refugies

 

Cette pétition sera remise à:

  • Président de la république, Premier Ministre, Ministre de l’intérieur

SOLIDARITE REFUGIES Roya citoyenne : texte de Pierre-Alain Mannoni « Pourquoi j’ai secouru des réfugiés »

Posté : 9 novembre, 2016 @ 7:36 dans Non classé | 4 commentaires »

Texte de Pierre Alain Mannoni, qui sera jugé le 23 novembre en même temps que Cédric Herrou.

Pourquoi j’ai secouru des réfugiés

J’ai 45 ans et 2 enfants. Je suis fonctionnaire de l’Education Nationale et travaille comme ingénieur dans un laboratoire de recherche et aussi comme enseignant à la Faculté des Sciences. Je n’étais pas jusqu’à présent militant politique ou associatif.
Dans ma famille on est Corse. J’ai passé toutes mes vacances au village dans la maison de mon grand-père, le médecin du canton qui faisait ses visites à cheval. Au village, presque 50 ans après sa mort, les gens en parlent encore car que ce soit en pleine nuit à l’autre bout du canton, que ce soit un bandit blessé ou un paysan qui n’ait pas de quoi payer, il soignait. Dans les récits que me racontait mon père et dans les expériences que j’ai vécu là-bas, j’ai appris et compris qu’on ne laisse pas quelqu’un en danger sur le bord de la route, d’abord parce que c’est la montagne mais aussi parce que c’est une question de dignité. Ou d’honneur comme on dit.
J’ai la chance d’avoir des enfants et en tant que père avec la garde partagée, j’ai pris cette tâche pas évidente très au sérieux. Pas évidente car aujourd’hui le monde va mal que ce soit d’un point de vue social ou environnemental alors au-delà d’une “bonne situation”, ce que je souhaite pour mes enfants, c’est qu’ils soient l’espoir d’un monde meilleur.
Le Dimanche 16 octobre en rentrant en voiture de la fête de la brebis à la Brigue avec ma fille de 12 ans, nous avons secourus 4 jeunes du Darfour. Ce village français est dans la vallée de la Roya qui est frontalière de Vintimille en Italie. C’est dans cette vallée que sont régulièrement secourus hommes, mais surtout femmes et enfants qui se trouvent sur ces routes de montagnes et qu’on appelle migrants. Ces 4 jeunes étaient complètement perdus et se dirigeaient à pied, certains en bermuda, vers les montagnes enneigées. Avec ma fille on les a ramené à Nice, ils ont mangé et dormi avec nous dans mon appartement de 40m². Le lendemain comme tous les jours d’école nous nous sommes levés à 6h15. Ils sont venus avec moi déposer ma fille à l’école puis je les ai déposé dans une petite gare peu surveillée par la police et je leur ai payé un billet de train pour la première partie du trajet. Ils devaient retrouver leur famille à Marseille.
C’était ma première action de secours envers ces “migrants”. Pourquoi je l’ai fait ce jour-là ? Jusqu’à présent avec mes enfants j’avais déposé des vêtements à la croix rouge à Vintimille, des chaussures, un sac à dos, pour aider mais aussi pour leur montrer qu’il y a des injustices dans le monde et que chacun de nous peut faire quelque chose… Là c’était la deuxième fois que je voyais un groupe sur le bord de la route. La première fois j’avais hésité, je n’avais pas eu le courage, mais cette fois ci il y avait ma fille et j’ai pu lui montrer l’exemple.
Le lendemain lundi 17 octobre, après une soirée chez des amis dans cette même vallée, sur le retour vers Nice, je décide de m’arrêter dans ce camp pour migrant à St Dalmas de Tende, un bâtiment désaffecté pour colonies de vacances de la SNCF qui a été ouvert en urgence quelques heures auparavant, sans autorisation, par un collectif d’associations dont la Ligue des Droits de l’Homme, Amnesty International et un tas d’associations nationales et locales. L’ouverture de ce lieu à fait l’objet d’un communiqué de ces associations dans les médias. Je sais bien que mon retour vers Nice est une opportunité d’en sortir quelques-un de ce lieu sans eau ni électricité et ou la température en pleine nuit ne doit pas dépasser 10 degrés. Je décide d’en ramener chez moi et de les déposer à la gare le lendemain.
Ce sont 3 filles qu’on vient d’aller chercher à l’étage. Elles sont contentes de ma proposition, me dit-on, car elles sont attendues par une association à Marseille pour être soignées. Quand je les vois mon coeur se déchire. Elles ont peur, elles ont froid, elles sont épuisées, elles ont des pansements aux mains, aux jambes, l’une boite en faisant des grimaces de douleurs et l’autres ne peut pas porter son sac avec sa main blessée. J’apprendrais plus tard que l’une d’elles est la cousine de la jeune fille tuée sur l’autoroute vers Menton quelques semaines avant. Elles ne parlent ni français, ni anglais. Il faut marcher une centaine de mètres pour rejoindre ma voiture et cela prend très longtemps car l’une marche très difficilement. J’en profite pour essayer de savoir de quel pays elles sont. Erythrée. Une fois dans la voiture, je constate qu’elles n’ont jamais utilisé de ceinture de sécurité. Je suis dans l’embarras de m’approcher d’elles qui ont peur pour leur mettre la ceinture. Elles n’ont pas peur de moi mais dans leurs yeux je lis qu’elles savent que rien n’est gagné. Il ne faut pas être un génie pour comprendre qu’au long des 6000 km qu’elles ont fait pour arriver jusqu’ici, elles ont fréquenté la mort et le cortège d’horreurs qu’on n’ose imaginer. Je démarre avec à mon bord ces filles dont je dois prendre soin et que je dois amener à bon port. J’éteins la radio, la situation est suffisamment incroyable.
Nous n’arriverons pas à Nice. Au péage de la Turbie les gendarmes nous arrêtent et nous conduisent à la Police de l’Air et des Frontières. Ils m’ont séparé des Érythréennes. Ce n’est pas clair ce qu’ils ont fait d’elles mais je ne crois pas qu’elles aient été soignées. Elles auraient été renvoyées au sud de l’Italie comme ça se fait souvent. Les policiers m’ont dit qu’au moins l’une d’elle était mineure. Je n’ai pas réussi à les protéger.
Après 36h de garde à vue, j’ai été libéré sous contrôle judiciaire. Ma voiture a été saisie ainsi que mon téléphone et je n’ai pas le droit de quitter Nice sauf pour emmener mes enfants à l’école mais il n’y pas de transport en commun à moins de les réveiller à 5h30 du matin. Mon procès est renvoyé au 23 novembre 2016 à 13h30 à la même audience que Cédric Herrou membre d’associations humanitaires qui est également poursuivi pour avoir aidé des étrangers.
Le lendemain de ma libération, alors que, coup du sort, j’effectuais un point de compression sur un accidenté de la route qui se vidait de son sang en bas de chez moi, un “jeune migrant” est mort percuté par une voiture sur l’autoroute à Menton, il a été projeté par dessus le parapet du viaduc et a fait une chute de plusieurs dizaines de mètres. Venu du bout du monde, perdu sur l’autoroute et mort à 20 km de chez moi.

Mon geste n’est ni politique, ni militant, il est simplement humain et n’importe quel citoyen lambda aurait pu le faire et que ce soit pour l’honneur de notre patrie, pour notre dignité d’hommes libres, pour nos valeurs, nos croyances, par amour ou par compassion nous ne devons pas laisser des victimes mourir devant nos portes. L’histoire et l’actualité nous montrent suffisamment que la discrimination mène aux plus grandes horreurs et pour que l’histoire ne se répète plus, nous devons valoriser la solidarité et éduquer nos enfants par l’exemple.

Pierre-Alain Mannoni

FRANCE 3 Côte d’Azur : Main courante contre l’Etat par Cédric Herrou, accueil par Françoise Cotta

Posté : 25 octobre, 2016 @ 1:49 dans Accueil, Mobilisation, Réfugiés - Migrants | 1 commentaire »

http://france3-regions.francetvinfo.fr/cote-d-azur/alpes-maritimes/poursuivi-aide-au-sejour-irregulier-ce-militant-appelle-etat-1114945.html

Poursuivi pour aide au séjour irrégulier, ce militant en appelle à

la responsabilité de l’Etat pour la prise en charge des migrants

Cédric Herrou accompagné par son avocate a déposé ce dimanche une main courante à la gendarmerie de Breil-sur Roya contre l’État. Poursuivi pour aide au séjour irrégulier, ce militant demande que la France prenne en charge les migrants mineurs qu’il ne peut plus accueillir chez lui.

FRANCE 3 Côte d'Azur : Main courante contre l'Etat par Cédric Herrou, accueil par Françoise Cotta dans Accueil img_1302

  • Laurent Verdi avec AFP Publié le 23/10/2016 à 15:29, mis à jour le 24/10/2016 à 12:19
    © Josette Sanna Cédric Herrou et son avocate devant la gendarmerie de Breil-sur-Roya dimanche après-midi.
    Placé sous contrôle judiciaire pour avoir aidé des étrangers en séjour irrégulier sur le territoire français, Cédric Herrou en appelle à l’Etat. « Pour que l’État prenne en charge les mineurs » car il ne peut plus les accueillir chez lui comme la loi l’en empêche et souhaite que les migrants âgés de moins de 18 ans soient dirigés dans des structures d’accueil.

    CONNU POUR AVOIR HEBERGÉ DES CENTAINES DE PERSONNES

    Ce militant, connu dans la vallée de la Roya pour avoir hébergé chez lui des dizaines des migrants  est membre de l’association Roya Citoyenne, qui prône la solidarité avec les migrants qui tentent de passer en France depuis la ville-frontière de Vintimille (Italie).

    Pour que l’État prenne en charge les mineurs », Cédric Herrou les raisons de son action contre l’État

    Cédric Herrou avait déjà été interpellé en août avec huit Erythréens à bord de son véhicule. Le parquet de Nice avait alors classé l’affaire sans suite, s’appuyant sur la législation qui permet d’accorder une « immunité » à titre humanitaire aux passeurs qui ne sont pas rétribués et qui agissent si la vie des personnes recueillies est jugée en péril.

    JUSQU’À 5 ANS DE PRISON

    Cédric Herrou a été interpellé jeudi dernier en compagnie de trois autres personnes suite à l’évacuation du camp de migrants de Saint-Dalmas-de-Tende.
    Placé en garde à vue puis libéré samedi, il reste sous contrôle judicaire.
    Son procès est fixé au 23 novembre. Il encourt jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende.

    DÉSOBÉISSANCE CIVILE

    Des habitants de la Roya tentent de s’organiser pour héberger les migrants qui frappent à leur porte nuit et jour. Josette Sanna et Jean Christophe Routhier ont rencontré une avocate qui vit dans la région. Elle accueille en ce moment 14 personnes et prend le risque comme beaucoup d’autres de se mettre dans l’illégalité. Elle considère son geste comme de la désobéissance civile.

    NI_835493_1477303989_1477303997_550 dans Mobilisation

    Accueil de migrants dans la Roya

    Des habitants de la Roya tentent de s’organiser pour héberger les migrants qui frappent à leur porte nuit et jour. Josette Sanna et Jean Christophe Routhier ont rencontré une avocate qui vit dans la région. Elle accueille en ce moment 14 personnes et prend le risque comme beaucoup d’autres de se mettre dans l’illégalité. Elle considère son geste comme de la désobéissance civile.

MOTION MAIRIE DE SAORGE 21/10/2016

Posté : 24 octobre, 2016 @ 12:38 dans Non classé, Réfugiés - Migrants | Pas de commentaires »

motion mairie de saorge prise en conseil municipal le 21 Oct 2016

SITUATION REPRESSION ET SOLIDARITE suite ouverture puis évacuation lieu d’accueil les Lucioles : COMMUNIQUES, MEDIAS, COURRIERS…

Posté : 21 octobre, 2016 @ 3:21 dans Non classé | Pas de commentaires »

POINT SITUATION 21/10/2016 :

 COMMUNIQUE de Roya citoyenne 21/10/2016 à 13h

L’avocat de Cédric Herrou précisant que sa COMPARUTION IMMEDIATE peut INTERVENIR A TOUT MOMENT CETTE APRES-MIDI,
notre association ROYA CITOYENNE
et le COLLECTIF DE COORDINATION PACA DE SOUTIEN AUX MIGRANTS 
demandent une

MOBILISATION URGENTE ET MASSIVE dès 14 H

DEVANT le PALAIS DE JUSTICE DE NICE
en SOLIDARITE TOTALE ET ASSUMEE.
 
Nous ne les laisserons pas nous diviser, nous ne laisserons pas punir la solidarité mise en actes !
 
Toutes nos demandes fondées restent bien sûr inchangées, et les pouvoirs publics ne pourront se défausser aisément sur le fond du problème de la fermeture des frontières et des ses conséquences gravissimes, ainsi que de l’absence de prise en charge des personnes vulnérables, en se saisissant d’une personne comme d’un bouc émissaire.
 
Pour Roya citoyenne et le Collectif

—————————————————————————————–Courrier du 17/10 des Conseillers départementaux

Valérie Tomasini et Francis Tujague au Préfet

courrier Préfet pour prise en compte situation réfugiés frontière italienne VTFT 171016 (2)-page-001

NICE MATIN 21 OCTOBRE 2016

http://www.nicematin.com/faits-de-societe/la-bataille-se-poursuit-pour-les-migrants-expulses-dun-village-de-larriere-pays-87698 

NM 21-10-2016 Roya évacuatio EDF arrestations-page-001

Article Nice matin du 21/10 en téléchargement au format pdf : fichier pdf NM 21-10-2016 Roya évacuatio EDF arrestations

BORDERSCAPES MARDI 18 CTOBRE 19H30 Ca’BREIL

Posté : 14 octobre, 2016 @ 11:21 dans Non classé | Pas de commentaires »

 

Impression

France 3 Côte d’Azur reportage le 5/10/16 « Quelle situation pour les mineurs frontière franco-italienne »

Posté : 14 octobre, 2016 @ 2:54 dans Non classé | Pas de commentaires »

 

http://france3-regions.francetvinfo.fr/cote-d-azur/alpes-maritimes/menton/quelle-situation-migrants-mineurs-frontiere-franco-italienne-1102547.html

Quelle situation pour les migrants mineurs à la frontière franco-italienne ?

A la frontière italienne, ce nouveau point d’achoppement au sujet des migrants. Il y a quelques mois, les mineurs non accompagnés qui arrivaient en France étaient pris en charge par le département. Aujourd’hui, les associations constatent qu’ils sont comme les adultes, reconduits à la frontière.

La situation des migrants mineurs non accompagnés se complexifie de plus en plus entre les autorités et les associations. Renvoyés en Italie, certaines ONG contestent la procédure d’autant plus que l’Unicef veut donner le label « Ami des enfants » à des communes des Alpes-Maritimes.

La préfecture nous a informé qu’avant le 13 novembre 1 500 mineurs étrangers non accompagnés avait été accueilli dans des structures du département. Depuis le rétablissement aux frontières le nombre est passé à 64.

Reportage ce mercredi 5 octobre :

Quelle situtation pour les mineurs immigrés à la frontière ?

Il y a quelques mois en arrière, les mineurs non accompagnés qui arrivaient en France étaient pris en charge par le département, aujourd’hui les associations constatent qu’ils sont comme les adultes, reconduits à la frontière. Intervenants : Milkes 16 ans, Assisaillé 17 ans, Martine Landry Amnesty International 06, François-Xavier LAUCH Sous-Préfet – Directeur de cabinet Préfecture des Alpes-Maritimes  -  Peyrano Bernard, Sara Jean-Marc et Espanol Céline

Qu’est-ce qu’une Ville amie des enfants et comment obtenir le titre ?

Une ville amie des enfants, partenaire de l’UNICEF, est une collectivité qui se caractérise par la qualité de ses actions et de ses initiatives en direction des 0-18 ans. Elle place l’innovation sociale au cœur de sa politique petite enfance, enfance et jeunesse et met en œuvre les principes de la Convention internationale des droits de l’enfant, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 20 novembre 1989 et ratifiée par la France le 26 janvier 1990. Nice, Cannes ouMouasn Sartoux sont déjà dans la liste des villes amies des enfants.

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